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Les M&A conduites par des femmes atteignent des rendements post-annonce inférieurs à ceux des M&A menées par des hommes

Un nouveau rapport SS&C Intralinks et de la Bayes Business School (anciennement Cass) sur le rôle de la diversité des genres dans le marché des M&A révèle que malgré de meilleures performances globales, les acquisitions par des sociétés dirigées par une femme, ou dont le conseil d’administration compte au moins 30% de femmes, atteignent encore un rendement...

Un nouveau rapport découvre que l’image négative des opérations menées par des femmes n’est pas justifiée.

Un nouveau rapport SS&C Intralinks et de la Bayes Business School (anciennement Cass) sur le rôle de la diversité des genres dans le marché des M&A révèle que malgré de meilleures performances globales, les acquisitions par des sociétés dirigées par une femme, ou dont le conseil d’administration compte au moins 30% de femmes, atteignent encore un rendement post-annonce inférieur à celui des acquisitions menées par des hommes et des conseils d’administration à prédominance masculine.

Valeriya Vitkova, chargée de recherche à la Bayes Business School, a conduit la recherche préalable à ce rapport: «Gender Diversity and Dealmaking 2022» analyse l’influence des femmes PDG et les effets d’un conseil d’administration diversifié sur les fusions-acquisitions.

Les conclusions principales de ce rapport sont les suivantes:

  • Les opérations conduites par des femmes PDG sont encore considérées moins favorablement que celles conduites par leurs homologues masculins: le rendement du cours des actions de la société acquérante est inférieur de 1,5 point, sur une période d’annonce de 40 jours, si cette société a pour PDG une femme plutôt qu’un homme.
  • Malgré cela, une fois l’opération terminée, plusieurs indicateurs essentiels montrent que les femmes PDG et les conseils d’administration diversifiés produisent de meilleurs résultats que leurs homologues masculins. Sur une période de trois ans, les conseils d’administration comptant au moins 30% de femmes atteignent un rendement du cours des actions plus élevé de 7,1 points et un rendement des capitaux propres plus élevé de 7,9 points que les conseils d’administration moins diversifiés.
  • Les sociétés acquérantes dirigées par une femme ou comportant une présence féminine significative dans leur conseil d’administration réussissent à conclure une proportion légèrement plus élevée d’opérations, 97% par rapport à 95% pour les sociétés entièrement dominées par des hommes. Pendant la pandémie, 100% des opérations conduites par des femmes ont été menées à bien.
  • Les femmes, et les sociétés qu’elles dirigent, ont des caractéristiques très différentes de celles des hommes en matière de fusions-acquisitions. L’étude montre que les sociétés acquérantes dirigées par des femmes consultent des conseillers externes, recherchent des cibles à forte croissance, réduisent leur prise de risque et proposent des garanties comme des indemnités en cas de rupture des négociations, plus souvent que leurs homologues masculins.
  • Ces écarts de performances entre les sociétés acquérantes conduites par des femmes ou par des hommes ont augmenté pendant la pandémie, et l’écart s’est également creusé entre les performances et la perception par le marché.

L’étude a utilisé des données provenant de sociétés acquérantes cotées en bourse annoncées entre le 1er janvier 2010 et le 31 octobre 2021, en incluant un échantillon de 5 047 sociétés acquérantes uniques et de 9 529 sociétés ciblées, sur un total de 11 562 fusions-acquisitions. Sur toutes ces opérations, 1 237 ont été engagées par des sociétés acquérantes dont le conseil d’administration comptait au moins 30% de femmes.

Une fois la recherche sur le terrain terminée, la société Mergermarket a interviewé sept cadres dirigeantes influentes sur leur vision de la conduite de telles opérations.

Valeriya Vitkova de la Bayes Business School souligne que l’étude a mis en évidence le travail encore nécessaire pour modifier l’image des femmes dans les fusions-acquisitions.

Elle précise: «Tout en démontrant la valeur indubitable des conseils d’administration diversifiés, l’étude indique que beaucoup d’efforts restent à faire pour que l’image négative des femmes dans les M&A évolue.

Il suffit d’observer les performances relatives des acquisitions menées par des femmes ou par des hommes pendant la pandémie pour constater l’influence positive significative des femmes dans ces sociétés, mais la triste réalité demeure que cette influence ne se reflète pas dans la confiance du marché ou la valorisation.

Les obstacles provenant de préjugés inconscients et de vieilles habitudes dans les M&A et sur les lieux de travail en général doivent être surmontés pour que le marché mondial prospère, avec la mise en place de structures juridiques et de conseil pour permettre aux femmes d’accéder aux postes les plus élevés aux côtés des hommes.»

Next Finance 8 avril
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