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Peut-on investir dans une « économie bleue » durable ?

La première étude consacrée à la sensibilisation et l’intérêt des investisseurs pour une économie maritime durable révèle que celle-ci sera probablement l’un des thèmes majeurs de la décennie à venir. Néanmoins, près d’un tiers des détenteurs d’actifs n’intègrent pas du tout l’économie bleue durable dans leurs investissements actuels...

Le département Impact Advisory and Finance de Credit Suisse et Responsible Investor ont publié les résultats d’une vaste enquête mondiale au sujet de la sensibilisation des investisseurs institutionnels aux placements liés à l’économie bleue et aux océans. Celle-ci révèle que, si l’intérêt pour l’économie bleue durable est élevé (plus d’un tiers des sondés estiment qu’elle sera l’un des thèmes majeurs de la nouvelle décennie), l’expertise sectorielle sur cette thématique est faible.

Principaux résultats:

  • Neuf personnes interrogées sur dix sont intéressées par des investissements liés à l’économie bleue durable, avec près de la moitié (48%) manifestant même un «fort intérêt» pour le sujet.
  • Trois personnes interrogées sur quatre n’ont pas évalué l’impact de leurs investissements sur les océans et 21% n’ont pas du tout conscience de l’exposition et des risques associés aux océans dans le cadre de placements.
  • Près d’un tiers des détenteurs d’actifs n’intègrent pas du tout l’économie bleue durable dans leurs investissements actuels, ce qui souligne la nécessité de mieux informer les investisseurs de la nécessité de préserver la santé et la résilience des océans.
  • Les secteurs considérés comme offrant les meilleures opportunités d’investissement sont les suivants: atténuation des changements climatiques et adaptation à ces derniers, lutte contre la pollution plastique marine et autres formes de pollution, promotion d’une pêche et d’une aquaculture durables.
  • La publication de l’enquête coïncide avec la 7e conférence «Conservation Finance» destinée aux clients de Credit Suisse, qui s’est tenue le 15 janvier à New York.

Alors même qu’il existe déjà des opportunités en matière d’investissements de démarrage, de placements à impact et en fixed income, et que l’injection de capitaux dans les infrastructures et les actions se profile, les principaux obstacles pour les investisseurs demeurent, d’après l’enquête, le manque de projets «investment grade» ainsi que l’absence d’expertise interne et, pour les détenteurs d’actifs, le fait que leurs gestionnaires ne proposent pas du tout de projets dans ce domaine.

Il est par conséquent urgent de mettre en place des conditions plus favorables. L’économie bleue pourrait progresser de manière significative par la création de davantage de projets durables présentant un bon historique de performance, en encourageant les partenariats publics-privés (PPP) et en accroissant les investissements au moyen d’approches financières innovantes – comme la «blended finance» – afin de réduire les risques.

Au sujet de l’enquête, Marisa Drew, CEO du département Impact Advisory and Finance de Credit Suisse, a déclaré: «Non seulement les océans sont les plus importants puits naturels de carbone de la planète, mais ils constituent également une source de subsistance économique capitale pour des milliards de personnes. La valeur des actifs liés aux océans est estimée à plus de 24 000 milliards USD[1], ce qui en fait la 7e économie mondiale en termes de PIB. Paradoxalement, malgré un vif intérêt et en croissance des investisseurs pour les opportunités offertes par les placements liés aux océans, les océans restent l’un des objectifs de développement durable de l’ONU qui attirent le moins d’investissements, et tout particulièrement le moins de capitaux privés. Nous nous attendons à ce que ce thème d’investissement gagne fortement en importance pour les investisseurs dans les années à venir.»

Dennis Fritsch, analyste, Responsible Investor, a indiqué: «La transition de l’actuelle approche à court terme, destructrice des actifs liés aux océans, vers une économie bleue durable et plus respectueuse du climat offre une opportunité économique exceptionnelle en matière de placements durables. Le public et les gouvernements sont sensibles à l’état désastreux des océans; néanmoins, on ne sait pas précisément à quel point les investisseurs ont conscience de l’impact de leurs placements sur le milieu marin et de la façon dont cela peut affecter la performance et la valeur de leurs portefeuilles. C’est pourquoi nous nous sommes demandé si les conditions étaient réellement réunies pour que des capitaux privés soient orientés vers une utilisation durable des océans et, dans le cas contraire, ce qu’il fallait changer.»

Ces résultats sont tirés d’un échantillon qualifié et représentatif de 328 personnes interrogées dans 34 pays, dont 53% se trouvent en Europe. 59% des personnes interrogées sont des gestionnaires de fortune et 41% des détenteurs d’actifs. La majeure partie des sondés investissent dans des actions cotées, des titres à revenu fixe et dans des stratégies multi-actifs, leurs actifs sous gestion s’élevant à plus de 50 milliards EUR.

Next Finance 24 janvier
Notes

[1] Hwoegh-Guldberg O., Beal D. et Chaudhry T. Reviving the Ocean Economy: the case for action. Gland, Genève: WWF International 2015

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