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Quel plan de relance pour l'Italie : dépenses structurelles ou soutien immédiat à l'activité ?

L’écart entre le rendement de la dette italienne et celui de la dette allemande a un peu progressé pendant cette séquence politique. Mais le marché a suivi ces débats sans céder à la panique, l’essentiel pour lui étant que la Banque Centrale Européenne continue d’acheter de la dette italienne.

La démission de Giuseppe Conte suite à l’offensive lancée par Matteo Renzi a été analysée par beaucoup d’observateurs comme une énième manœuvre politicienne que le système parlementaire italien favorise. Mais au-delà des éventuelles arrière-pensées tactiques, la confrontation entre les deux hommes a pris naissance sur un sujet d’importance, à savoir la répartition entre dépenses d’investissement et dépenses de soutien à l’activité dans le cadre de l’allocation des ressources octroyées à l’Italie par le plan de relance européen.

Les tensions politiques en Italie préfigurent les débats qui auront lieu dans tous les pays qui combinent création monétaire et déficit budgétaire. Il en va de la stabilité monétaire à venir. En effet l’abondante impression monétaire actuelle doit rapidement être orientée vers des dépenses structurelles qui permettront de créer des richesses. Une création monétaire peut se justifier si elle permet de soutenir l’innovation et la productivité, sources de croissance future et contreparties nécessaires à l’augmentation de la quantité de monnaie, sauf à ce que l’on accepte l’idée de voir cette monnaie se dévaluer dans le temps.

Les questions posées par Matteo Renzi il y a quelques semaines étaient donc parfaitement légitimes. Il regrettait le manque d’allocation de la manne européenne en faveur d’investissements structurels (éducation, numérique, infrastructures, environnement) et le poids trop important accordés aux réductions fiscales. Giuseppe Conte lui aura rapidement donné raison en augmentant fortement les ressources dévolues au système de santé et à un vaste plan de dépenses d’infrastructures. Cela n’aura pas suffi à mettre un terme à la crise politique mais on ne peut que saluer la réorientation des crédits vers plus de dépenses d’avenir.

L’écart entre le rendement de la dette italienne et celui de la dette allemande a un peu progressé pendant cette séquence politique. Mais le marché a suivi ces débats sans céder à la panique, l’essentiel pour lui étant que la Banque Centrale Européenne continue d’acheter de la dette italienne. Retenons que la question de l’usage de la dette sera de plus en plus sensible. La qualité d’une dette dépend en partie de ce que l’on en fait.

Florent Delorme 3 février
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