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Quelles perspectives pour la finance face au changement climatique ?

2022 sera l’année du climat. Plusieurs rendez-vous environnementaux internationaux vont jalonner l’agenda des 12 mois à venir. Tout d’abord deux rapports du Giec sont attendus pour février et mars prochains. Mais aussi le One Ocean Summit en France et la conférence de l’ONU pour les océans en juillet à Lisbonne.

2022 sera l’année du climat. Plusieurs rendez-vous environnementaux internationaux vont jalonner l’agenda des 12 mois à venir. Tout d’abord deux rapports du Giec sont attendus pour février et mars prochains. Mais aussi le One Ocean Summit en France et la conférence de l’ONU pour les océans en juillet à Lisbonne. Ou encore la COP15 pour la biodiversité en Suisse et en Chine fin avril début mai. Enfin, la COP 27 en Egypte viendra refermer la liste de ces différents évènements à la fois politiques et diplomatiques. Il est à espérer qu’ils se traduiront par des avancées plus concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique. C’est-à-dire plus significatifs que n’ont pu l’être les accords de Glasgow jugés bien timides par les ONG, mais aussi par les acteurs de l’économie positive.

Prise de conscience

Dans cette transition majeure, la finance doit prendre conscience de la place qu’elle doit occuper face au changement climatique. Elle a déjà entamé une prise de conscience. Les Conseillers en investissements financiers ont bien saisi que la gestion de patrimoine ne pourra embrasser un processus durable qu’à la condition d’une décarbonation progressive de l’économie. Les professionnels de l’assurance sont sensibles au risque climatique par l’ampleur, la fréquence et l’impact sur les populations et les collectivités. Les terribles inondations des vallées de La Roya et de la Vésubie en sont un récent exemple. Les conseillers en immobilier patrimonial s’interrogent sur la pertinence de programmes de constructions adaptés aux risques naturels. Nous pourrions citer bien d’autres faits majeurs prouvant leur appétence pour une finance responsable face au plus grand défi que doit affronter l’humanité. Il n’est plus possible de nier les catastrophes engendrées par le réchauffement climatique et leurs conséquences économiques, financières, sociales et sociétales.

Tout autant que le désir croissant des épargnants pour un modèle plus vertueux. A l’occasion de la Semaine de la Finance Responsable, 6 Français sur 10 déclaraient accorder de l’importance aux impacts environnementaux et sociaux dans leurs décisions de placements.

La solution de la facture carbone

Cependant, les sommets en tout genre, les discours alarmistes des scientifiques et les multiples déclarations des pouvoirs publics ne sont plus suffisants pour faire évoluer de manière forte, le monde économique et financier. Pourquoi? Tout le monde parle du climat mais personne n’en parle de la même manière. En effet, les chercheurs parlent de degrés, de tonnes de CO2, quand les financiers, les entreprises et les particuliers parlent en euros. Il manque un langage commun! Bien sûr, on va nous rétorquer que le principe “pollueur-payeur” existe déjà. Sauf que les dommages associés aux émissions de CO2 ne sont pas supportés par l’entreprise alors qu’elle en est à l’origine. De même, l’ISR est devenu à la mode. Universitaires, think tanks, régulateurs, grands patrons, Etat…Le vocable est employé à tour de bras. Mais sa complexité tout comme son évaluation se révèlent confuses et inadaptées pour répondre à l’urgence climatique.

Le changement climatique impose sa loi physique et nous oblige à réduire les émissions de CO2 et pas simplement à améliorer une notation ISR ou ESG! Au moment où cette méthode subit les foudres du greenwashing, le temps est venu d’en changer. L’une des solutions? Le Score Carbone®! Il montre en un coup d’œil la capacité d’une entreprise à s’acquitter de sa facture carbone. Mais ce stress test indique surtout aux investisseurs et aux particuliers si l’entreprise est vraiment rentable et responsable, après imputation du coût du CO2 qu’elle émet. Comment l’obtenir? En se basant sur les tonnes de CO2 émises au sein desdits scopes 1, 2 et 3 - de l’acheminement des matières premières, à la production du bien et à son usage final - et en les multipliant par un prix du carbone à 108 euros la tonne. La facture carbone est comparée aux bénéfices annuels réalisés par l’entreprise. Les notes de A à C désignent les entreprises qui restent rentables après son règlement. Les notes de D à F sont attribuées aux sociétés qui ne pourraient pas s’en acquitter.

Voici une méthode qui permettrait enfin d’identifier les structures qui créent le moins d’externalités négatives et qui, à la manière du nutri-score, serait compréhensible par tous, c’est-à-dire, des investisseurs, des professionnels et des particuliers. En cette période de voeux, c’est en tout cas ce que nous espérons et souhaitons pour la planète comme pour nos enfants.

Vincent Auriac 11 janvier
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