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L'Europe redécolle enfin !

Après plusieurs mois de léthargie, l’Europe se réveille enfin. Les indicateurs de confiance (Sentix et ZEW), publiés un peu plus tôt dans le mois, montraient déjà le fort optimisme des agents économiques. Les indicateurs d’activité, publiés la semaine dernière pour le mois de mai, sont venus confirmer le fort redémarrage de la zone euro.

Comme pour les Etats-Unis quelques mois plus tôt, le rythme de croissance atteint des niveaux records. Le redémarrage de l’activité dépasse même le niveau de juillet, alors que les premiers confinements avaient été beaucoup plus stricts. L’économie européenne, qui avait montré une certaine résilience alors même que les restrictions étaient encore nombreuses, a donc profité à plein de la levée progressive des contraintes sanitaires dans de nombreux pays. Dans le détail, et assez logiquement, le secteur des services rebondit fortement et dépasse largement les attentes.

Le PMI services pour la zone euro ressort ainsi à 55,1 (contre 52,5 attendu et 50,5 le mois précédent) bien aidé par la France dont le PMI services ressort à 56,6 (contre 53 attendu et 50,3 le mois précédent). Sachant que la levée des restrictions va se poursuivre, la zone euro devrait accélérer son rattrapage dans les mois à venir, normalement bien aidée par la reprise escomptée du tourisme pour cet été (la Grèce vient de rouvrir ses vols internationaux; le Royaume-Uni vient de rajouter le Portugal sur sa «green list»). Ces bonnes nouvelles sont, sans surprise, à mettre au crédit de la progression de la campagne vaccinale qui a marqué une vraie inflexion depuis début avril. À date, environ 35% de la population européenne est vaccinée et l’immunité collective (située autour de 70% de la population vaccinée) devrait être atteinte courant juillet (cf. graphique de la semaine).

Au-delà de ces bonnes nouvelles, tirées par l’amélioration de la situation sanitaire, l’Europe devrait normalement pouvoir compter sur son, tant attendu, plan de relance, la Finlande ayant approuvé le texte à une courte majorité. Cependant, sept pays n’ont toujours pas ratifié le texte au niveau national, ce qui devrait retarder les premières distributions. Il ne reste qu’à espérer que le coup de fusil n’arrive pas après la bataille…

De l’autre côté de l’Atlantique, les minutes du dernier FOMC ont légèrement contredit la communication que Jerome Powell rabâche depuis plusieurs mois. En effet, contrairement au message qui avait été envoyé par le président de la Fed, plusieurs membres du FOMC seraient enclins à entamer des discussions sur un changement de communication de la banque centrale, à savoir sur une réduction des achats d’actifs. Si les craintes sur l’inflation semblent s’être calmées, le marché ayant intégré les diverses sorties des banquiers centraux sur son caractère transitoire, le débat sur le tapering va devenir légitime, une fois l’économie américaine pleinement remise de la crise. Esther L. George et James B. Bullard, deux membres votants à la Fed, ont d’ailleurs rappelé qu’il était nécessaire d’attendre avant d’ouvrir réellement le débat, le temps d’observer une pleine reprise du marché de l’emploi.

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