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Les fondamentaux des pays émergents sont plus solides que ceux des pays développés

Depuis son lancement en 1994, le fonds Emerging Markets Equities de Robeco a généré près de 8% de rendement par an, contre 6% environ pour son indice de référence. Wim-Hein Pals, Responsable de l’équipe Marchés émergents de Robeco, revient sur la startégie et les convictions qui ont bâi cette surperformance continue depuis vingt-cinq ans.

L’allocation géographique est le point de départ de notre stratégie d’investissement, suivi de la sélection de valeurs. Selon nous, les différences fondamentales entre les pays émergents restent une source importante d’alpha. L’un des intérêts de l’univers des marchés émergents est qu’il est dynamique. Les pays vont et viennent. L’Arabie saoudite, par exemple, vient de rejoindre ce groupe tandis qu’Israël l’a quitté, désormais considéré comme un pays développé. Côté sélection des valeurs, les valorisations attractives des marchés émergents représentent un avantage considérable par rapport aux pays développés. Notre stratégie privilégie par conséquent les valeurs décotées, affichant aussi une rentabilité des capitaux propres supérieure à la moyenne.

Un secteur vedette: la consommation discrétionnaire

Dans les marchés émergents, la consommation est le secteur vedette. Dans cet univers, nous privilégions la consommation discrétionnaire à la consommation de produits de base. Nous sommes plutôt sous-pondérés dans la consommation de produits de base, qui a tendance à être assez chère. En revanche, le secteur de la consommation discrétionnaire fait l’objet d’une surpondération structurelle depuis des années, ce qui se traduit par des ratios cours/bénéfices et cours/valeur comptable bien plus intéressants.

A l’opposé se trouve le secteur manufacturier. L’industrie lourde traditionnelle ne nous a jamais intéressés. Nous sous-pondérons les usines de papier ou les fabricants de machinerie lourde en Chine. Après avoir été l’atelier du monde, ce pays est en surcapacité croissante, ce qui modifie la donne.

Outre la consommation, nous privilégions les valeurs émergentes «pures» aux multinationales. Nous préférons une exposition domestique dans des pays comme l’Inde et la Chine. En Inde, par exemple, nous investissons plus volontiers dans une entreprise agroalimentaire locale qu’une multinationale, car les multinationales offrent aussi une exposition aux marchés développés, ce que nous n’apprécions pas en général.

Un accent prononcé sur l’Asie

Concernant l’allocation géographique, notre stratégie est avant tout orientée vers l’Asie, qui représente deux tiers du portefeuille, Chine en tête. Nous estimons que la récente inclusion partielle des actions A chinoises dans l’indice MSCI EM signifie que le poids relatif du pays dans l’indice ne fera qu’augmenter. En février, le MSCI a annoncé qu’il ferait passer la pondération des actions A chinoises de 5% à 20% en trois temps. Résultat, la Chine représentera bientôt près de 40% de l’indice, selon lui. Actuellement nous sous-pondérons la Chine et cela ne devrait pas changer. Nous avons commencé à investir dans les actions A en 2009, dix ans avant que le MSCI ne décide de les inclure dans son indice de référence. L’Inde continuera également de croître, mais à un rythme plus lent.

Du point de vue sectoriel, au fil des ans, la principale évolution stratégique a consisté à accroître la pondération du secteur IT. Les technologies de l’information sont devenues l’un des thèmes les plus importants sur les marchés émergents.

Ce secteur a également changé, en particulier en Chine, où l’accent n’est plus placé sur le matériel mais sur les logiciels et l’e-commerce. Il a également gagné beaucoup de terrain dans des pays comme Taïwan et la Corée. Il s’agit désormais du deuxième secteur le plus important, derrière la finance.

Bonnes perspectives pour les marchés émergents

Le contexte actuel rend les marchés émergents particulièrement avantageux pour les investisseurs, en raison d’une combinaison unique de croissance des résultats, de titres sous-valorisés et de fondamentaux solides.

L’univers des marchés émergents enregistre à l’heure actuelle une croissance du PIB supérieure à celle des marchés développés – mais ce n’est pas le seul facteur. Il affiche aussi une croissance plus importante des résultats, ce qui, offre des perspectives très prometteuses. Dans de nombreux pays émergents, la croissance des résultats est de plus en plus corrélée à celle du PIB. C’est le cas de la Chine, où les entreprises ont désormais une meilleure compréhension de la façon de générer un rendement pour les actionnaires.

Le troisième moteur de l’attractivité des marchés émergents est la valorisation. Les marchés émergents offrent aujourd’hui une décote de 30% par rapport aux marchés développés, ce qui confirme que la situation actuelle est réellement inédite.

Cet écart est excessivement élevé dans la mesure où la décote moyenne historique est d’environ 10%. Mais il reviendra aux niveaux que nous avons connus par le passé.

Quant aux fondamentaux macroéconomiques, de nombreux pays émergents sont actuellement bien positionnés: importantes réserves de change, larges excédents budgétaires, réserves bancaires confortables ou taux d’épargne élevés. Dans l’ensemble, les fondamentaux des pays émergents sont plus solides que ceux des pays développés.

Wim-Hein Pals 18 avril
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