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L'espoir du sommet de Versailles

Alors que la guerre en Ukraine se poursuit, les progrès des négociations permettent d’espérer une issue diplomatique. Entre-temps, la Russie a annoncé son intention de livrer des armes plus sophistiquées à la Biélorussie et a interdit les exportations de certains produits, dont le palladium.

Cela pourrait renforcer les pressions sur les prix des matières premières, qui progressent encore. En guise de réaction, les Etats-Unis ont interdit les importations de pétrole, de gaz et de charbon russes (dans un délai de 45 jours) et le Royaume-Uni va progressivement supprimer ses importations de pétrole russe d’ici fin 2022. Pour sa part, l’UE s’est engagée à réduire de deux tiers ses importations de gaz russe d’ici un an, et a en même temps invoqué la possibilité d’une nouvelle relance budgétaire, avec une éventuelle mutualisation de la dette. Lors du sommet de Versailles la semaine dernière, les dirigeants européens ont promis des «sanctions massives» contre la Russie et se sont engagés à réaliser de nouveaux investissements pour développer leurs propres sources d’énergie. La Russie a menacé de son côté de rembourser en roubles (au taux de change fixé par la banque centrale russe) les détenteurs d’obligations en devises fortes, ce qui serait synonyme de défaut de paiement pour certaines émissions.

La Banque centrale européenne (BCE) a surpris les marchés, jeudi, par son ton agressif. Elle semble plus préoccupée par la montée de l’inflation que par un éventuel ralentissement économique. Elle se réserve donc l’option de mettre fin à ses achats d’actifs au troisième trimestre 2021, suivie par une hausse de ses taux directeurs. Nous avons une opinion négative concernant les obligations européennes. Les actions européennes ont chuté dans la foulée, tandis que le taux des BTP italiens à 10 ans atteignait 1,9%. Les incertitudes liées au conflit en Ukraine se traduisent surtout par une grande fragilité des actions européennes. Nous avons réduit notre position en actions de la zone euro au profit des actions suisses. La semaine dernière, le London Metal Exchange a suspendu les transactions sur le nickel, car un «short squeeze» a exposé un magnat chinois des métaux à des milliards de dollars de pertes. En outre, suite à une nouvelle flambée du covid, le confinement de Shenzhen, centre technologique chinois de premier plan, pourrait aggraver significativement les perturbations de la chaîne logistique mondiale.

Si les autorités décidaient de renoncer à leur politique «zéro covid», possiblement en prenant Hong Kong comme zone de test, les implications économiques seraient considérables.

L’inflation américaine telle que mesurée par les prix à la consommation (IPC) s’est établie comme prévu à 7,9% en glissement annuel en février, un chiffre supérieur au mois précédent. L’indice de confiance des consommateurs de l’université du Michigan a atteint un plancher de 11 ans début mars, malgré une consommation américaine relativement robuste. Les chiffres de l’inflation ont notamment pénalisé les entreprises de croissance américaines telles que les FAANG (Meta, Amazon, Apple, Netflix, Google). Les entreprises technologiques asiatiques ont également chuté la semaine dernière. Didi, géant chinois du transport mobile, a renoncé à son projet de cotation à Hong Kong, n’ayant pas satisfait aux exigences de la bourse locale. Le titre a plongé de 44% dans le sillage de cette annonce vendredi, entraînant dans sa chute l’ensemble du secteur technologique chinois.

Nous préférons les actions des marchés développés à celles des marchés émergents. Cette semaine, la Réserve fédérale devrait donner le coup d’envoi de la hausse des taux directeurs américains malgré le risque de ralentissement économique, ce qui pourrait augmenter l’incertitude sur les marchés.

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