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Les marchés de taux entrent dans une nouvelle ère, les investisseurs obligataires doivent s'y adapter

Les marchés obligataires sont entrés de plain-pied dans une nouvelle ère: celle d’un relèvement inexorable des taux d’intérêt, après un cycle structurel de baisse de quasiment 35 ans!

L’équipe de Swiss Life Asset Managers juge le «cash equivalent», les obligations à taux variables et les obligations corporate internationales de maturité courte, particulièrement attractives dans les conditions de marché actuelles.

La remontée des taux s’inscrit dans un contexte économique euphorique, en témoigne la vigueur et le caractère synchronisé de la reprise de l’activité à l’échelle globale.

«Nous observons une disparition progressive de l’ ‘output gap’, autrement dit, l’écart entre la croissance réalisée et la croissance potentielle a été comblé ou est en passe de l’être» analyse Eric Bourguignon, Directeur général délégué chez Swiss Life AM (France). Cette évolution témoigne d’une demande face à laquelle l’offre ne serait plus suffisante, favorable à un rebond durable des anticipations inflationnistes et des taux d’intérêt.

Le raffermissement des anticipations d’inflation permet aux banques centrales de sortir progressivement des politiques monétaires non conventionnelles qu’elles ont conduites ces dernières années. Le bilan de la Fed devrait ainsi évoluer d’environ 4 500 milliards de dollars en 2017 à moins de 3 000 en 2020. «Après plusieurs années d’une fuite en avant monétaire aussi expérimentale que périlleuse assumée par les banques centrales, les marchés de taux perdent un de leurs principaux soutiens. Il faut s’attendre à une séquence légitime de réajustement sur les marchés obligataires, avec une correction qui devrait conduire les valorisations vers des niveaux plus raisonnables».

Les solutions «Cash Equivalent», mieux-disantes que les placements monétaires court terme

Si une séquence durable de hausse des taux se dessine, les taux courts demeurent actuellement en territoire négatif. «En zone euro, la BCE ne remontera pas ses taux directeurs cette année, mais vraisemblablement en 2019. Depuis près de deux ans, nous faisons l’expérience d’un taux de dépôt négatif à la BCE, les taux monétaires sont aujourd’hui négatifs pour les maturités inférieures à 12 mois» constate Mathilde Lacoste, Gérante taux & crédit. «La notion même d’actif sans risque est remise en cause, puisqu’il n’existe plus de coussin monétaire ou obligataire» poursuit-elle.

Dans ces conditions, les stratégies dites «Cash Equivalent» constituent encore une alternative attrayante aux placements monétaires traditionnels.

Il s’agit de solutions obligataires courtes, respectant plusieurs critères jugés essentiels afin d’offrir un véhicule au profil de rendement sensiblement supérieur à la catégorie monétaire, tout en limitant la prise de risque.

Pour être éligible au classement équivalent de trésorerie, le placement doit être court-terme, liquide, aisément convertible en un montant de trésorerie précis et peu sensible au risque de changement de valeur.

Ce format offre ainsi la possibilité aux investisseurs d’accéder à des titres de trésorerie plus longs que dans le cadre d’OPCVM purement monétaires (maturité finale des titres à 36 mois, contre 24). Or, ces échéances sont mieux rémunérées. «La maturité est un levier de performance additionnelle, au même titre que l’innovation dont peut faire preuve le gérant au sein du portefeuille. A ce titre, nous apprécions les titres collatéralisés dont le profil rendement-risque est intéressant ou les titres ‘extendible’, qui permettent de gérer la maturité de façon dynamique» affirme Mathilde Lacoste. Cette approche est privilégiée par Swiss Life AM dans le cadre du fonds SLF (F) Bond Cash Equivalent, dont les actifs sous gestion atteignent 1,8 milliard d’euros.

Privilégier les obligations à taux variables et le crédit international de maturité courte

Les obligations à taux variables ou «floaters» permettent une exposition au marché obligataire avec un risque de taux limité. «Ce type d’obligations est particulièrement indiqué dans l’environnement actuel, il permet de protéger le portefeuille contre le risque de remontée des taux et ce à un coût aujourd’hui exceptionnellement faible. Les «floaters» sont en effet insensibles au risque de taux d’intérêt du fait de l’indexation de leur coupon à une référence monétaire ou obligataire» détaille Dimitri Andraos, Responsable France de la Gestion taux & crédit.

Enfin, l’équipe de Swiss Life AM juge encore attrayant le potentiel des obligations corporate globales et de maturités courtes.

Ce segment offre des rendements attractifs par rapport à la détention de liquidités, tandis que les spreads compensent encore la hausse potentielle des taux de défaut.

«Nous privilégions les maturités courtes, protectrices contre la hausse des taux d’intérêt et plus résilientes historiquement face aux fluctuations de marché» relève Markus Weiss, Gérant du fonds SLF (Lux) Bond Global Corporates Short Term.

«La diversification des titres à l’échelle globale est importante pour nous: les titres de crédit mondiaux présentant des spreads plus élevés que ceux libellés en euro, pour un niveau de risque similaire» conclut-il.

Next Finance 21 février
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