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La Banque Postale Asset Management prend position contre l'expansion pétro-gazière

A l’occasion des Dialogues de l’Économie Citoyenne 2022 du groupe La Banque Postale, la branche gestion d’actifs La Banque Postale Asset Management (LBPAM) a annoncé les grandes lignes de sa future politique pétrole et gaz. LBPAM prend enfin position contre l’expansion pétro-gazière.

Cette annonce très encourageante laisse entrevoir une mise en cohérence de ses pratiques avec celles du groupe La Banque Postale et CNP Assurances. LBPAM précisera ces engagements dans une politique qui sera publiée courant juillet. Reclaim Finance souligne les points clés qui doivent figurer dans cette politique pour permettre à LBPAM de respecter ses engagements climatiques.

Emmanuelle Mourey, directrice générale de LBPAM, a annoncé l’objectif de LBPAM d’aligner 90% de ses encours éligibles avec une trajectoire 1,5°C d’ici 2030[1]. LBPAM compte notamment atteindre cet objectif en agissant sur le secteur pétrolier et gazier en refusant d’investir dans les entreprises très exposées aux énergies fossiles non conventionnelles[2] et en se dotant d’une politique d’engagement en direction des entreprises restantes en portefeuille.

A l’instar de CNP Assurances, LBPAM indique vouloir faire de l’arrêt du développement un élément décisif de la politique d’engagement, mais semble indiquer que ce ne sera qu’un des éléments parmi les nombreux critères sur lesquels les entreprises restantes en portefeuille seront évaluées. LBPAM n’a pas annoncé une suspension immédiate de ses nouveaux investissements dans les entreprises qui ne renonceraient pas à leurs nouveaux projets, à l’instar de ce que font CNP Assurances et La Banque Postale[3].

Pour Lucie Pinson, directrice de Reclaim Finance: “L’expansion pétro-gazière ne peut pas être un simple critère d’engagement parmi d’autres, c’est un impératif scientifique et une limite climatique à respecter pour limiter le réchauffement à 1,5°C. La Banque Postale et CNP Assurances l’ont compris en s’engageant à ne pas verser un centime aux entreprises qui continuent de dépasser cette ligne rouge en développant de nouveaux champs pétroliers et gaziers”.

LBPAM prévoit de publier la politique détaillée courant juillet. Reclaim Finance appelle le gestionnaire d’actifs à faire de la demande de l’arrêt de l’expansion un critère non-négociable, à respecter quelle que soit la conformité des entreprises avec les autres critères de l’engagement. L’ONG appelle ainsi LBPAM à adosser le respect de cet impératif à une date butoir, et à définir une stratégie d’escalade menant à terme au désinvestissement.

“Emmanuelle Mourey a fait valoir qu’il faut engager et non désinvestir des entreprises pour les inciter à se transformer. En réalité, rien n’oblige à une logique binaire renvoyant dos à dos l’exclusion et l’engagement. A l’instar de ce que fait CNP Assurances, LBPAM peut certes conserver les titres détenus dans les entreprises qui développent de nouveaux projets afin de les inciter à y renoncer. Mais il serait criminel de continuer d’y faire de nouveaux investissements sachant qu’ils contribueront au développement de projets qui menacent directement l’objectif international et du groupe à limiter le réchauffement à 1,5°C” alerte Lucie Pinson, directrice de Reclaim Finance.

Next Finance 1er juillet
Notes

[1] Emmanuel Mourey a pris la parole lors des Dialogues de l’Économie Citoyenne, édition 2022, 23 et 24 juin.

[2] LBPAM n’investira pas non plus dans les nouveaux projets pétroliers et gaziers.

[3] Voir notre réaction à la politique de CNP Assurance annoncée en février 2022 https://reclaimfinance.org/site/202.... Voir notre réaction à la politique de la Banque Postale, annoncée en octobre 2021 https://reclaimfinance.org/site/202...

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