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Les fusions-acquisitions repartent dans le secteur de la distribution et des biens de consommation

L’activité M&A du secteur Distribution & Biens de consommation en France est repartie sans excès sur les six premiers mois 2017, certes avec des opérations plus nombreuses qu’au second semestre 2016 mais en retrait par rapport au début de l’année 2016.

L’activité M&A du secteur Distribution & Biens de consommation en France est repartie sans excès sur les six premiers mois 2017, certes avec des opérations plus nombreuses qu’au second semestre 2016 mais en retrait par rapport au début de l’année 2016. En effet, près de 150 opérations ont impliqué au moins un acteur français – acheteur ou cible – au cours du 1er semestre 2017, contre seulement 127 au cours des 6 mois précédents alors même qu’ils étaient 180 un an auparavant. C’est ce que révèle l’étude «M&A in Retail & Consumer in France -H1 2017», réalisée par les équipes Transactions de PwC et Strategy&, l’activité de conseil en stratégie de PwC. L’Agroalimentaire et les Vins & Spiritueux mènent la danse, comptabilisant à eux deux près de 60 opérations sur la période. Le Prêt-à-porter suit avec 26 transactions et la Beauté & Accessoires referme le podium avec 23 transactions.

Les fonds d’investissement et les opérations domestiques soutiennent l’activité

Les opérations réalisées dans le secteur Distribution et Biens de consommation au 1er semestre 2017 restent en retrait par rapport au 1er semestre 2016, en raison des incertitudes liées aux élections en France.

Ce sont les investisseurs «corporate» qui ont le plus levé le pied alors que les fonds d’investissement ont maintenu le rythme et réalisent près de la moitié des opérations (48%).

La nature des transactions révèle un certain «repli» sur des rapprochements franco-français au nombre de 100, qui contrastent avec l’engouement des groupes français pour des actifs étrangers, notamment dans les pays émergents, que les experts de PwC avaient déjà constaté sur la même période l’an dernier. Même si les opérations transfrontalières sont moins nombreuses, elles figurent parmi les plus significatives et souvent structurantes: les rachats par Danone et L’Oréal des acteurs Nord-Américains WhiteWave et CeraVe dépassent respectivement 11 milliards d’euros et 1 milliard d’euros.

Les secteurs Agroalimentaire et Vins & Spiritueux restent largement en tête avec près de la moitié des opérations les concernant

Le secteur agroalimentaire connaît l’activité la plus soutenue. Au-delà de schémas classiques de consolidation, le choix des cibles reflète les tendances du marché: manger organique et sain, monter en gamme, ou encore accommoder un mode de vie moderne avec plats préparés et livraison à domicile.

«L’agribusiness longtemps focalisé sur la production de masse et les négociations de prix entre producteurs, marques et distributeurs, se transforme pour prendre en compte les nouveaux besoins des consommateurs; il se tourne vers des produits à plus forte valeur ajoutée, notamment bio, responsables, labels régionaux, healthy snacking, avec prise en compte des nouveaux lieux de distribution et modes de consommation» explique Sabine Durand-Hayes, associée Transactions, responsable du secteur Biens de consommation chez PwC.

Vins et spiritueux, un segment en regain d’activité M&A, suit les mêmes tendances (organique, premium...) à ceci près que les grands groupes se tournent également vers des «micro productions», recherchant des marques authentiques, locales et évocatrices pour les consommateurs.
Dans l’équipement de la personne, le prêt-à-porter est marqué par une série de transactions dans des contextes ou les entreprises, marques et enseignes sont en difficulté. Plusieurs acteurs étrangers ont fait le choix de reprendre ces actifs avec des plans de transformation à la clé (conversion des concepts Mim en Tally Weijl ou montée en gamme de la fabrique de souliers vosgienne par exemple).

«La “création destructrice” est à l’œuvre dans le prêt-à-porter. Alors que Tati et Mim sont en difficulté et sont repris par Gifi et Tally Weijl, nous voyons émerger de futures étoiles; de nouvelles marques telles que Kujten (cachemire), Sessun (mode), Compressport (vêtements techniques) ou Klokers (montres) trouvent des financeurs avisés pour se développer», analyse Anne-Lise Glauser, associée Strategy&, l’activité de conseil en stratégie de PwC.

Beauté et accessoires est le secteur le plus «cross border». Les acteurs vont loin pour dénicher les actifs les plus prisés sur le segment dynamique des cosmétiques actives. Côté nature, le brésilien Natura met la main sur Bodyshop; Yves Rocher investit à l’étranger dans des marques telles que Sabon en Israël et reprend également certains de ses distributeurs (en Roumanie et à Hong-Kong).
Le secteur de la monture de luxe se reconfigure, avec des marques de luxe qui cherchent à capter plus de valeur dans ce segment chahuté mais juteux.
L’équipement de la maison est quant à lui un secteur qui reste actif mais sur des thématiques plus diffuses: grossistes et autres acteurs BtoB visant les professionnels bénéficient d’investissements, à l’instar de LDLC qui met la main sur BIMP (revendeur Apple notamment), mais aussi Findis ou Sideme.
Chez les spécialistes, c’est le segment du «petcare» qui poursuit sa montée en puissance, de la nutrition aux accessoires dédiés aux animaux de compagnie.

Enfin, on note que certains thèmes transverses séduisent toujours, que ce soit dans l’alimentaire, les spiritueux, la beauté ou les produits électroniques: la distribution omnicanale avec plus de 30 transactions réalisées sur des pure players du e-commerce; et les nouveaux business models (formules d’abonnement, ventes de produits d’occasion ou reconditionnés, livraison directe à domicile). Tous les niveaux de maturité des entreprises sont représentés dans ces opérations, de la start-up à la «.com» établie.

Pour Laurent Guibert, associé responsable du secteur Distribution chez PwC: «Le second semestre 2017 promet d’être animé: plusieurs opérations de grande ampleur ont d’ores et déjà été annoncées ou réalisées, notamment Fnac Darty avec un changement d’actionnaire significatif et la cession de sa filiale brésilienne, le rapprochement Essilor Luxottica ou encore l’introduction en Bourse des activités Brésil et Immobilières de Carrefour et enfin, tout récemment, l’acquisition de la Redoute par le groupe Galeries Lafayette.»

Anne-Lise Glauser, qui intervient avec les équipes Strategy& lors de fusions-acquisitions sur des problématiques Stratégie et Opérations, conclut: «Si de nombreux rapprochements sont attendus en cette fin d’année 2017, tout le travail reste à faire pour en assurer le succès: prendre en charge les transitions, réaliser les synergies, préserver l’ADN des marques, mobiliser les équipes et coécrire l’histoire de demain. Les investisseurs devront partager leur expertise et accompagner les équipes de management dans leurs plans de transformation.»

Next Finance 15 septembre
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