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Règles d'or en temps de crise

Depuis plus de 30 ans, j’ai connu des bulles (Japon en 1990, Internet en 1999), des catastrophes monétaires (Peso mexicain en 1994...), l’explosion de dettes souveraines (Russie en 1998, zone euro en 2010), certains problèmes américains (perte de la notation AAA en 2011, shutdown en 1995, 2013, 2018) et quelques crises financières...

Si la vitesse, la transmission et les effets généralisés de la pandémie de Covid-19 sont inédits et spécifiques, j’ai tiré de nombreuses leçons de crises passées.

Depuis plus de 30 ans, j’ai connu des bulles (Japon en 1990, Internet en 1999), des catastrophes monétaires (Peso mexicain en 1994...), l’explosion de dettes souveraines (Russie en 1998, zone euro en 2010), certains problèmes américains (perte de la notation AAA en 2011, shutdown en 1995, 2013, 2018) et quelques crises financières (1991, 2008). J’ai également connu deux guerres américaines avec l’Irak, un attentat terroriste contre les États-Unis en 2001 et plusieurs pandémies (SRAS en 2003, H1N1 en 2009, MERS et Ebola en 2014).

La gestion d’actifs se fonde sur la prise de décisions intelligentes. Si une situation ne peut être analysée, alors aucune décision intelligente ne peut être prise. C’est la première de mes règles. Si une décision intelligente ne peut être prise, alors ne prenez aucune décision, car sans analyse, toute décision n’est que supposition, et la dernière chose que l’on souhaite en investissant, c’est de deviner. Si aucune décision intelligente ne peut être prise, la meilleure façon d’agir selon moi est de ne pas prendre de nouvelle décision. Comme personne ne peut prédire comment la pandémie de Covid-19 se déroulera, on ne peut rien analyser. Je n’ai donc procédé à aucun changement significatif dans la gestion du fonds international que je gère, depuis la panique des marchés du mois dernier.

En revanche, lorsqu’une situation est susceptible d’être analysée, il est impératif de le faire et prendre une décision intelligente. Ce le fut le cas, par exemple, début mars, lorsque l’Arabie saoudite et la Russie ont déclenché une guerre des prix du pétrole, provoquant la chute des valeurs pétrolières. Selon l’une de mes règles d’or façonné sur le terrain, si un titre s’effondre, il faut analyser la situation et prendre une décision. Soit vous achetez davantage, parce que vous êtes convaincu avoir raison sur un titre, soit vous vendez parce que vous avez eu tort. Beaucoup d’investisseurs attendent simplement en espérant que le cours se redresse. Mais l’espoir n’est pas une stratégie. Dans ce cas précis, notre analyse a démontré que la baisse des prix était justifiée en raison de nouveaux fondamentaux, nous avons donc pris une décision, admis l’erreur et soldé notre position. Mais surtout, nous n’avons pas attendu.

Un autre enseignement tiré de mes 30 années d’expérience des marchés est que souvent la première perte est la meilleure des pertes. Si vous souhaitez vendre, vendez. Si votre analyse est juste, vous ne bénéficierez probablement pas d’un meilleur prix plus tard.

Cela met en lumière une autre leçon apprise sur le terrain: faire des erreurs est positif. De nombreux investisseurs estiment que l’objectif est d’éviter les erreurs, afin d’éviter les risques. C’est selon moi la mauvaise façon d’essayer de gagner de l’argent. Si vous souhaitez un rendement sans risque, privilégiez les bons du Trésor américain par exemple. Très peu risqués, mais avec très peu de rendement.

La précaution extrême est, selon moi, une stratégie perdante pour un investisseur en actions. Cela peut en revanche se révéler une bonne stratégie de protection de carrière pour un gérant, mais qui ne permettra pas d’accomplir grand-chose pour ses clients. Mon approche consiste plutôt à accepter le risque, aussi longtemps que le risque rémunère. Mais comment savoir si le rendement du risque pris est juste?

En conservant un portefeuille très concentré, je me concentre sur mes meilleures idées, et suis ainsi mieux informé des risques et du rendement potentiel de chaque investissement. A titre personnel, j’estime le nombre idéal de valeurs en portefeuille à une trentaine, car je ne peux analyser et évaluer parfaitement 50 ou100 dossiers.

Dernier conseil pour résister sur ces marchés volatils, tiré de ma règle d’or n°1: les belles histoires sont rarement bon marché, les actions bon marché rarement excellentes. Une règle que je respecte depuis 30 ans. Même si avec les récentes chutes brutales des marchés, c’est l’un de rares moments où il est peut-être possible de trouver des actions à la fois bon marché et excellentes[1].

David Ross 3 avril
Notes

[1] Certains éléments de cette analyse qui repose sur l’opinion du gérant sont susceptibles d’évoluer. Il existe un risque de perte en capital pour tout investissement sur les marchés financiers.

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