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Les relations sino-européennes, les prémices d'un Nouvel Ordre ?

A la veille du 1er Forum international «une Ceinture, une Route» des 14 et 15 mai 2017, la victoire d’Emmanuel Macron sonne comme une bouffée d’oxygène pour ce projet que défend la Chine depuis 2013.

Les résultats obtenus par le candidat pro-européen en France ont permis une réduction majeure du risque politique en zone euro, les élections allemandes ne laissant pas présager de péril sur le devenir de l’Union.

L’unité de la zone euro, un enjeu pour la Chine

Préserver l’euro est une nécessité qui dépasse les intérêts et les frontières de l’Union européenne. L’euro constitue encore aujourd’hui un tiers des réserves de change chinoises. C’est une véritable alternative au désengagement que la Chine opère depuis plus d’un an sur le dollar. C’est même la seule devise au sein des DTS (Droits de tirages spéciaux) à pouvoir jouer le rôle de «contre-pouvoir». De plus, une explosion de la zone euro fragiliserait à la fois la croissance économique mondiale et les marchés financiers. Les conséquences seraient également lourdes pour la Chine qui finalise l’ouverture de ces marchés financiers, tout en investissant massivement depuis plusieurs années aussi bien à l’intérieur qu’en dehors de ses frontières dans le développement d’infrastructures.

«Une ceinture, une route» et beaucoup plus que ça…

Entre risques pour certains, et opportunités pour d’autres, «la nouvelle route de la soie» ne laisse personne indifférent. Elle représente l’ouverture de nouvelles voies de communication aussi bien au niveau ferroviaire, maritime que numérique afin d’établir un nouveau réseau reliant principalement l’Asie, l’Europe et l’Afrique. L’AIIB (Banque Asiatique d’Investissement pour les Infrastructures) a d’ailleurs été créé en octobre 2014 en grande partie afin de défendre ses intérêts. Si ce projet est de nature à créer un nouvel élan économique, c’est aussi une manière d’exporter un modèle de développement unique. A la différence des pays occidentaux, le modèle chinois repose sur des investissements colossaux de l’État dans les infrastructures. Certains pays voisins ont d’ailleurs opté pour cette stratégie afin de réussir à développer leurs industries tout en créant une dynamique positive en matière de consommation. C’est également une manière habile de mettre en place une zone yuan, démarche qui n’est pas sans incidence sur le dollar, toujours très présent au sein de la zone asiatique. Une idée qui résonne pour certains comme une «OPA de la Chine sur le Monde», même si le monde, dans son ensemble, n’est à l’origine pas directement concerné par cette nouvelle voie de communication susceptible d’étendre les relations et échanges aussi bien sur le plan culturel, environnemental qu’économique.

France/Chine, des relations déterminantes pour le monde de demain

L’ordre ancien commence à se fractionner alors que le nouveau n’est pas encore établi. Entre «l’Amérique d’abord» de Donald Trump et le «Aucune nation ne peut réussir seule» de Xi Jinping, l’Union européenne doit faire face à de nombreux défis: début des négociations post-Brexit, déclarations en faveur de la montée du populisme et du protectionnisme émanant de Poutine et de Trump, consolidation de l’unité de la zone euro… Si «le destin des Européens est entre leurs mains» (Angela Merckel), la France a un rôle déterminant à jouer dans cette avancée compte tenu des relations établies avec la Chine depuis 40 ans. Le fait que Xi Jinping réaffirme son soutien le 9 mai aux Accords de Paris, remis en cause par l’Administration Trump, n’est pas un hasard. Une chose est sûre, ce projet est aujourd’hui le seul en mesure d’apporter au monde un nouveau cycle d’expansion économique mais la Chine ne peut et ne veux pas le mener seul...

Eva Balligand 16 mai
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