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Le risque protectionniste s'effrite-t-il déjà ?

Suivre les tweets la communication et la stratégie de l’inénarrable Donald Trump relève souvent du parcours du combattant.

Ce fut de nouveau le cas au cours des dernières semaines lorsque celui-ci a remis au gout du jour l’une de ses thématiques de campagne, en l’occurrence le protectionnisme et autres barrières douanières. Jeudi 1er Mars, le Président américain surprenait en effet une nouvelle fois son monde en annonçant l’augmentation des droits de douane sur l’acier et l’aluminium. Le 8 mars, la menace protectionniste se précisait un peu plus avec la signature de taxes de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium.

Chantre de la mondialisation et du libre-échange depuis des décennies, les Etats-Unis défrayent donc cette fois la chronique économique avec l’adoption de mesures qu’ils auraient autrefois brocardé chez leurs partenaires économiques. Logiquement, l’annonce a fait l’effet d’un «strike». Comme un symbole de la levée de bouclier qui a suivi, Gary Cohn (considéré comme le plus fervent partisan du libre-échange au sein de l’administration Trump) a marqué son opposition par… sa démission.

Surprenant lorsque l’on se souvient que le Chief Economist privilégiait son poste actuel à la présidence de la FED pour lequel il était fortement envisagé… Un peu moins si l’on considère que sa principale mission était de toute manière d’ores et déjà remplie (réforme fiscale). 107 élus de la majorité ont par ailleurs fait part de leur inquiétude, en signant une lettre commune pressant la Maison Blanche de renoncer à des mesures susceptibles «d’entamer la compétitivité des entreprises». La chambre de commerce américaine a également dénoncé avec vigueur le projet… Nul doute que les pressions furent également importantes en coulisses, tant les lobbies des sociétés américaines exportatrices ont dû se faire entendre.

Depuis, la posture de Donald Trump aurait tendance à s’adoucir: son administration garde en effet une certaine souplesse pour faire évoluer les taux au grès des négociations avec chaque zone/pays.

La question suivante peut d’ailleurs être posée: toute cette polémique ne s’inscrit-elle pas avant tout dans une stratégie de négociation plus globale? Dans ses rapports avec la Corée du Nord, Donald Trump avait suivi peu ou prou la même trame: choquer puis négocier. Une pierre deux coups pour le dirigeant populiste qui satisfait par la même occasion une bonne partie de sa base électorale... tout en profitant de sa position dominante pour obtenir de meilleurs accords bilatéraux.

François Jubin 21 mars
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