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Perspectives 2017, selon AllianzGI : l'attention se focalise sur les politiques budgétaires et les programmes populistes

La poussée populiste observée sur la scène politique va alimenter la volatilité des marchés: l’Europe va devoir faire face à une année d’incertitudes politiques liées au Brexit, dans un contexte économique mondial à la fois atone, anémique et morose. Par ailleurs, face à la politique de repli des Etats-Unis, on s’attend à ce que la Chine et la Russie s’affirment davantage...

Alors que les marchés s’apprêtent à tourner la page d’une année 2016 mouvementée, trois points méritent de retenir l’attention des investisseurs: la poussée des mouvements populistes, le retour de la Chine comme moteur de la croissance économique mondiale et le recentrage des initiatives gouvernementales autour des politiques budgétaires dans un environnement de faibles taux d’intérêt. Allianz Global Investors s’attend à ce que 2017 soit une année de croissance nominale et de faibles rendements en raison de la persistance de la répression financière. Dans ce contexte, Neil Dwane, Stratégiste d’AllianzGI, a identifié cinq thèmes qu’il convient de garder à l’esprit pour investir en 2017:

1. Une croissance économique mondiale durablement atone, anémique et morose
En 2017 il faut s’attendre à ce que la croissance soit atone, sous l’effet de plusieurs facteurs: les États-Unis entrent en fin de cycle, le Japon peine à faire face au vieillissement de sa population et l’Europe subit les conséquences du vote en faveur du Brexit. Les États-Unis et l’Union européenne devraient éviter la récession, mais rester englués dans l’une des reprises économiques les plus anémiques de l’histoire. Les marchés émergents devraient tirer leur épingle du jeu à mesure que la Chine poursuit son rééquilibrage et qu’une grande partie des pays asiatiques engage des réformes.

2. Banques centrales: des taux d’intérêt généralement plus faibles et pour longtemps
Après le léger relèvement des taux américains ce mois-ci, les banques centrales du monde émergent devraient abaisser les leurs à mesure que l’inflation recule. La Banque centrale européenne et la Banque du Japon devraient maintenir des politiques monétaires accommodantes. Au niveau mondial, l’afflux de liquidités a probablement atteint un plus haut et, dépassant les politiques de taux d’intérêt négatifs, les banques centrales commencent à soutenir la mise en place de programmes de dépenses publiques par les gouvernements.

3. La Chine reste sur le devant de la scène, l’Asie est attrayante dans l’ensemble
La Chine reste le principal contributeur à la croissance mondiale. Pour soutenir son urbanisation rapide, le pays requiert moins de ressources industrielles et davantage de pétrole et de matières premières agricoles. Même si des craintes persistent sur sa situation capitalistique, son programme «one belt, one road», qui vise à renforcer les échanges commerciaux et l’investissement, pourrait bien être le nouveau Plan Marshall dont le monde a besoin après la crise financière. A l’heure où l’Inde et l’Indonésie s’engagent dans des programmes de réforme majeurs, l’Asie semble offrir le meilleur équilibre entre croissance et investissement.

4. Rééquilibrage entre la demande et l’offre de pétrole
Depuis un certain temps déjà, AllianzGI estimait qu’il ne fallait pas s’attendre à une faiblesse durable des cours du pétrole. Cette analyse commence à se vérifier. Les prix très faibles du pétrole se sont traduits par une baisse des dépenses d’investissement au sein du secteur et ont facilité un rééquilibrage entre l’offre et la demande. Selon AllianzGI, une légère hausse du cours du pétrole en 2017 devrait relancer l’investissement dans le secteur et soutenir l’inflation mondiale. «Nous ne pensons pas pour autant que cela déclenchera un nouveau boom du secteur du pétrole de schiste aux États-Unis. L’offre restera sous pression, affectée par l’instabilité de l’environnement géopolitique au Moyen-Orient, en Amérique latine et en Afrique», explique Neil Dwane.

5. Une évolution en profondeur de la scène politique est en cours
Sur fonds de remise en question continuelle de l’héritage de la dérégulation, les mouvements nationalistes et populistes n’ont cessé de gagner du terrain en 2016: Brexit, Wallons, Bernie Sanders et Donald Trump, tous ont contribué à cette tendance. Face aux échéances électorales prévues en Europe en 2017, l’environnement politique devrait rester un facteur essentiel de toute décision d’investissement, même si certains investisseurs préfèreront probablement se tenir purement et simplement à l’écart de certains marchés, malgré leurs valorisations attrayantes. La politique monétaire deviendra également davantage un enjeu politique et risque d’être submergée par les mesures budgétaires volontaristes clairement annoncées par les gouvernements. Privilégiées par les gouvernements dans ce cadre, les infrastructures locales et la défense devraient rester des secteurs de choix dans de nombreux pays au cours des prochaines années.

En conclusion Neil Dwane ajoute: «Nous ne nous attendons pas à un réel changement de régime entre 2016 et 2017. Du fait de la faiblesse des performances des marchés financiers, les investisseurs se refusant à une exposition suffisante aux risques pourraient se retrouver laissés pour compte avec des rendements insuffisants. En outre, les espoirs de voir se reproduire les performances historiques de long terme pourraient être déçus, cette tendance relevant clairement du passé. L’avenir exige une recherche active et approfondie des opportunités de croissance du capital et des revenus, à un moment où une nouvelle inflexion dans le cycle économique se profile.

Les performances globales du marché (bêta) pourraient bien encore reculer pour de nombreuses classes d’actifs: sans le soutien de la croissance des bénéfices qu’attendent les marchés, les rendements obligataires ne peuvent tomber plus bas et les actions ne peuvent plus progresser. En s’exposant quelque peu au risque de crédit et de duration, et dans le cadre de stratégies ciblant les dividendes, les investisseurs peuvent espérer préserver le pouvoir d’achat futur de leur épargne face au risque d’inflation, qui augmentera progressivement le coût de la santé, de l’éducation et de la vie.

Dans des marchés volatils, les investisseurs doivent revoir leurs objectifs de croissance du capital (accessible via des actifs réels comme les valeurs de croissance et l’immobilier) à la lumière de leurs besoins en revenus, qui peuvent être générés via des instruments obligataires ou des actifs de duration courte en Asie, aux États-Unis et au sein des marchés émergents. Ils peuvent ensuite déployer de manière pertinente des stratégies actives en vue de générer des performances supérieures au marché (alpha). Une importante diversification dans des investissements alternatifs peut contribuer à réaliser cet objectif.»

Next Finance 2 janvier
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