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Quelle allocation pour la rentrée ? Risques et espoirs

Depuis le début de l’année, les indices américains ont encore une fois surperformé par rapport aux marchés européens. Mais l’affaiblissement du dollar devrait générer de l’inflation importée aux Etats-Unis et freiner l’évolution des actions américaines, déjà chères, au deuxième semestre.

Depuis plus de huit mois, les acteurs des marchés financiers s’accordent à promouvoir les places européennes en vertu de leur fort potentiel d’appréciation. Ont-ils eu raison? Pas vraiment si l’on en juge par les performances réalisées depuis le début de l’année et depuis trois mois. En effet le consensus, éternel source de démentis, prônait l’Europe au détriment des Etats-Unis. Résultat, depuis le début d’année, les Etats-Unis ont surperformé du double et ont réalisé la même performance que l’Europe en valeur absolue mais avec des chiffres positifs….

Si le diagnostic était juste, le timing ne l’était pas.

En effet, les résultats des entreprises européennes ont été bons au cours du deuxième trimestre mais le momentum a été plus marqué aux Etats-Unis. Le secteur technologique contribue puissamment à la performance des indices américains alors que l’Europe est en retrait sur cette thématique. Depuis 2011, les marchés américains ont fait deux fois chou blanc (2011 & 2015), trois fois plus de 10% (2012, 2014, 2016) et une fois près de 30% en 2013. Une performance remarquable compte tenu des faibles niveaux d’investissement des entreprises et de l’absence de productivité.

Un «fly to recovery» vers l’Europe?

Alors faut-il encore privilégier les marchés américains? Nous ne le pensons pas. Comment l’Amérique va-t-elle pouvoir continuer à alimenter de telles performances à ces niveaux de valorisation? Nous ne sommes pas optimistes sur les perspectives à douze mois. En effet, l’économie américaine est dans un cycle de croissance continue depuis plus de 7 ans. La lente mais très probable poursuite de la dégradation du dollar signera les évolutions de la politique monétaire de la Fed. L’affaiblissement du dollar devrait alimenter l’inflation et favoriser une hausse des taux courts. Dans ces conditions, la pente de la courbe des taux devrait pousser les taux longs sur des niveaux de 3% et freiner l’évolution des marchés actions américains déjà très chers. L’Europe pourrait bénéficier du «fly to recovery» car décalée dans le cycle économique et toujours appuyée par une politique monétaire accommodante.

Après un cycle de rachat de leurs propres actions, les entreprises notamment américaines pourraient être incitées à procéder à des acquisitions en Europe stimulant l’attractivité pour cette zone géographique.

Les marchés émergents, notamment le Brésil et la Russie, prendront également le relai de la forte croissance de la bourse chinoise une fois la réélection de Xi Jinping effective. Cette économie, qui met pour l’instant la poussière sous le tapis en attendant cette échéance, pourrait décevoir et passer le flambeau aux émergents moins avancés dans le cycle de valorisation. La Russie et le Brésil sont de bonnes alternatives tant sur la dette que sur les actions. Le reflux de l’inflation a entraîné un phénoménal repli des taux court et long terme avec une inversion marquée de la courbe et une forte appréciation de leur devise. Tous les voyants sont au vert. La recherche de nouvelles terres d’investissement constituera à coup sûr les allocataires gagnants pour 2018.

Daniel Gérino 13 septembre
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