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Marchés : quelles perspectives pour le second semestre ?

Les marchés boursiers ont connu un premier semestre agité, marqué par l’augmentation de la volatilité, le retour du risque politique et l’apparition de nouvelles tensions commerciales. À quoi faut-il désormais s’attendre pour le second semestre?

Les marchés actions peinent à trouver une direction claire depuis le début de l’année, alternant les phases de replis et de rebonds. Remontée des taux, escalade protectionniste, politique italienne: l’actualité n’est en effet pas de tout repos pour les investisseurs.

Le risque protectionniste restera au cœur des préoccupations

Dans la continuité de ces derniers mois, le risque politique devrait rester l’un des principaux déterminants pour le second semestre. En effet, «Le risque politique, qu’on avait mis de côté, est de nouveau là» observe Fabien Bourguignon, Directeur de la gestion multi-asset chez BFT IM.

«La politique de Donald Trump et les événements en Italie incarnent la généralisation d’une forme de populisme, et l’influence de ce dernier sur la sphère économique devrait être de plus en plus ostensible» explique Mabrouk Chetouane, Responsable de la recherche et de la stratégie chez BFT IM.

Depuis le mois de février, les investisseurs s’inquiètent notamment du bras de fer commercial entre les Etats-Unis et le reste du monde, en particulier avec la Chine. «Les Etats-Unis attaquent frontalement leurs principaux partenaires commerciaux et la guerre commerciale à la Trump consiste à menacer sans faire aucune discrimination» résume Mabrouk Chetouane.

Or, «Si le président américain décide d’aller plus loin en taxant également le secteur automobile, l’Allemagne et beaucoup d’autres pays seront touchés (le Canada, le Mexique et le Japon). En conséquence, il faudra s’attendre à des mesures de représailles. Celles-ci pourraient notamment concerner en premier lieu le secteur agricole américain, fortement exportateur» explique Mabrouk Chetouane.

Les politiques monétaires ultra-accommodantes prennent fin

D’autres sujets devraient également rester au cœur de l’actualité. Parmi eux: la poursuite de la remontée des taux américains et la fin de la politique monétaire ultra-accommodante de la BCE.

En Europe, «La sortie du quantitative easing est un sujet qui pose de nombreuses questions et dont les réponses ne sont pas triviales» souligne Gilles Guez, Directeur général de BFT IM.Dès à présent, la perspective d’une future remontée des taux directeurs «pousse à une hausse des primes de risque et à l’élargissement des écarts de taux» observe notamment Warin Buntrock, Directeur adjoint des gestions de BFT IM.D’autant plus que «La BCE n’a pas pour objectif d’éteindre les incendies politiques lorsque ces derniers se déclarent» insiste Mabrouk Chetouane. En clair: la BCE ne sera pas systématiquement présente pour soutenir l’Italie en cas de nouvelles difficultés financières.

Plus généralement, «L’aversion au risque a tendance à réapparaître sur les marchés. La succession rapide d’épisodes de stress au cours du premier semestre alimente les craintes des investisseurs» constate Warin Buntrock. Ces craintes restent néanmoins souvent exagérées: malgré les divers sujets de tension évoqués, «la situation économique reste toujours très bonne» rappelle-t-il, l’économie américaine se portant bien et l’Europe conservant son potentiel de croissance. Avec la fin programmée des QE, la balance des risques des investisseurs a définitivement basculée vers un régime de marché moins calme.

A quoi s’attendre sur les marchés pour les prochains mois?

En somme, pour les prochains mois, «Nous sommes moins positifs que nous pouvions l’être en début d’année» explique Fabien Bourguignon, Directeur de la gestion multi-asset. Au-delà du contexte géopolitique, «Il n’y a plus de dynamique de révision à la hausse des principaux indicateurs sur les marchés, et les primes de risque ne sont pas encore totalement reconstituées. Il faut donc faire attention».

Pour ces raisons, BFT IM fait le choix d’une exposition prudente sur les marchés actions au second semestre 2018 et s’affiche globalement neutre sur les actions européennes, britanniques, japonaises et émergentes, mais positive sur les actions américaines, celles-ci restant tirées par une solide croissance économique ainsi que par un niveau élevé de rachat d’action. Au sein du segment des actions européennes, la société de gestion continue de privilégier les actions françaises.

Sur les marchés obligataires, «Le stress sur la zone Euro redonne de l’attractivité au crédit européen dans un contexte de stabilité des ratings» explique Fabien Bourguignon, qui compte notamment «bénéficier de la dynamique d’amélioration du Portugal en captant le spread entre la dette portugaise et la dette allemande» au second semestre.

Malgré ce pari, «Nous conservons un biais défensif sur les marchés obligataires dans un contexte de hausse des taux» explique Fabien Bourguignon. La société de gestion reste notamment à l’écart de la dette émergente et des obligations d’entreprises américaines de catégorie haut rendement. «Le niveau de spread apparaît insuffisant au regard du positionnement dans le cycle. Surtout, aux Etats-Unis, l’amélioration du secteur de l’énergie masque la hausse des défauts dans les autres secteurs» conclut le Directeur de la gestion multi-asset de BFT IM.

Next Finance 26 juin
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