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Ouf de soulagement salué par l'explosion des actifs

L’accélération des déconfinements est visible un peu partout à un rythme dépendant de la date d’entrée dans la pandémie. Avec une météo de rêve, la sortie du déconfinement a donné une poussée d’optimisme au moral des ménages. Il reste encore à ouvrir l’espace Schengen, suivi des liaisons avec le reste du monde.

Les vols semblent vouloir reprendre fin Juin ce qui pourrait sauver quelque peu la saison touristique et redonner du tonus aux cadres surmenés. Beaucoup d’incertitudes demeurent autour de la maladie et notamment la disponibilité d’un vaccin efficace. Des sommités nous disent qu’il y a risque de rechute et d’autres que c’est peu probable. Ce sont des aléas dont les marchés doivent tenir compte.

La confiance retrouvée pour une fin de l’épidémie a permis au marché de se tourner vers les fondamentaux. L’avalanche de liquidités qui s’est abattue sur la planète a encore une fois gonflé la valeur des actions dont beaucoup continuent d’afficher un cash-flow solide qui ne peut que revenir à ses niveaux antérieurs une fois la crise passée. En mathématiques, un actif produisant un cash-flow perpétuel face à des taux quasi nuls vaut... l’infini. On serait gagnant aujourd’hui si les profits du S&P 500 revenaient à leur niveau de 2019 dans 8 ans!

L’impression de billets par des banques centrales va se poursuivre tant que les balances des paiements restent équilibrées. C’est le cas du Japon et de l’Europe notamment. Les États-Unis ont l’atout du $ comme monnaie de réserve et leur balance de paiement n’est pas calamiteuse. Le Venezuela a beau imprimer des billets, il faut les convertir en $ pour parer aux importations alors que les exportations ne couvrent pas les besoins en devises. La Grande Bretagne isolée dans son Brexit pourrait voir la livre chuter si elle imprime des billets inconsidérément. L’exemple du Japon montre que les grands pays ont encore la capacité d’imprimer beaucoup de billets sans mettre en danger leur équilibre à court terme. Le $ a baissé quelque peu car la Fed a imprimé des billets en quantité bien supérieure à l’Europe. C’est ainsi que les bilans des banques centrales se sont gonflés de 3 trillions$ aux US, de 800Mds à la BCE et la courbe se poursuit. Nous estimons que le plan de relance américain équivaut à 20% du PIB, alors que la France aura une dette qui passera de 98 à 115% du PIB du fait des dépenses et de moins de recettes. Les injections monétaires vont se poursuivre des deux côtés de l’Atlantique et en Europe le plan de relance de 750Mds€ donne de l’espoir.

Le rebond du marché n’est pas homogène. Les secteurs de la santé et de la technologie ont presque retrouvé leur plus haut. Le secteur des biens cycliques, incluant le voyage, le loisir, l’automobile souffre énormément ainsi que l’énergie et les financières. Parmi les risques, on trouve les Mortgage REIT qui prêtent énormément au secteur immobilier en s’endettant auprès des banques. Leur cours est au plus bas car elles font face à beaucoup d’impayés. Le secteur immobilier pourrait offrir des opportunités, mais des énormes liquidités sont à l’affut.

L’économie mondiale devrait baisser de 3.2% cette année alors qu’en 2008 la baisse avait été limitée à 1.5%.

Ce sont les pays de l’OCDE qui souffrent le plus et la chute est plus modérée en Asie, la Chine maintenant une hausse de 1.5%. L’Eurozone devrait baisser de 6.6% et la France de 9%. Le rebond prévu de 4.7% en 2021 implique une solution à la pandémie notamment. Certains indicateurs macro-économiques affichent un timide rebond comme la confiance des ménages ou les indice PMI. Mais le gros problème reste l’emploi avec des millions de chômeurs sans filet social aux US.

Les profits seront en baisse de 24% selon le consensus et de 28% selon nous pour 2020. Un rebond de 17% est anticipé en 2021 aux US. Notre objectif de cours sur le S&P 500 est 2903 contre 3092 le mois précédent en raison d’une petite hausse des taux. Compte tenu de l’extrême sensibilité du modèle au taux et au CAGR, cette baisse ne nous inquiète pas outre mesure et nous maintenons notre position de surpondérer les actions (plus de 40% d’exposition).

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