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Quand les trésoriers d'entreprise spéculent sur le marché des changes

Diminuer le risque lié à la volatilité du marché des changes est un enjeu stratégique pour toute entreprise impliquée dans des transactions en devises étrangères. En première ligne de ce combat, le trésorier ne doit pas chercher à “battre le marché”, sa mission est ailleurs.

5 100 milliards de dollars sont échangés chaque jour sur le marché des devises, aussi appelé Forex, ce qui représente un volume journalier deux fois supérieur au PIB annuel de la France. Un marché dominé par la City de Londres où ¾ des transactions sont réalisées en dollar américain. Vient ensuite l’Euro, deuxième monnaie la plus échangée dans le monde.

Le FOReign EXchange mobilise des participants extrêmement divers, dont les entreprises qui paient ou qui sont payées en devises étrangères par leurs clients ou fournisseurs. Elles interviennent sur ce marché, via leurs propres trésoriers d’entreprises. Ces derniers, confrontés à la volatilité quotidienne des taux de change et tiraillés entre les recommandations des traders de salle de marché et les conseils de sa direction générale et financière, peuvent vite perdre le fil conducteur de leurs politiques de change. De plus, sous l’influence des offres marketing alléchantes, le trésorier risque d’acheter des produits financiers en réalité complexes et parfois difficiles à suivre au quotidien.

Ces éléments peuvent le pousser alors, de façon involontaire, à spéculer sur le marché des changes et mettre en danger l’entreprise.

Couverture et spéculation

Qu’il travaille au sein d’une multinationale ou au cœur d’une PME, le trésorier pilote l’exposition au risque de change de son entreprise, afin de créer les conditions propices à son développement. Il identifie les risques de change susceptibles d’affecter le compte d’exploitation de son entreprise. Une fois la structure de prix analysée en détails, il définit alors le taux de change au-delà duquel, ses opérations de change pourraient devenir négatives pour l’entreprise (point mort).

Cette analyse préliminaire permet au trésorier de définir quels produits financiers acheter (contrats à terme, swaps de taux, options, etc.), dans quelle proportion, à quel moment, et pour quelles raisons. D’ailleurs, toutes les opérations ne doivent pas forcément être couvertes. En fonction du niveau de marge de l’entreprise et des profits comptables accumulés par rapport au point mort, le trésorier dispose d’un niveau de tolérance, au risque plus ou moins élevé.

Toutes choses égales par ailleurs, plus la marge de l’entreprise sera faible et plus les marges comptables accumulées seront réduites, plus le niveau de tolérance sera faible et plus la couverture sera nécessaire. Pour être efficace, une bonne politique de change doit comprendre avec précision le fonctionnement de l’ensemble de l’entreprise, et notamment de la direction commerciale et de la direction des achats. En effet, au-delà des stratégies de couverture purement financières, certaines mesures pratiques telles que l’insertion de clauses contractuelles dans les devis peuvent également contribuer à la réduction des risques de change.

L’excellence financière ne doit pas être un frein pour l’excellence opérationnelle, mais plutôt un moteur. En suivant en priorité les indicateurs de son entreprise et en prenant une certaine distance vis-à-vis des marchés financiers, le trésorier retrouvera sa fonction première.

Grâce aux plateformes de gestion des risques de change qui remplacent les chiffriers Excels, le trésorier peut avoir une vision en temps réel de son exposition prévisionnelle mensuelle au marché des changes. Les conseils d’experts indépendants sur le sujet pour leur part, transfèrent de l’expertise pour challenger les décisions. L’excellence financière est désormais à la portée de toute entreprise, au service leur bonne santé financière, de ses dirigeants et de l’économie réelle.

Sébastien OUM 26 septembre
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