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Perspectives Saxo pour le deuxième trimestre : La fin d'une ère

Saxo Bank, le spécialiste du trading et de l’investissement en ligne, publie ce jour ses perspectives trimestrielles sur les marchés internationaux pour le deuxième trimestre (T2) 2022. Vous y trouverez des idées de trading pour les actions, les devises, les matières premières...

Saxo Bank, le spécialiste du trading et de l’investissement en ligne, publie ce jour ses perspectives trimestrielles sur les marchés internationaux pour le deuxième trimestre (T2) 2022. Vous y trouverez des idées de trading pour les actions, les devises, les matières premières et les obligations, ainsi que plusieurs thèmes macroéconomiques ayant une incidence sur les portefeuilles des investisseurs.

Dans les perspectives pour le T2 de Saxo Bank, nous soutenons l’idée que nous assistons aux derniers jours du paradigme qui régit les marchés depuis l’avènement de la politique monétaire mise en place par Alan Greenspan au lendemain de la faillite du fonds spéculatif Long Term Capital Management (LTCM). Le double choc de la pandémie et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie a chamboulé l’ordre des priorités sur tous les plans politiques (budgétaire, monétaire et géopolitique). Aux États-Unis, le fait que la Fed soit obligée de s’attaquer au risque d’une inflation galopante a bouleversé la pratique traditionnelle consistant à renflouer les marchés et à voler au secours de l’économie au premier signe de tension. Pour faire court, la politique monétaire accommodante de la Fed est bien moins efficace aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a un an: la Fed doit prendre les devants. En Europe, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a conduit l’Allemagne à faire voler en éclat des décennies de politique budgétaire et de défense, précipitant une nouvelle ère d’investissement qui devrait engendrer une forte hausse de la productivité. Les risques existentiels auxquels l’Union européenne était confrontée ont disparu et la défense est devenue une priorité qui prévaut désormais sur toutes les autres considérations.

L’année 2022 sera particulièrement mouvementée pour les marchés.

«Ces prévisions abordent le glissement tectonique déjà à l’œuvre sur les plans macroéconomique et politique dans le monde. L’époque des taux d’intérêt toujours plus bas et de la financiarisation à outrance est révolue. Nous entrons dans une nouvelle ère de plus grande productivité qui sera la résultante d’une politique économique plus efficace et plus rationnelle, et ce malgré l’actualité sordide qui nous parvient d’Ukraine tous les jours», explique Steen Jakobsen, économiste en chef et directeur des investissements chez Saxo Bank, dans l’introduction des perspectives trimestrielles. Il poursuit:

«Le point de départ de ce changement de paradigme réside dans le fait que les contraintes budgétaires qui constituaient le fondement des politiques économiques depuis les années 1990 ont désormais disparu! Le changement déjà brutal lors de la pandémie l’a été encore plus dans le cas de la réponse de l’Allemagne à la guerre en Ukraine.

Désormais, les chocs sur l’offre causés par la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine ont accéléré la transition vers une plus grande productivité. Les responsables politiques doivent désormais promouvoir des mécanismes naturels de formation des prix et militer pour des taux réels positifs, à l’heure où les marchés et les gouvernements s’efforcent de stimuler l’investissement dans un monde confronté à des contraintes énergétiques, environnementales et capitalistiques.

Je vais peut-être un peu vite en besogne lorsque je prédis ce basculement nécessaire et je crains que l’inflation galopante porte un coup fatal à l’économie avant d’atteindre ce stade. Les banques centrales ont non seulement un temps de retard mais elles pourraient également avoir loupé l’occasion de ralentir l’inflation à moyen terme. Dans ce contexte, les banques centrales doivent impérativement cesser de courir après l’inflation et prendre les devants.»

«En conclusion, nous avons trois cycles qui ont un impact simultané sur le marché:

1. La contraction de la production causée par la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine, mais également due aux limites physiques avec lesquelles nous devons composer.

