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Value or not Value ?

Politique budgétaire. Une expression peu en vogue ces dernières années dans les arcanes du capitalisme, plus adepte du «laisser-faire». Pour autant, la crise sanitaire déclenchée par la pandémie de Covid-19 s’associe à une évolution majeure: le rôle accru de la relance budgétaire dans le policy mix[1], dans un contexte où la sauvegarde du système financier est dévolue depuis la crise financière de 2008-2009 aux banques centrales.

Les illustrations de cette mutation sont multiples, du plan de relance américain de 1 900 milliards de dollars voté le mois dernier au plan de modernisation des infrastructures de 2 250 milliards de dollars récemment annoncé par Joe Biden, en passant par le plan de relance européen de 750 milliards d’euros et potentiellement davantage encore. Des montants vertigineux qui peuvent laisser sans voix mais qui devraient produire des effets sur deux paramètres clés, l’inflation et le niveau des taux longs.

Les marchés n’ont pas tardé à prendre la mesure de ces politiques pharaoniques. En témoignent la forte hausse des taux longs américains au cours de ces derniers mois, ainsi que la pentification de la courbe américaine. Vouée aux gémonies depuis des années, la gestion value retrouve des couleurs. L’environnement inflationniste lui est favorable, tout comme la pentification de la courbe des taux. S’il est vrai que le phénomène est à ce stade plus marqué outre-Atlantique, ses conséquences ne sont pas neutres non plus sur les valeurs européennes décotées, qui avaient subi le même désamour depuis 2007. Mais comme le disait Sénèque avant nous, «seul l’arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux, car c’est dans cette lutte que ses racines, mises à l’épreuve, se fortifient» ….

Faux départ ou tendance longue? La gestion value européenne a affiché courant 2020 une décote de 75% par rapport au reste du marché, soit le même niveau qu’en l’an 2000, contre une décote historique de 50%. Fin mars 2021, cette décote était de 68%. A l’aune de l’accélération des taux de vaccination à travers le monde, l’environnement économique devrait être plus porteur en 2021 et 2022, favorisant ainsi la poursuite du rattrapage de la gestion value.

Le value retrouve donc des couleurs, et les portefeuilles un certain rééquilibrage, les investisseurs étant jusqu’ici trop sous-pondérés en value. Depuis longtemps déjà, La Financière de l’Echiquier déploie son expertise value, exclusivement ou partiellement, au sein de certains de ses fonds. Une expertise historique fondée sur la connaissance approfondie des entreprises, une gestion de conviction privilégiant des valeurs de qualité, peu endettées, dotées d’une bonne gouvernance. Des valeurs robustes capables de résister aux vents contraires, qui donnent raison à Sénèque. Et aux investisseurs avisés soucieux d’équilibre et de diversification[2] .

Maxime Lefebvre 12 avril
Notes

[1] Politique économique mixte

[2] Les fonds cités sont principalement exposés au risque de perte en capital et au risque actions.

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