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Une chute vertigineuse

La dernière semaine de février a été marquée par un spectaculaire retournement de situation. Alors que les marchés prenaient soudainement la mesure du risque de pandémie liée au coronavirus et de blocage de l’activité mondiale, le S&P 500 est tombé d’un plus haut historique en l’espace de six séances pour cumuler une baisse de plus de 13% sur le mois.

Cette correction est la plus rapide qu’ait jamais connue l’indice, dont le ratio cours/bénéfices est passé du niveau généreux de 19x à près de 16,5x. Dans le reste du monde, les marchés actions ont enregistré leur pire semaine depuis la crise financière de 2008. Pour l’heure, nous avons réduit notre exposition aux actions de neutre à sous-pondérée, en attendant de pouvoir affirmer de façon plus certaine qu’une récession mondiale sera évitée. La volatilité des marchés actions, telle que mesurée par l’indice VIX, a atteint son plus haut niveau depuis 2011. Nous continuons de considérer la volatilité comme une classe d’actifs à part entière – profitant des périodes où elle est plus élevée pour investir à moindre frais dans des segments de marché qui nous paraissent intéressants.

La semaine a été tout aussi mouvementée dans le segment obligataire: alors que les marchés attendent près de quatre baisses des taux de la Fed cette année, le rendement à 10 ans des obligations du Trésor américain est tombé à un plancher historique de 1,15%. Les tensions financières se sont étendues au crédit, fragilisant en particulier les titres à haut rendement du secteur de l’énergie. Conséquence du dénouement des positionnements long sur les actifs émergents et le portage, les monnaies de financement de ces positions ont rebondi, à commencer par l’euro et le yen, qui ont tous deux gagné entre 2 et 3% sur une base pondérée des échanges. Dans l’environnement actuel, nous privilégions les monnaies défensives comme le yen.

S’agissant de l’avenir, nul ne sait si et quand le virus cessera de se propager hors de Chine, mais les marchés semblent partir du principe que le scénario restera sombre au deuxième trimestre pour les bénéfices et la croissance économique, et peut-être même au-delà. Alors que la confiance des entreprises du secteur manufacturier est particulièrement ébranlée, les indices des directeurs d’achats (PMI) chinois ont enregistré en février une contraction plus marquée qu’attendu. L’attention des investisseurs devrait maintenant se porter sur d’autres pays, mais aussi sur la publication de nouveaux indicateurs clés cette semaine aux Etats-Unis et sur les comptes rendus de réunion des comités de politique monétaire prévus ce mois-ci. Les banques centrales des Etats-Unis, du Japon et d’Italie ont d’ores et déjà annoncé leur détermination à apporter le soutien monétaire et budgétaire concerté requis dans le contexte actuel. Les actions commencent à intégrer une récession modérée, tout comme les marchés du crédit, mais dans une moindre mesure, raison pour laquelle nous sous-pondérons le haut rendement européen.

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