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Savoir appréhender la croissance du marché adressable pour optimiser la performance

Pour générer de l’alpha sur les marchés financiers, savoir détecter les entreprises en capacité de générer une croissance autonome et d’augmenter leur marché adressable est aujourd’hui devenu un impératif. Le recours à la notion de «sphère» transversale constitue, à cet égard, un outil indispensable pour y parvenir.

Dans un monde en profonde mutation, la très forte intensité concurrentielle que se livrent les entreprises à travers le monde a fait voler en éclat les points de repères traditionnels dans l’univers de la gestion. Environnement désinflationniste, infidélité des consommateurs, guerre des prix… sont autant d’éléments qui ont rebattu les cartes et conduisent à revoir la manière d’aborder les entreprises. Surtout, ils obligent les gérants à s’adapter aux transformations de notre époque tout en essayant de s’affranchir des cycles économiques.

Ces tendances de fond ont également sérieusement affecté les approches traditionnelles de classifications des valeurs boursières. Depuis de nombreuses années, ces valeurs sont en effet analysées selon leur exposition supposée à ces cycles économiques. Les valeurs étaient alors dires défensives, cycliques ou encore de croissance. Las, cette nomenclature traditionnelle souffre aujourd’hui d’un trop grand nombre d’exceptions pour être encore pertinente. L’histoire récente a d’ailleurs démontré les limites d’une telle nomenclature. Certaines sociétés, pourtant considérées comme défensives, ont ainsi pu perdre plus de 30% de leur valeur boursière au cours des deux dernières années, soit une belle et nette destruction de valeur.

Il est donc impératif de mettre en œuvre une nouvelle grille de lecture de la cote, permettant de prendre en compte les grandes mutations de notre époque pour les exprimer sous la forme de «sphères» transversales, une approche plus adéquate et plus pertinente au monde d’aujourd’hui. Une telle analyse par le biais de «sphères» transversales (comme les mobilités, le digital, la santé ou encore les marques exclusives) permet de se concentrer sur un thème d’investissement qui enjambe de nombreux secteurs d’activités. Cette approche permet surtout de mieux évaluer la capacité de croissance autonome d’une entreprise et sa capacité à faire grandir son marché adressable.

Cet enjeu est d’autant plus crucial que, au fil des années, cette analyse au travers des «sphères» a mis en évidence un élément majeur: les sociétés qui dégagent le plus de performance (le plus d’alpha) sont souvent celles qui sont à l’intersection d’un plus grand nombre de «sphère» possibles. Ce retour d’expérience confirme, s’il le fallait, la nécessité de se concentrer sur la notion de marché adressable d’une entreprise, c’est-à-dire sa capacité à gagner de nouveaux contrats et de nouveaux clients sur un marché de plus en plus important. A cet égard, l’exemple de Dassault Systèmes est éloquent: parti de l’aéronautique et de l’automobile, son marché s’est aujourd’hui élargi à la grande distribution, à la mode, voire à la santé, permettant ainsi à son marché adressable de passer de 12 milliards à 40 ou 45 milliards d’euros.

Le rôle d’un gérant doit donc consister à comprendre l’évolution des nouveaux marchés de telle ou telle entreprise pour, in fine, être en mesure d’évaluer son potentiel de croissance en termes de valorisation boursière au cours des prochaines années. Savoir bien appréhender la croissance de ces marchés adressables, qui participe finalement à l’accélération de la profitabilité d’une entreprise, représente un gage de performance pour l’investisseur. Car de la capacité d’une entreprise à élargir son marché adressable dépend sa capacité à générer une forte croissance autonome, lui permettant ainsi de s’affranchir des cycles économiques tout en tirant profit des mutations de notre époque.

Les conséquences d’une telle approche en matière d’investissement sont loin d’être neutres. L’incapacité d’un l’investisseur à appréhender une «sphère» dans toute sa transversalité le fera passer à côté des principaux gisements de création de valeur de demain. Surtout, la persistance actuelle de la volatilité sur les marchés milite pour accompagner en priorité les entreprises ayant une croissance autonome, véritable source de performance pour l’investisseur final.

Gérard Moulin 1er mars
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