IMG
Les limites du trading range

Au cours de la semaine qui s’est terminée le 9 septembre 2022, les actifs risqués ont commencé à retracer les baisses initiées après le discours du président de la Fed à Jackson Hole. Les actions ont clôturé en hausse et le crédit high yield a surperformé le crédit investment grade.

Le sentiment s’est amélioré alors que le dollar américain s’est affaibli par rapport à toutes les devises des pays du G10, à l’exception du yen japonais. Les prix de l’énergie ont continué à chuter, sous l’effet de la hausse des stocks de pétrole brut aux États-Unis et de la baisse des attentes du marché sur la demande, la Chine ne devrait connaitre qu’une croissance deux fois moins rapide que la moyenne des cinq dernières années. Même l’annonce de l’OPEP+ de réduire la production de 100 000 barils par jour le mois prochain a eu peu d’impact sur les prix de l’énergie. C’était presque comme si les investisseurs avaient décidé que toutes les mauvaises nouvelles étaient déjà prises en compte, que les pires craintes se réalisaient, et qu’aucune nouvelle information ne pouvait aggraver la situation. Donc le marché est passé à l’achat!

Les banques centrales ont clairement ravivé les craintes d’une hausse des taux: la Reserve Bank of Australia (RBA) a relevé ses taux de 50 pb, tandis que la Bank of China (BOC) et la Banque centrale européenne (BCE) les ont relevés de 75 pb; toutes ont accompagné leurs décisions relatives aux taux d’intérêts d’une rhétorique belliciste. Pourtant, comme leurs devises respectives se sont appréciées par rapport au dollar américain, on pourrait interpréter que les banques centrales du G10 reprennent confiance. Selon nous, elles appliquent les bonnes politiques pour ramener l’inflation en ligne avec les objectifs de stabilité des prix à moyen terme. Le consensus prévoit désormais que le FOMC augmente les taux d’intérêt de 75 pb lors de sa réunion de septembre.

Ensuite, les craintes relatives à l’approvisionnement en énergie ont occupé le devant de la scène lorsque Gazprom (contrairement aux attentes) a interrompu l’approvisionnement en gaz du gazoduc Nord Stream 1 après trois jours de maintenance en raison d’une fuite de pétrole. Toutefois, le marché a rapidement conclu qu’étant donné que l’Union européenne a atteint ses objectifs de stockage de gaz avec deux mois d’avance, une interruption de l’approvisionnement en gaz cet hiver est peu probable (à moins que l’hiver soit exceptionnellement froid et que des problèmes d’approvisionnement surviennent en Norvège). Le modèle propriétaire de Muzinich tire la même conclusion (voir le "Graphique de la semaine"). Dans notre scénario de base d’un hiver moyen, sans rupture d’approvisionnement non russe, sans flux russe, avec une réduction de la demande de 10% et sans retour de la production du champ de Groningue, les stocks tomberont à 13% de la capacité. La question clé sera de savoir comment reconstituer les stocks l’année prochaine. À la fin de la semaine, les prix de l’électricité en Allemagne étaient similaires à ceux du vendredi précédent, avant l’annonce de Gazprom.

Enfin, la Chine n’a pas connu de répit, sa politique de zéro Covid demeurant inébranlable. La ville de Chengdu est restée bloquée et le gouvernement conseille aux citoyens de minimiser leurs déplacements lors de la fête nationale de la semaine prochaine. L’effet positif de cette politique est qu’elle n’est pas inflationniste. Cette semaine, les données sur l’inflation en Chine ont montré un ralentissement de la croissance des prix à la consommation et à la production. Nous pensons que cela donne aux autorités une plus grande marge de manœuvre pour stimuler l’économie sans craindre les problèmes d’inflation.

Les actifs risqués montrent maintenant des signes qu’ils évoluent dans un trading range. Il semble que les mauvaises nouvelles soient connues, et que la situation s’est éclaircie. Comme rien ne pousse les prix plus bas, un retracement a été amorcé. Pourtant, les problèmes identifiés sont loin d’être résolus, ce qui limite la hausse aux précédents sommets.

Il se pourrait maintenant que nous restions dans une fourchette pour le reste de l’année 2022, sans qu’une nouvelle tendance à la hausse ou à la baisse ne se dessine. Dans ce scénario, nous pensons que les stratégies de portage pourraient offrir des revenus intéressants pendant que les investisseurs patientent.

Warren Hyland 15 septembre
Tags


Partager


Commentaire

Dans la même rubrique