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Les actions reviennent à leur juste prix

Nos objectifs de cours sont peu modifiés avec 2738 points pour le S&P 500 et des taux de 3% pour le 30 ans. Avec la débâcle du lundi de Pâques, le marché est exactement au point bas de février à 2582 points et constitue une opportunité d’achat pour les portefeuilles «sous-pondérés».

Depuis le début de l’année, le marché reste balloté au gré des événements. La hausse des taux longs américains a cassé nette une envolée en début d’année et a été ensuite digérée. Elle a été suivie des craintes d’une guerre commerciale avec la Chine et ses répercussions mondiales qui s’apaise au rythme de déclarations rassurantes. Et le scandale Facebook met en avant le problème de la protection des données privées. Cela n’a pas manqué de raviver la volatilité qui était endormie tout le long de 2017, d’autant plus que le marché avait largement atteint son juste prix. D’autres événements risquent d’émailler le parcours en 2018, comme la crise coréenne, une nouvelle tension sur les taux et surtout un problème dont on parle peu qui est l’accumulation des dettes au niveau mondial. Le niveau d’endettement public et privé atteint 217 trillions$, contre 149 avant la crise et représente 327% du PIB.

Sans un choc systémique durable, nous anticipons un marché en hausse de 2 à 5% à fin 2018 (6% sur le niveau d’aujourd’hui) et un dividende de 2%.

La guerre commerciale avec la Chine tient au fait que le pays passera inéluctablement devant les États-Unis d’ici une dizaine d’années. Ce pays a réussi à émuler toutes les percées technologiques de la Silicon Valley avec Tencent, Alibaba ou Baidu. Ce n’est pas forcément en pillant des propriétés intellectuelles, mais simplement en adaptant les mêmes concepts qui ne sont pas brevetables. Par la taille de son marché, le pays est moins vulnérable que les États-Unis à une guerre commerciale.

La protection des données privées coïncide avec l’application de la directive RGPD de l’UE. Les grands groupes américains y seront contraints et seront dans l’obligation d’une grande transparence sur l’usage des données. Ils sauront surmonter ces contraintes et leurs clients n’auront pas le choix d’autres médias pour cibler leurs clients.

Si l’année 2018 ne manque pas de risques, elle a aussi ses atouts avec une économie qui tourne à plein régime notamment en Asie, un chômage en recul et des conditions monétaires toujours accommodantes notamment en Europe et au Japon. L’inflation reste très faible en zone euro mais atteint son objectif de 2% aux US. Les profits vont approcher les 20% de hausse aux US grâce à la réforme fiscale et surtout à la bonne croissance économique. Les investisseurs seront surpris agréablement par les résultats prochains du 1er trimestre. La situation des profits en zone euro est «molle» car après un rétablissement en 2017, la hausse des profits 2018 sera au mieux de 7.5%. Le tissu des sociétés de la zone ne fait pas rêver, gorgé de banques, d’automobiles, de grands groupes pharmaceutiques vivant de leurs rentes et de quelques fleurons industriels.

Le 1er trimestre s’est terminé avec un recul de quasiment tous les marchés de quelques pourcents, les fonds Digital résistant mieux que la moyenne avec une baisse de seulement -2.0% pour Digital Stars Europe, -1.2% pour Digital Stars Europe Ex-UK et -2.9% pour Digital Stars Europe Smaller Companies.

Nos objectifs de cours sont peu modifiés avec 2738 points pour le S&P 500 et des taux de 3% pour le 30 ans. Avec la débâcle du lundi de Pâques, le marché est exactement au point bas de février à 2582 points et constitue une opportunité d’achat pour les portefeuilles «sous-pondérés».

En zone Euro, l’objectif du MSCI EMU est à 132 points contre 122 à la clôture et des taux à 2%. Notre opinion reste inchangée à neutre, ce qui signifie un renforcement pour les portefeuilles en dessous de leur benchmark (surtout aux cours actuels) et un retour à leur benchmark pour les portefeuilles agressifs.

Jacques Chahine 9 avril
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