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Retour aux années 70 ?

Les marchés ont rapidement salué les signes d’apaisement concernant la guerre en Ukraine, même si la réalité du terrain est tout autre. La prime de risque liée au conflit se dégonfle, entrainant une hausse des actifs risqués et une forte baisse des matières premières...

Nous nous rapprochons de la neutralité sur les marchés actions tandis que sur la duration, nous conservons une sous-exposition face à une inflation qui persiste.

Avec un pétrole au-dessus de 100$ le baril et des problèmes d’approvisionnement, les dérapages inflationnistes nous remémorent les années 70 avec leurs deux chocs pétroliers et la mobilisation mémorable des banques centrales.

Les marchés ont rapidement salué les signes d’apaisement concernant la guerre en Ukraine, même si la réalité du terrain est tout autre. L’annonce unilatérale d’un retrait significatif des troupes russes de la région de Kiev, l’abandon de l’appel à la «dénazification» et au changement de régime d’un côté, l’acceptation par écrit que l’Ukraine serait partiellement démilitarisée et renoncerait à rejoindre l’OTAN de l’autre, illustrent bien la volonté de poursuivre le dialogue en vue d’un cessez-le feu. La situation demeure très complexe, mais le spectre d’une escalade militaire avec l’Otan s’éloigne.

Logiquement, la prime de risque liée au conflit se dégonfle, entrainant une hausse des actifs risqués et une forte baisse des matières premières. On notera que pendant cette période, le dollar a peu bénéficié de son statut de valeur refuge. Cela reflète probablement une défiance grandissante à l’égard d’une monnaie dont les réserves de change de la banque centrale russe ont été gelées et les avoirs de certains oligarques confisqués.

Sur les taux, le mouvement est beaucoup plus net avec des indicateurs d’inflation qui s’affolent. Ainsi, l’inflation allemande progresse de 7.6% tandis que l’espagnole s’envole à 9.8%, pulvérisant un record d’une quarantaine d’années. Aux Etats-Unis, l’écart entre l’inflation et les taux réels n’a atteint de tels niveaux que pendant les deux chocs pétroliers des années 70. Même si la dépendance énergétique de nos économies est désormais deux fois plus faible, il en va de la crédibilité de la FED de remonter ses taux pour réancrer les anticipations d’inflation. En Europe, les taux à 2 ans sont brièvement repassés positifs.

En Chine, la poursuite de la stratégie zéro covid entraine un nouveau confinement de 24 millions de personnes à Shanghai. Cela se traduit par une contraction des indicateurs d’activité PMI qui s’inscrivent en dessous de 50. Malgré la contestation populaire et le fait que 95% des cas de Covid-19 soient asymptomatiques, on ne détecte pas encore de fléchissement de stratégie. Cette phase d’apaisement géopolitique qui se matérialise par des pourparlers en faveur d’un cessez-le-feu, puis le répit observé sur le front de la politique monétaire jusqu’à la prochaine remontée de taux de la réserve fédérale nous amène à progressivement nous rapprocher de la neutralité sur les marchés actions sans toutefois perdre de vue qu’il faudra rester vigilant à l’approche des annonces liées au quantitative tightening (dégonflement du bilan). Sur la duration, nous conservons une sous-exposition face à une inflation qui persiste.

Next Finance 4 avril
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