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Ce lien étroit entre les indices actions européens…et les cours du gaz

Il y a quelques semaines encore, les marchés avaient surtout les yeux rivés sur le discours des banquiers centraux dans l’attente de précisions sur le ralentissement à venir des achats d’actifs.

Les taux souverains, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe avaient commencé à réagir à la hausse après la réunion de la Fed en septembre. Mais très rapidement c’est la thématique des prix de l’énergie au niveau mondial, et notamment du gaz en Europe, qui est venue prendre le relais au point de presque occulter les autres sujets aux yeux des marchés.

Les marchés sont clairement dans une phase délicate, freinés par une accumulation d’éléments négatifs: situation du géant immobilier chinois Evergrande, tour de vis règlementaire en Chine, changement de communication des banques centrales, tassement de plusieurs indicateurs économiques après un premier semestre dynamique, tensions logistiques mondiales…et envolée des prix de l’énergie. Eléments faisant planer des craintes sur les marges des entreprises dans certains secteurs et donc sur les résultats à venir.

De tous ces vents contraires, c’est le facteur «énergie» qui a pris le dessus ces derniers jours avec une forte réactivité des marchés actions et de taux, en Europe et aux Etats-Unis, à toute accélération haussière du pétrole et du gaz. Situation exacerbée par le statu quo de l’OPEP+ et les lenteurs de mise en route du gazoduc Nord Stream 2.

Cette forte réactivité des marchés actions et obligataires aux variations des prix de l’énergie est évidemment un risque à court terme mais offre aussi un repère intéressant aux investisseurs en termes de «timing». Vu que les marchés actions sont focalisés sur ce thème, toute détente un peu marquée des cours du gaz en Europe peut avoir des effets immédiats sur les indices.

Même si la proximité d’un ralentissement des achats d’actifs des banques centrales a pesé sur le sentiment général ces dernières semaines, il y a peu de chances que la Fed ou la BCE surréagissent à l’envolée récente des prix du gaz et du pétrole. Christine Lagarde est allée dans ce sens hier en déclarant que la BCE ne devait pas réagir aux problèmes d’approvisionnement et à la hausse des prix de l’énergie, que la politique monétaire n’influençait pas directement ces phénomènes. Complétant que la BCE allait prêter attention à l’évolution des salaires et aux anticipations d’inflation. Une manière de ne pas stresser inutilement les marchés à court terme, tout en soulignant un degré de vigilance sur la tendance de fond hors phénomènes de court-terme.

Plus que la situation en Chine ou les questions de logistique mondiale, qui ne sont pas à minorer pour autant, il semble que c’est surtout les prix de l’énergie qui soient la boussole des marchés à court-terme.

Alexandre Baradez 11 octobre
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