IMG
Juste au cas où

Parmi ses nombreuses conséquences, la pandémie a mis fin à l’obsession de rentabilité des entreprises au détriment d’autres enjeux. Pour reprendre les mots de Larry Summers, nous passons d’une méthode de gestion «juste à temps» (just in time) à une approche «juste au cas où».

C’est tout à fait logique et il est regrettable qu’il ait fallu une pandémie pour révéler la nature fondamentalement court-termiste des modèles de production en flux tendu. Il incombe aux fabricants (et aux entreprises en général) de prévoir les situations de crise dans leurs plans de production. Cela mènera inévitablement à la constitution de stocks plus importants, diversifiés en fonction des régions, et à la duplication des chaînes de production. C’est la raison pour laquelle nous privilégions les entreprises peu endettées qui peuvent faire face à l’incertitude et mieux résister aux crises comparables à celle que nous traversons.

La décision du peuple italien de se séparer d’un tiers de ses élus par voie référendaire en dit long sur l’estime qu’il porte à sa classe politique. La mise en œuvre ne sera peut-être pas des plus simples, mais le résultat du référendum prouve qu’il n’est pas impossible de mener une réforme politique en Italie. Les élections régionales le même weekend ont rassuré les observateurs et devraient garantir la stabilité gouvernementale jusqu’à 2023. Par conséquent, nous sommes optimistes vis-à-vis des obligations italiennes en particulier, et des obligations des pays sur la périphérie de la zone euro en général. Parallèlement, la multiplication des cas de covid-19, la déception suscitée par les indices des directeurs d’achat et le climat anxiogène dans lequel se déroulent les négociations sur le Brexit ébranlent notre optimisme sur les actions européennes. Ailleurs, Donald Trump est déterminé à nommer rapidement son candidat à la Cour suprême, ce qui pourrait compromettre un éventuel accord sur un nouveau plan de relance budgétaire et, partant, assombrir les perspectives des marchés actions américains.

Au Japon, la politique économique de Yoshihide Suga devrait s’inscrire dans le prolongement de celle menée par son prédécesseur, Shinzo Abe (même si le nouveau Premier ministre semble se concentrer davantage sur les enjeux de la microéconomie). Nous pensons que Suga va présider une nouvelle consolidation du secteur bancaire et renforcera la concurrence dans le secteur des télécommunications jusqu’aux prochaines élections. Contrairement à la zone euro et aux États-Unis, le soutien direct de la Banque du Japon aux marchés actions et la présence de nombreuses entreprises à la croissance structurelle nous poussent à adopter un positionnement neutre sur les actions japonaises.

Cesar Perez Ruiz 30 septembre
Tags


Partager


Commentaire

Dans la même rubrique