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Inflation US et politique monétaire de la BCE

La semaine sur les marchés pourrait être mouvementée avec de nombreuses informations et publications économiques attendues aux Etats-Unis comme en Europe. L’analyse de Vincent Boy, analyste marché chez IG France...

Durant la nuit de mardi à mercredi par ailleurs, les investisseurs surveilleront l’indice des prix à la consommation en Chine, attendues en baisse, ainsi que les prix à la production qui ont un impact sur le prix des produits importés dans la plupart des régions du monde. Ces derniers sont attendus en hausse de 8,5% sur un an, soit le niveau le plus haut depuis août 2008, lorsque la croissance avait atteint 10%.

Les craintes d’une inflation importante et surtout durable se confirment jour après jour et les marchés seront très attentifs à l’indice des prix à la consommation (IPC) aux Etats-Unis, publié jeudi. L’IPC core, qui exclut les produits jugés trop volatils, comme l’alimentation et l’énergie, est attendu en hausse de 3,4% sur un an, soit la plus forte hausse constatée depuis juin 1993.

Cette donnée est très suivie par les investisseurs car elle traduit de la hausse généralisée des prix et permet, en temps normal, à la réserve fédérale d’ajuster sa politique monétaire. Dans le cas d’une inflation grandissante, la Fed devrait durcir sa politique monétaire et réduire les rachats d’actifs mensuels (actuellement 120Mds$) puis relever progressivement son taux principal, ce qui déplairait fortement aux investisseurs.

Malgré cette menace face à l’inflation, la Fed conserve sa politique monétaire ultra accommodante et se justifie en précisant que la hausse des prix ne sera que temporaire mais également que le marché de l’emploi reste sous pression. Les investisseurs se sont d’ailleurs satisfaits de la publication des NFP (créations d’emplois non agricoles) vendredi dernier, en dessous du consensus, car cela permet une nouvelle fois à la Fed de justifier la poursuite de cette politique ultra accommodante.

Le prochain FOMC de la Fed aux Etats-Unis sera les 15 et 16 juin prochains et cela pourrait être de plus en plus difficile pour Jerome Powell de convaincre les marchés que l’inflation restera passagère et d’éviter de parler d’un ajustement des rachats d’actifs. Surtout si les données de jeudi ressortent au-delà du consensus.

La BOC au Canada donnera d’ailleurs les détails de sa propre politique à venir mercredi mais les investisseurs se tourneront davantage vers la décision de la banque centrale européenne et du discours de Christine Lagarde jeudi. Celle-ci pourrait adopter le même discours que son homologue américain, malgré l’IPC ressorti également en hausse en zone euro la semaine dernière.

Au-delà de ces principaux évènements, nous serons attentifs à la réaction des marchés face à la décision du G7 de mettre en place une taxation globale de 15% pour les multinationales. Cet accord historique permettra d’homogénéiser les taux d’impôts des grandes sociétés mondiales mais également de réduire l’optimisation fiscale des entreprises et notamment les géants du numérique comme les GAFAM.

En revanche, cette nouvelle conduit à anticiper des bénéfices moindres pour de nombreuses sociétés, notamment cotées sur les indices américains et pourrait conduire à quelques secousses pour ces dernières cette semaine.

Enfin, aux Etats-Unis, nous surveillerons la poursuite des négociations entre les démocrates et les républicains sur le plan d’investissements dans les infrastructures de Joe Biden, alors que les deux principaux partis aux Etats-Unis se sont une nouvelle fois heurtés à des différents sur les sujets la semaine dernière.

Vincent Boy 8 juin
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