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Pérenniser les fonds en euros nécessite de les adapter au nouveau contexte

La baisse des taux et les contraintes réglementaires imposées aux assureurs, deux événements majeurs de ces dernières années, ont incité les compagnies d’assurance, les courtiers et les distributeurs à rechercher de nouvelles solutions en assurance-vie, afin de satisfaire le client final.

La réglementation Solvabilité II oblige en particulier les compagnies d’assurance à respecter des contraintes de fonds propres minimum au titre de leurs fonds en euros. Par ailleurs, la baisse des taux affecte les rendements servis. Dans cet environnement, le risque pour les fonds en euros est double:

  • Un risque de manque d’attractivité, car les rendements des fonds en euros sont impactés par la baisse des taux. Les actifs généraux des compagnies sont encore en partie investis sur des obligations émises à l’époque où les taux étaient élevés, mais dans la mesure où elles arrivent progressivement à leur terme, elles sont renouvelées par des obligations aujourd’hui moins bien rémunérées. A noter cependant que la tendance semble être sur le point de s’inverser.
  • Un risque d’accessibilité, car pour la première fois, les compagnies d’assurance cherchent à éviter une dilution du rendement de leurs actifs généraux, en freinant les nouvelles souscriptions.

Il est indispensable de stimuler et réinventer les fonds en euros

Face à ce constat, les concepteurs de produits d’assurance ont la responsabilité d’empêcher les fonds en euros de s’éteindre de leur belle mort. Une des options consisterait à ne rien faire, et à s’appuyer sur la loi Sapin II pour limiter les rachats en cas de hausse des taux. Mais les acteurs peuvent également envisager une solution plus offensive, toucher à l’une ou l’autre des caractéristiques d’un fonds euros traditionnel: la garantie en capital, l’effet cliquet ou la linéarité de la valorisation.

Parmi les innovations pressenties pour faire évoluer les fonds en euros, sont ainsi apparues il y a quelques années, les fonds euros actifs, composés d’un fonds en euros classique, complété par une poche de diversification. Cette poche de diversification, gérée avec flexibilité, en tenant compte de l’évolution du contexte de marché, mais aussi des flux entrants et sortants des épargnants, a permis de dégager un rendement supérieur à celui du seul fonds en euros. Cependant, pour répondre aux contraintes réglementaires exigées par la directive Solvabilité II, l’assureur doit engager des fonds propres au titre de l’actif général, mais également au titre de la poche de diversification

Une solution réaliste: réduire l’engagement des compagnies d’assurance

Afin que les épargnants puissent continuer à investir dans ce véhicule au risque maîtrisé, une des options à envisager est de proposer, à travers ces fonds en euros actifs, une garantie du capital un peu moins importante. Il s’agit ainsi pour les compagnies d’assurance, de s’adapter aux évolutions réglementaires en réduisant leurs engagements. Une garantie de l’ordre de 98% du capital demandera certes un peu de pédagogie auprès du client final, mais apparait nécessaire pour redynamiser les fonds en euros.

Philippe Parguey 5 janvier
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