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Joyeuse fête de Thanksgiving

Juste avant Thanksgiving cette semaine (et le début de la Coupe du monde de football), une multitude d’indicateurs a dressé un tableau mitigé de l’économie américaine. Les ventes de détail d’octobre ont surpris à la hausse et les prix de gros ont progressé moins qu’anticipé...

Juste avant Thanksgiving cette semaine (et le début de la Coupe du monde de football), une multitude d’indicateurs a dressé un tableau mitigé de l’économie américaine. Les ventes de détail d’octobre ont surpris à la hausse et les prix de gros ont progressé moins qu’anticipé, tandis que le taux hypothécaire moyen à 30 ans a sensiblement chuté la semaine dernière, les marchés tablant sur une réduction du rythme de hausses des taux de la Fed. Cependant, la croissance de la production industrielle aux Etats-Unis a stagné et l’enquête de la Fed de Philadelphie sur le secteur manufacturier a déçu ce mois-ci, tandis que les ventes et les mises en chantier de logements continuent de reculer. La hausse des ventes de détail doit être accueillie avec prudence, tandis que l’inversion de certains segments de la courbe des taux américains (les rendements des bons du Trésor à deux ans étaient, en fin de la semaine dernière, supérieurs de près de 70 pb à ceux de l’échéance à 10 ans, eux-mêmes très poches de ceux du 30 ans) nous indique qu’une récession accompagnée d’une inflexion de la politique monétaire se profile. Dans ce contexte, nous restons prudents vis-à-vis des actions, mais sommes plus optimistes sur les bons du Trésor américain de durations courtes et moyennes. En Chine, les actifs risqués se sont vivement redressés grâce aux signes d’ajustement de la politique «zéro covid» et aux mesures visant à stabiliser un système immobilier très perturbé. La longue réunion entre Joe Biden et Xi Jinping en préambule du G10 a également contribué à apaiser (temporairement) les tensions géopolitiques. Mais l’actualité liée à la covid reste confuse et la dynamique de l’économie chinoise déçoit, comme l’ont montré les ventes de détail et la balance commerciale d’octobre.

En Europe, la production industrielle de septembre a été sensiblement meilleure qu’attendu, tandis que l’accord salarial entre le syndicat allemand IG Metall et les employeurs s’avérait raisonnable, réduisant le risque que l’inflation soit alimentée par des revendications excessives. Parallèlement, les investisseurs ont appris que les banques européennes rembourseraient un peu moins de EUR 300 mia de prêts bon marché à la Banque centrale européenne (BCE). Si le montant est inférieur aux estimations initiales, ce remboursement peut contribuer à réduire l’inflation, tout en étant un facteur de clarté et de stabilisation. Le nouveau chancelier de l’Echiquier britannique, Jeremy Hunt, a mentionné des objectifs similaires dans son austère déclaration d’automne, prononcée la semaine dernière. Sans surprise, il a annoncé des hausses d’impôts et une réduction des dépenses publiques. Mais nombre de ces mesures ne devant entrer en vigueur qu’après les prochaines élections générales, on peut se demander si elles seront jamais introduites, ce qui laisse planer un doute concernant la trajectoire des finances publiques britanniques. Dans ces conditions, et compte tenu des perspectives économiques moroses du Royaume-Uni, nous continuons de sous-pondérer la livre et les Gilts.

La COP27 s’est achevée, ce week-end, sur un engagement notable des pays riches à créer un fonds destiné à indemniser les pays pauvres pour les dommages liés au changement climatique. Mais peu de progrès ont été enregistrés sur le front de la réduction des émissions provenant des combustibles fossiles, ce qui en fait un demi-succès. De manière incontestable, le changement climatique aura pourtant un impact croissant sur les prix des actifs et les rendements des investissements dans les années à venir.

Cesar Perez Ruiz 24 novembre
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