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Les marchés européens restent fébriles

Selon Tom Stubbe Olsen, fondateur de Mensarius AG, Gérant et responsable de la stratégie «value» Europe chez Nordea Asset Management, au cours des dernières semaines, les conséquences de la guerre commerciale, le regain d’inflation et les inquiétudes autour de la situation budgétaire en Italie ont été les principales thématiques qui ont pesé sur les marchés européens.

Les tensions commerciales ne diminuent pas

Les conséquences de la situation instable entre les États-Unis et leurs partenaires commerciaux ont continué de faire les gros titres au cours des dernières semaines, affectant les marchés boursiers. L’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane entrainera une hausse des prix des importations et risque de pousser l’inflation à la hausse.

Le retour de l’inflation s’observe d’ores et déjà. Les prix des matières premières suivent une tendance haussière depuis déjà quelques temps. Les entreprises ont donc commencé à subir une hausse de leurs coûts, et l’anticipation d’une hausse de l’inflation a progressivement été prise en compte dans l’évaluation du prix des actifs. Reste à savoir jusqu’où ira cette inflation dans un avenir proche. Beaucoup d’entreprises doivent également prendre en compte l’accélération de la hausse des salaires.

L’importance du «pricing power»

En période de hausse de l’inflation, le «pricing power» des entreprises devient déterminant pour que celles-ci préservent leur rentabilité et leur capacité à générer des bénéfices solides. La politique monétaire agressive des banques centrales avait réduit l’importance de ce «pricing power», l’évolution des cours de bourse étant principalement déterminée au cours des dernières années par l’expansion des multiples de valorisation. Une poursuite de cette expansion semble désormais peu probable dans un contexte de hausse des taux d’intérêt. Le «pricing power» (et la capacité à défendre ses bénéfices) sera donc le principal moteur de l’évolution à venir des marchés actions, et deviendra d’autant plus important qu’il pourrait permettre de compenser le risque d’une baisse des multiples.

Au sein de chaque secteur, il sera donc intéressant d’observer quelles entreprises pourront répercuter la hausse de leurs coûts sur leur chiffre d’affaires en préservant leurs marges, et lesquelles subiront des pressions.

Budget italien: un sujet qui pourrait perdurer jusqu’en décembre

Les actions et les obligations italiennes ont connu une forte chute à partir du 28 septembre suite à l’annonce des objectifs budgétaires et fiscaux 2019 du gouvernement populiste italien. Les investisseurs s’inquiètent de la stabilité financière du pays et du poids de sa dette face au PIB. En termes relatifs, l’Italie a en effet la deuxième dette la plus élevée de la zone euro après la Grèce.

La coalition «Mouvement Cinq Etoiles / Ligue» semble bien décidée à augmenter le déficit budgétaire du pays, le rapprochant de la limite de 3% du PIB fixée par l’UE, mettant ainsi en application les promesses électorales qui l’ont portées au pouvoir. Le budget italien 2019 a été envoyé à la Commission européenne pour approbation, mais a été rejeté le mardi 23 octobre. L’Italie a maintenant un délai de trois semaines pour soumettre un budget révisé, auquel la Commission doit répondre dans les trois semaines suivantes. Cela signifie que le différend budgétaire pourrait perdurer jusqu’au début du mois de décembre. Dans ce contexte, l’écart de rendement des obligations à 10 ans italiennes face au Bund allemand de même échéance a dépassé les 300 points de base au cours du mois d’octobre et peine désormais à retomber en-dessous de ce seuil. En bourse, les banques et les institutions financières italiennes ont également été durement touchées.

L’Italie reste actuellement un cas particulier. Néanmoins, le fait que l’un des plus gros emprunteurs de la zone euro entre en conflit avec l’Union européenne pourrait avoir des conséquences qu’il ne faut pas sous-estimer.

Tom Stubbe Olsen 5 novembre
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