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Le marché semble donc continuer à s'ajuster à la hausse sur un taux terminal plus élevé qu'initialement anticipé

Le marché semblait miser sur un discours légèrement plus accommodant de M.Powell dans un contexte de tension géopolitique et de révisions à la baisse des perspectives de croissance, notamment du fait d’un plan de relance «Build Back Better» bien moindre que prévu.

Le marché semblait miser sur un discours légèrement plus accommodant de M.Powell dans un contexte de tension géopolitique et de révisions à la baisse des perspectives de croissance, notamment du fait d’un plan de relance «Build Back Better» bien moindre que prévu. Le FMI venait d’abaisser à 4% sa prévision de croissance 2022 contre 5.2% en octobre dernier.

Au final, M.Powell a dressé un tableau positif de l’économie, et particulièrement des créations d’emplois solides. Il a souligné un risque que l’inflation se prolonge. Par ailleurs, selon le président de la FED (1), ce cycle est différent de celui connu lors de la précédente phase de normalisation de la politique monétaire américaine puisque l’inflation est nettement supérieure à la cible, que le marché du travail est très haut et que les projections de croissance restent au-dessus du potentiel long terme.

Par conséquent, ce FOMC a envoyé un clair signal de hausse des taux au prochain meeting de mars. M.Powell est par ailleurs resté évasif sur un resserrement monétaire éventuellement encore plus rapide voire avec des pas plus larges (50 bps), d’autant qu’il semble estimer que la robustesse du marché de l’emploi le permettrait.

Les modalités sur le «Quantitative Tightening» de son bilan seront discutées sur les prochains meetings, laissant présager qu’il pourrait ne débuter qu’après les premières hausses de taux.

Le marché semble donc continuer à s’ajuster à la hausse sur un taux terminal plus élevé qu’initialement anticipé. Il est donc logique de voir la partie courte de la courbe sous-performer la partie longue ( le segment 2/10Y est passé de 75 bps en début de séance à 71 bps en clôture) et qu’elle soit entièrement poussée par les taux réels (les breakevens 5 ans ont légèrement baissé sur la séance, à 2.80 versus 2.82).

Le scénario central du marché semble se décaler sur 5 hausses de 25 bps en 2022 voire une hausse de 50 bps en mars.

A ce stade, cela nous conforte dans notre vue que le marché était trop complaisant sur son estimation de niveau de taux terminal de la FED, ce qui laissait de la place à un ajustement à la hausse des taux longs. Ce scénario demeure totalement en place avec un taux à 10 ans qui devrait franchir les 2% rapidement.

Eric Bertrand 28 janvier
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