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Des marchés soutenus par les banques centrales et les résultats d'entreprises

Si l’indice parisien a progressé de plus de 25% depuis le 1er janvier, les résultats des entreprises ont été revus en hausse de 30% pour l’année en cours et de 20% pour l’an prochain. Or, tant que les anticipations sur les taux longs ne progressent pas, le contexte actuel plaide toujours en faveur des marchés actions...

Un «tapering» piloté en douceur

Sans grande surprise, Jerome Powell a détaillé, à l’issue de la réunion du FOMC, les modalités du «tapering» en confirmant l’arrêt progressif des injections de liquidités. Actuellement de 120 Mds$ en rythme mensuel, le programme d’achat d’actifs va être réduit dès à présent de 15 Mds$ par mois. Cette normalisation progressive pilotée par la Fed vise à éviter toute panique des marchés ainsi qu’à ancrer les anticipations d’inflation. En effet, si les avis des banquiers centraux peuvent diverger sur le caractère provisoire ou non de l’inflation, ces derniers ont tout intérêt à défendre l’idée que l’inflation est provisoire. A ce titre, la communication de la Fed est une réussite alors que le taux du 10 ans américain a reculé de 1,7% à 1,45%. Outre-Atlantique, le Bund (10 ans allemand) a reflué en territoire négatif. A noter que Christine Lagarde insiste aussi sur le caractère transitoire de l’inflation en Europe.

Des publications trimestrielles supérieures aux attentes

Les investisseurs ont également pu se féliciter des annonces de résultats trimestriels aux Etats-Unis et en Europe. Un bilan provisoire de très bonne facture en moyenne. Aux Etats-Unis, 80% des attentes du consensus ont été battues, un chiffre qui atteint 70% en Europe. Les entreprises parviennent à répercuter sans difficultés majeures sur leurs prix les hausses de leurs coûts de production alors qu’elles ont continué à dégager des gains de productivité.

Un Cac 40 au plus haut mais des multiples de valorisation singulièrement stables en 2021

L’accompagnement des banques centrales conjugué à ces très bonnes publications ont conduit les marchés actions vers de nouveaux sommets. En France, le Cac 40 a dépassé son record historique de 2000 et dépassé pour la première fois la barre des 7.000 points. Pour autant, le marché français n’est pas plus cher qu’au début de l’année avec une valorisation des résultats estimés pour 2021 autour de 16. Si l’indice parisien a progressé de plus de 25% depuis le 1er janvier, les résultats des entreprises ont été revus en hausse de 30% pour l’année en cours et de 20% pour l’an prochain. Or, tant que les anticipations sur les taux longs ne progressent pas, le contexte actuel plaide toujours en faveur des marchés actions avec un rendement des actions supérieur à celui observé sur le marché High Yield en Europe.

Certes, nous pensons que le risque de dérapage de l’inflation, qui obligerait les banques centrales à durcir plus brutalement leurs politiques monétaires, existe toujours et pourrait justifier une pause sur les marchés actions d’ici la fin de l’année. Mais les investisseurs en actions restent motivés par l’absence d’alternatives pertinentes (TINA) pour espérer dégager de la performance et la peur de manquer le mouvement de hausse (FOMO), deux catalyseurs puissants toujours à l’œuvre en ce début novembre sur les marchés actions.

Eric Turjeman 15 novembre
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