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nextProtein lève 1,3 million d'euros pour son innovation dans le domaine des matières premières à base d'insectes à destination de l'alimentation animale

nextProtein, une startup agri-tech franco-tunisienne spécialisée dans la fabrication de composants destinés à l’alimentation animale à base de larves d’insectes, annonce l’expansion de ses opérations et l’augmentation de sa production en 2017, suite à une levée d’amorçage d’1,3 million d’euros.

L’entreprise a recours à un processus de bioconversion novateur qui permet de produire des protéines de l’huile et de l’engrais sur une surface réduite et avec considérablement moins d’eau et d’énergie que les méthodes agricoles conventionnelles et ce, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. À l’heure où la rareté des aliments et l’agriculture non durable suscitent de grandes inquiétudes, les protéines d’insectes pourraient révolutionner l’industrie agricole. En effet, cette technologie permet de produire sur 100 m2 autant de protéines que sur un champ de soja de 100ha.

Fondée par le couple Syrine Chaalala et Mohamed Gastli, nextProtein élève des larves de mouches de soldats noires qu’elle transforme en précieux composants pour l’aquaculture et animaux domestiques, ainsi que des engrais agricoles.

La startup agri-tech a obtenu des financements auprès d’un certain nombre d’investisseurs internationaux de renom dont le fond Kima Ventures de Xavier Niel, Jerôme Lecat - investisseur de la Silicon Valley-, Khaled Helioui, le couple derrière Atelier Cologne à savoir Sylvie Ganter et Christophe Cervasel, ainsi qu’auprès des plateformes de financement participatif Anaxago et Angelsquare. Il convient de signaler que depuis ses débuts, nextProtein bénéficie du soutien de Cyril Grislain, le très respecté investisseur français qui siège au sein de son conseil stratégique.

Selon Mohamed Gastli, chimiste et Président de nextProtein, l’objectif de son entreprise est de dissocier l’alimentation animale des pratiques agricoles non durables, et d’apporter une solution à la rareté accrue des ressources agricoles. Selon les Nations Unies, cette rareté est un problème de taille pour notre planète dont la population tend progressivement vers neuf milliards de personnes[1].

«Prenons le cas de l’aquaculture, par exemple: dans la nature, les insectes constituent une bonne part de l’alimentation des poissons sauvages; cependant, les petits poissons capturés en mer sont l’ingrédient essentiel des aliments des poissons d’élevage. Nous donnons à manger aux insectes des fruits et légumes collectés dans les marchés ainsi des coproduits agro-alimentaire – en ce faisant, nous convertissons des aliments voués à la perte en ingrédient majeur d’aliments pour poissons d’élevage et diminuons la pression sur les stocks de poissons sauvages sérieusement menacés d’épuisement.
Le processus novateur de bioconversion mis au point par nextProtein peut permettre de produire la même quantité de protéines que l’agriculture traditionnelle, mais en utilisant beaucoup moins de terres agricoles, moins d’eau, peu de ressources, et en émettant considérablement moins de gaz à effet de serre.»

En 2016, nextProtein a réussi le pari de produire quotidiennement 30 kg de larves d’insectes à partir de 300 kg de fruits et légumes invendus. Son objectif pour 2017 est de convertir entre cinq et dix tonnes de déchets organiques en une tonne de protéine et d’huile dans son nouveau site de production de 2 500 m2 en comptant sur son équipe de 15 personnes.

Pour Syrine Chaalala, co-fondatrice et directrice des opérations, les investisseurs de renom de nextProtein ont apprécié le processus novateur de l’entreprise qui est conforme aux normes européennes strictes[2], ses coûts relativement bas, son business model et son choix d’insecte. La mouche de soldat noire a été choisie pour son rendement élevé en protéine et sa capacité à se nourrir de matières organiques comme les fruits et légumes.

«Nous sommes heureux d’avoir des investisseurs capables de nous aider à atteindre nos ambitieux objectifs. Nous avions besoin d’investisseurs capables de nous aider à élaborer une stratégie commerciale et de nous apporter un savoir-faire technique; c’est pourquoi nous sommes entourés de vrais entrepreneurs.
Notre ambition était de changer véritablement la donne. En une dizaine d’années de service pour le compte l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans certains des pays les plus pauvres au monde victimes de catastrophes naturelles, j’ai constaté le réel potentiel des protéines d’insectes pour révolutionner la façon dont la viande est produite. Il y a quatre ans, je travaillais dans un programme visant à contenir une invasion de criquets qui avait décimé les récoltes et pâturages traditionnels à Madagascar, un pays déjà fortement affecté par la famine. C’est là que j’ai compris que les insectes étaient la pièce manquante du puzzle que représentent les besoins mondiaux en protéines.»

Khaled Helioui, par ailleurs investisseur dans des entreprises comme Uber et Deliveroo, a déclaré: «J’ai été frappé par le potentiel à grande échelle et la durabilité du modèle de nextProtein, tirant profit d’un inventaire de déchets organiques qui seraient sinon gaspillés, pour générer à la fois des protéines essentielles à l’alimentation animale et des engrais biologiques – le tout avec une empreinte carbone quasi négligeable. Mon soutien et mon investissement dans cette société ont été un choix évident.»

Next Finance 16 janvier
Notes

[1] Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture «la population mondiale est en constante augmentation. Elle devrait s’élever à 9 milliards de personnes en 2050, d’où une augmentation de la production alimentaire / agricole à partir des écosystèmes existants qui entraînerait une pression encore plus forte sur l’environnement.» La rareté des terres agricoles, de l’eau, des forêts, des ressources halieutiques et issues de la biodiversité, ainsi que des aliments et énergies non renouvelables est à craindre.» Fiche d’information: http://www.fao.org/docrep/018/i3264...

[2] En décembre 2016, le Comité permanent plantes, animaux, aliments et aliments pour animaux (SCoPAFF) de l’UE a validé l’utilisation de la protéine d’insectes dans les aliments des poissons d’élevage dans l’UE.

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