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Une semaine chargée pour la première de l'année

Après une année très positive pour les marchés, lors de laquelle la plupart des indices mondiaux ont terminé l’année proche de leur plus haut historique, le début de l’année 2022 pourrait être celle de la remise en question concernant l’impact des politiques monétaires ultra accommodantes sur l’économie, l’inflation ou encore la stabilité des monnaies fiduciaires.

Cette année pourrait être la fin de la pandémie, ou du moins la fin des effets négatifs sur l’économie, mais également la fin d’un cycle de hausse des marchés, tiré par l’injection massive dans le système monétaire et cela pourrait amener les investisseurs à modifier leur stratégie d’investissements à long terme.

Ces perspectives seront détaillées dans une note en ce début d’année, mais nous allons nous concentrer ici sur les rendez-vous à suivre pour entamer cette première semaine de l’année 2022.

L’année 2021 s’est finalement terminée sur un «santa rally», permettant aux indices de rejoindre de nouveaux plus hauts historiques, et ce, malgré les risques persistants face à Omicron, à l’inflation, aux dérèglements des chaines d’approvisionnement ou encore à la crise énergétique en Europe.

Cette semaine, les marchés seront attentifs à de nombreuses statistiques économiques. Pour commencer, nous surveillerons la multitude d’indice PMI de l’activité manufacturière et de services en Europe, aux Etats-Unis ou encore en Chine.

Par ailleurs, les indices de prix à la consommation (IPC) en zone Euro et dans certains pays qui la composent seront publiés cette semaine. En Allemagne, l’IPC est attendu jeudi à 5,1%, toujours sur les plus hauts depuis les années 90, tout comme l’IPC de la zone Euro, qui sera publié vendredi et est attendu à 4,7%.

Ces données restent largement supérieures à l’objectif de la BCE, situé à 2%, alors que l’une des principales missions de la BCE est de maintenir la stabilité des prix. Malgré cette poursuite de la hausse généralisée des prix, il est peu probable que l’institution européenne modifie sa politique monétaire à court terme et une hausse des taux n’est toujours pas attendue avant l’année prochaine.

D’autres statistiques importantes sont attendues aux Etats-Unis concernant l’emploi. Les traditionnelles inscriptions hebdomadaires au chômage jeudi, encore une fois attendues sur les niveaux d’avant mars 2020, puis les créations d’emplois non-agricoles (NFP), qui devraient ressortir une nouvelle fois en forte hausse, montrant ainsi la poursuite du rebond du marché de l’emploi au sein de la première puissance mondiale.

Au-delà des statistiques, plusieurs rendez-vous importants seront surveillés et notamment la réunion de l’OPEP+ mardi et la publication du compte-rendu de politique monétaire (minutes) de la Fed mercredi.

L’OPEP est attendue lundi afin de désigner le nouveau secrétaire général qui succédera au Nigérian Mohammad Barkindo mais également pour discuter des fondamentaux du marché du pétrole. Les membres du cartel se réuniront à nouveau mardi, accompagnés de leurs partenaires (OPEP+) et ils devraient prendre une décision quant à l’augmentation des quotas de production pour le mois de février.

Cette augmentation est toujours attendue à seulement +400 000 barils par jour, malgré le niveau des stocks qui devrait rester sous la moyenne observée entre 2015 et 2019 jusqu’au 4ème trimestre et le faible risque que représenterait Omicron sur la croissance économique mondiale.

Une décision en ce sens devrait à nouveau soutenir les prix du pétrole et mettre un peu plus la pression sur le niveau de l’inflation. Une décision surprise de hausse supplémentaire pourrait au contraire permettre de réduire la tendance haussière sur les prix du baril.

Concernant la politique monétaire américaine, les minutes de la Fed devraient permettre de confirmer la volonté de réduire rapidement les rachats d’actifs de la Fed et d’anticiper une hausse de taux au premier trimestre de l’année 2022. Les investisseurs seront plus attentifs au calendrier de réduction du bilan, qui pourrait être un risque important pour les marchés.

En effet, bien que la Fed ait annoncé un resserrement de sa politique monétaire, elle continue de racheter massivement des actifs sur les marchés avec des taux au plus bas. La dernière tentative de réduction du bilan de la Fed en 2018 avait conduit à des secousses sur les indices, mais avait été, à l’époque, contrebalancée par une forte baisse de l’imposition des sociétés aux Etats-Unis.

Sur les autres marchés, le cours du gaz poursuivait sa correction la semaine dernière avec la baisse de la demande en Chine et en Asie mais il reste sous surveillance avec les tensions entre la Russie, les Etats-Unis et l’Europe sur le dossier Ukrainien et Nord Stream 2. Le cours du Bitcoin reste sans tendance et évolue depuis 1 mois entre 45000 et 52000 dollars et les investisseurs surveillent avec attention une possible cassure de l’un de ces niveaux, qui devrait donner la tendance à moyen terme.

Enfin, l’évolution d’Omicron pourrait être un peu plus pris en compte par les marchés, car malgré les discours rassurants sur un effet moins grave que les précédents variants, la hausse du nombre de cas au plus haut depuis le début de la crise dans de nombreux pays pourrait commencer à inquiéter davantage les marchés financiers dans les semaines à venir.

Vincent Boy 4 janvier
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