2. La hausse des prix des actifs dans un contexte d’inflation galopante.

3. Le nouveau cycle de resserrement de la politique monétaire de la Fed qui commencera en mars.

Ces trois facteurs auront deux conséquences majeures. Premièrement, au niveau macroéconomique stratégique, la hausse des dépenses en énergie et en matière de défense et la diversification des chaines de production pour supprimer les vulnérabilités qui pénalisent les secteurs et les industries stratégiques. Deuxièmement, l’abandon des taux réels négatifs pour des taux positifs, indiquant que l’économie mondiale se prépare à un gain de productivité majeure, au détriment des gains financiers à court terme et de la recherche de rente pour se tourner vers des actifs tangibles, des infrastructures et une réaffirmation du contrat social», déclare Steen Jakobsen.

Devises: Le rebond de l’euro et de la difficulté de le trader

«L’invasion de l’Ukraine par la Russie a pesé sur le cours de l’euro alors que la monnaie unique venait de rebondir fortement en prévision du resserrement de la politique monétaire de la BCE annoncé lors de la réunion du 10 mars dernier. La BCE s’est gardée de resserrer brutalement sa politique monétaire compte tenu de l’incertitude ambiante, mais surtout, l’Allemagne, dans les jours qui ont suivi l’invasion de l’Ukraine, a annoncé des dépenses budgétaires massives pour combler ses lacunes en matière d’énergie et de défense. L’Union européenne (UE) a répondu à l’appel et financera ses nouveaux efforts budgétaires de grande ampleur en émettant de la dette. Toutes ces initiatives budgétaires vont considérablement renforcer les marchés financiers de l’UE et pourraient pousser le cours de l’euro à la hausse sur la durée. Si le brouillard de guerre se lève rapidement, comme nous l’espérons, les conditions seront réunies pour une forte hausse de l’euro», explique John J. Hardy, directeur de la gestion devises chez Saxo Bank.

USD: Tout simplement la fin du statut de monnaie de réserve. Rien que ça.

«De nombreux observateurs suggèrent que les sanctions coordonnées contre les actifs de la banque centrale de Russie imposées au lendemain de l’invasion de l’Ukraine sont un évènement historique qui n’arrive qu’une fois par génération. Il s’agit d’un événement comparable à la décision de Nixon de mettre un terme à l’étalon or, signant la fin du système de Bretton Woods en 1971. Évidemment, tout pays qui accumule d’importantes réserves de change et qui pense pouvoir provoquer l’ire des alliances occidentales jugera inacceptable le fait que son système financier et son économie soient aussi vulnérables que ceux de la Russie.

C’est notamment le cas de la Chine, plus gros détenteur de réserves de change au monde et principal rival des États-Unis. Il y a fort à parier que Pékin considèrera les sanctions contre la banque centrale de Russie comme un signal d’alarme et que la Chine voudra mettre un terme à sa dépendance vis-à-vis du dollar le plus vite possible. Par ailleurs, dans un contexte marqué par la flambée des cours des matières premières et par un manque de discipline budgétaire aux États-Unis, tous les pays qui détiennent des dollars et d’autres monnaies fiduciaires de réserve en quantités importantes voudront diversifier leurs bilans. Ils délaisseront les devises avec des rendements négatifs pour investir dans les matières premières, les actifs corporels et les capacités de production, quand bien même il n’y a pas de risque de sanctions immédiates.

Ces processus prennent du temps et le dollar s’échangera toujours avec une prime, fort de son statut de monnaie la plus liquide au monde dans la période tumultueuse qui nous attend. Les marchés devront s’habituer à l’inflation forte et à des politiques monétaires beaucoup moins accommodantes, mais le dollar est voué à se déprécier fortement dans les années à venir car les principaux pays exportateurs ne le considèreront plus comme une réserve de valeur. Ils essaieront de recycler leurs excédents de change ailleurs. Par conséquent, les États-Unis auront de plus en plus de mal à financer leurs déficits jumeaux béants», précise JohnJ. Hardy, directeur de la gestion devises chez Saxo Bank.

Next Finance 15 avril
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