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Retour à la prudence pour quelques mois…

Faisant fi des risques politiques, les indices actions ont poursuivi leur progression certes inégale selon les pays. Les scénarios politiques catastrophes sont repoussés grâce au contexte économique et financier très favorable. L’optimisme règne sur les marchés américains alors que la peur de l’inconnu va et vient en Europe. Cela nous promet de la volatilité au printemps. Soyons prudents, réalistes et opportunistes…

La persistance d’un environnement économique et financier favorable et sans grande déception a été d’un grand secours pour les marchés, tout comme la baisse du risque politique… aux Etats-Unis.

Il n’est pas encore un Président «normal» mais il a fait des efforts. Qui? Donald Trump! L’apaisement des relations avec le Japon, avec les membres de l’OTAN, son discours au Congrès au ton modéré en attestent. Certes, il continue à twitter contre tous ses opposants (la presse, Obama, les Services de renseignements, la Justice, etc…) mais ses gesticulations inquiètent moins. Alors que la forme et les délais de mise en œuvre de ses projets de réforme restent imprécis, les investisseurs ont été quand même rassurés. Ils restent très confiants et acceptent la normalisation monétaire et obligataire à venir. Ce contexte extrêmement favorable conduit à une revalorisation des actions américaines dont les indices enchainent les records.

En Europe et en France, les marchés ont plus fluctué au gré des scénarios politiques: alliance Hamon-Mélenchon, victoire de M.Le Pen, victoire de d’E. Macron, abandon de F. Fillon. Le jeu reste très ouvert et le pire, pour les marchés, n’est pas certain. La sortie de l’Euro, que même les Grecs ont refusé, serait un choc effroyable pour la France. Mais la tentation du recours «antisystème» sera forte tant que la campagne électorale et l’examen critique des projets n’auront pas véritablement commencé. Une autre inconnue demeure: de quelle majorité législative disposera le prochain Président français? N’y-a-t-il pas un risque de blocage comme celui qui a frappé l’Espagne ou la Belgique? Mais l’enlisement des réformes en France qui en découlerait aurait de moindres répercussions négatives en Europe qu’un abandon de l’euro.

Il est sans doute trop tôt pour choisir son scénario mais, de multiples possibilités existent pour adapter son portefeuille si nécessaire.

Compte tenu de notre situation politique incertaine, à chaque phase de doute, les écarts de valorisation et de performances continuent à s’accroitre entre les actions en Europe et aux Etats-Unis. Néanmoins, à chaque soulagement, les actions européennes arrivent à se redresser et à faire bonne figure, y compris en France.
Ainsi, les indicateurs techniques divergent de part et d’autre de l’Atlantique: début d’excès aux Etats-Unis, signal d’accélération haussière en Europe à portée de main malgré les incertitudes…

Nous conservons notre scénario global positif de reprise modérée de l’inflation et de la croissance et d’une hausse limitée des taux d’intérêt. Mais la persistance des risques politiques en limite la portée.

Aussi, nous avons décidé de ne pas modifier nos prévisions pour l’instant. De ce fait, le potentiel d’appréciation à court terme des indices actions parait faible. A moyen terme, il pourrait être relevé si le risque politique diminuait en Europe ou quand les projets de réforme aux Etats-Unis seront plus avancés. En outre, nous avons légèrement abaissé nos objectifs de hausse pour les taux souverains.

L’optimisme des marchés américains a entrainé une hausse ininterrompue de 4 mois sans véritable correction. Une baisse des indices de 3 à 5%, dans les prochaines semaines, permettrait d’acheter des actions dans de meilleures conditions.

Nous adoptons une position Neutre à court terme sur les actions américaines et européennes que nous surpondérons toujours à Moyen Terme. Nous gardons une position neutre sur les Bourse émergentes, même si celles-ci profitent à court terme des incertitudes en zone Euro.

Nos préférences sectorielles ont été légèrement modifiées. A court terme, nous avons relevé à Neutre le secteur Alimentation & Boissons et à Surpondérer le secteur Technologie. A moyen terme, nous avons abaissé à Sous Pondérer le secteur Distribution, toujours décevant, et relevé les Media à Neutre. La montée des incertitudes a favorisé un redressement des secteurs plus défensifs qui avaient souffert en fin d’année mais toute normalisation de la situation politique en Europe redonnerait un élan très fort aux titres cycliques et financiers que nous continuons à surpondérer.

Hormis le contexte politique qui pourrait affaiblir l’euro, nous maintenons une position Neutre sur le dollar qui devrait se stabiliser sur l’année sans exclure une nouvelle poussée passagère vers 1€/$. La baisse de l’Once d’or semble endiguée. Nous relevons à Neutre cette valeur refuge traditionnelle.

Nous adoptons une position Neutre à court terme sur les produits de taux par augmentation des liquidités. Nous sous-pondérons les emprunts d’Etat. Nous continuons à préférer les produits de taux flexibles qui peuvent s’adapter à la baisse comme à la hausse des taux longs. Nous avons conservé notre recommandation sur les obligations émergentes à Neutre. Au sein des obligations privées, nous surpondérons encore les emprunts à haut rendement (en Europe et aux Etats-Unis) ainsi que les obligations convertibles de la zone euro.

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