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Inflation, déflation ... ou les deux ?

Ariel Bezalel, Responsable de la stratégie obligataire, Mark Richards, Stratégiste Multi-Actifs et Ned Naylor-Leland, Gérant de fonds, Métaux précieux chez Jupiter Asset Management s’expriment sur l’inflation, les forces déflationnistes, la «démondialisation» et sur la manière dont les gens envisagent l’inflation.

L’évolution de l’inflation au cours des 40 dernières années a été considérable. Si dans les années 80, la Fed luttait contre l’inflation, les années 90 ont laissé place à une période de «Grande Modération». Et depuis la crise financière mondiale (GFC) de 2008, l’économie mondiale est assaillie par des pressions déflationnistes. Pourtant, aujourd’hui, on entend beaucoup parler d’une hausse de l’inflation, un débat qui s’est intensifié depuis que la Fed a annoncé qu’elle poursuivrait un objectif d’inflation moyenne (AIT). La croissance rapide de la masse monétaire de la Réserve fédérale laisse suggérer une flambée de l’inflation, bien que quelque chose de similaire se soit produit pendant le GFC et que l’inflation ait en fait pris la direction opposée.

Les perspectives d’Ariel Bezalel:

  • Ariel envisage plutôt une perspective déflationniste, pointant du doigt la dette trop importante, une démographie vieillissante et les bouleversements liés à la mondialisation, à la technologie et à la main-d’œuvre bon marché. Selon lui, la Covid-19 a accéléré certaines de ces tendances, et il considère que les pressions déflationnistes se sont en fait intensifiées cette année.
  • Ariel est également sceptique quant à l’impact de l’assouplissement quantitatif (QE) sur l’économie réelle. Il ne considère donc pas l’assouplissement quantitatif classique comme un risque d’inflation significatif, sauf si les banques centrales s’intéressaient davantage à des outils alternatifs tels que l’"argent hélicoptère" ou la monétisation de la dette, ce qui aurait un impact inflationniste plus net.

La vision de Mark Richards:

  • Mark est plus inflationniste. Il reconnaît que des forces déflationnistes structurelles sont en cours, mais selon lui il existe plusieurs raisons pour lesquelles une inflation plus élevée pourrait se matérialiser. La «démondialisation» est l’une de ces raisons. Chacun se recentre sur ses propres chaînes d’approvisionnements, et cela entraîne des coûts supplémentaires. Mark souligne aussi deux différences par rapport à la crise de 2008: les politiques fiscale et monétaire évoluent en parallèle et les liquidités du système se dirigent vers des secteurs de l’économie ayant une propension à consommer beaucoup plus élevée.
  • Pour lui, les banques centrales ne savent pas comment modéliser l’inflation dans cet environnement. La règle selon laquelle la baisse du chômage entraîne une inflation est obsolète. Les taux d’intérêt ne seront plus augmentés qu’une une fois que l’inflation sera durablement supérieure à l’objectif.
  • Il existe de nombreux obstacles structurels à l’inflation: il est trop tôt pour prédire qu’elle reviendra dans un avenir proche, mais les plaques tectoniques de la dématérialisation et de la politique économique évoluent en sa faveur.

L’avis de Ned Naylor-Leland:

  • Ned affirme que l’économie mondiale peut connaître simultanément l’inflation et la déflation. Il reconnaît que la déflation existe et résulte d’environ 40 ans de décisions politiques qui ont soutenu les États et les entreprises au détriment de la répression du consommateur. Mais il affirme également que peu de gens pensent que le coût de vie baisse face à la déflation. Cela s’explique par la manière dont l’inflation est mesurée. Le panier type de biens de consommation utilisé à partir des années 80 a subi de nombreuses mesures de changements qui ont manipulé à la baisse les mesures officielles. Cela implique que les consommateurs ont vu leur niveau d’inflation augmenter de manière incontrôlée, à une époque où les salaires n’ont certainement pas suivi cette tendance.
  • En fin de compte, Ned pense que les forces déflationnistes et inflationnistes agissant sur le système persisteront, mais que ces deux dynamiques présentent des opportunités d’investissement.

Les conséquences de la Covid-19:

  • La Covid-19 a définitivement brouillé les pistes en matière d’inflation. La forte demande de nourriture et de produits de première nécessité a conduit à l’inflation dans ces secteurs. Ariel souligne également des tendances intéressantes sur le marché du logement, les gens quittant la ville pour s’installer dans les banlieues ou à la campagne.
  • Cependant, la Covid-19 a également entraîné de puissantes forces déflationnistes, avec un effondrement dans l’immobilier commercial, ainsi que dans le secteur des voyages et du tourisme, qui représente jusqu’à 10% du PIB mondial. La demande dans ces secteurs pourrait mettre du temps à remonter.
Next Finance 8 octobre
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