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Le retour de la volatilité

Les experts en investissement de GAM réagissent aux mouvements sur le marché cette semaine, qui ont marqué le retour de la volatilité après une période de calme inhabituelle.

  • Larry Hatheway, Directeur des solutions d’investissement du groupe et Chef économiste
    La caractéristique la plus remarquable des mouvements défavorables de marché a été l’écart entre les variations des cours des actions et celles des autres actifs. La volatilité implicite a représenté les plus gros volumes d’échange, ce qui signifie que les manœuvres de gestion des risques en réponse initiale au marché action ont accéléré les ventes. Néanmoins, alors que des facteurs techniques peuvent avoir contribué à l’extension de cet ajustement, sa source semble avoir été influencée par les fondamentaux, car les acteurs du marché acceptent finalement le début de la fin de la période new normal, la «nouvelle normalité». Dans la perspective d’une hausse de l’inflation qui à la fois réduit les bénéfices des entreprises et rend la politique monétaire à venir moins prévisible, nous pensons que les anticipations de rendement des actions doivent être revues à la baisse tandis que la volatilité sous-jacente augmentera depuis son faible niveau précédent.
  • Ali Miremadi, Directeur des investissements - actions internationales
    Nous anticipons depuis longtemps une reprise des pressions inflationnistes et avons positionné en conséquence les portefeuilles investis en actions internationales pour bénéficier d’un environnement avec des taux d’intérêt plus élevés. La hausse des taux d’intérêt est susceptible de plafonner les valorisations boursières, mais les sociétés solides bénéficieront de gains croissants dans une économie mondiale qui s’améliore. Par conséquent, à moyen et à long terme, ces actions peuvent augmenter parallèlement aux bénéfices, offrant une impulsion positive pour les rendements. Nous nous attendons à ce que les stratégies value performent relativement fortement et à ce que la disper-sion augmente. Ce sera une marée qui ne fera pas monter les bateaux de manière égale. Il est donc impératif de se concentrer sur les fondamentaux et sur la sélection de titres. À court terme, il pourrait bien y avoir d’autres chocs techniques dans la mesure où une communauté de traders avec un fort effet de levier s’adapte à un environnement moins corrélé. Cependant, à long terme, le marché boursier reflétera, comme toujours, la capacité de gains générés par les sociétés sous-jacentes. Nous projetons donc de continuer à nous concentrer sur les fondamentaux dans un environnement économique qui s’améliore.
  • Niall Gallagher, Directeur des investissements - actions européennes
    Nous ne pensons pas que la récente braderie sur le marché reflète l’état de la croissance économique ou celle des fondamentaux des entreprises en Europe. Au contraire, cela peut refléter une réaction du marché, allant d’une très faible volatilité à des niveaux de volatilité plus normaux et, par conséquent, un repositionnement à court terme par certains acteurs du marché. Les fondamentaux pour les actions européennes sont très bons avec une forte croissance économique, une bonne croissance des bénéfices des entreprises et rien d’autre que des valorisations moyennes (c’est-à-dire ni bon marché ni trop chères).
  • Paul McNamara, Directeur des investissements - dette émergente
    Nous ne voyons pas de raison particulière de paniquer car les données économiques restent solides aux États-Unis et en Europe et les perspectives de croissance mondiale sont robustes. Cela devrait continuer à soutenir la dette des marchés émergents en devises locales, en s’appuyant sur la solide performance des deux dernières années. Les devises des marchés émergents sont évaluées à leur juste valeur, et les balances commerciales des marchés émergents sont solides. Par conséquent, nous sommes dans une situation fondamentalement différente de tous les précédents mouvements de ventes de devises émergentes des 20 dernières années. Nous surveillons le dollar américain, qui pourrait rebondir si la Réserve Fédérale est obligée de changer son actuelle position proactive avec des resserrements préventifs pour une politique plus agressive en raison d’une nette reprise de l’inflation américaine. Cependant, sur la base des données les plus récentes, ce n’est pas le scenario que nous prévoyons pour le moment.
  • Tim Haywood, Directeur des investissements - stratégies obligataires Absolute Return
    La politique des taux augmente aux États-Unis et au Royaume-Uni. Après des années de baisse des taux d’intérêt, la plupart des banques centrales ont atteint le point le plus bas. Dans le cas de l’Europe et du Japon, tout changement de politique pourrait être très lent à mettre en place. Cela va décevoir certains short-sellers. Mais supprimer les mesures d’urgence les plus agressives, pour ramener les taux de court terme à zéro ou en territoire positif, ne serait pas aussi contradictoire qu’éliminer les distorsions. Les prix des obligations à cinq ans dans ces pays pourraient présenter une faiblesse particulière en 2018. De manière générale, les marchés obligataires perdent l’impulsion de la politique de baisse des taux qu’ils ont apprécié auparavant, dans un pays puis dans l’autre, pendant près de 30 ans.
  • Anthony Smouha et Gregoire Mivelaz, co-gérants des stratégies crédit (Atlanticomnium SA)
    Bien que nous ayons constaté d’importantes fluctuations des cours boursiers, l’aspect important de notre stratégie en période d’incertitude est la solidité de la qualité du crédit des sociétés de notre portefeuille. Les récentes annonces de résultats ont été conformes à nos attentes et ont confirmé l’opinion positive sur les sociétés dont nous détenons les titres. Notre approche vise à offrir une insensibilité relative à la hausse des taux d’intérêt, mais nous surveillons attentivement les prix et nous pourrions chercher à profiter des mouvements de prix excessifs en ajoutant certaines de nos positions préférées (ce que nous avons déjà fait dans une faible mesure, à la recherche de rendements attrayants). Notre objectif principal est d’assurer la solidité de nos crédits et de nous rappeler que, même si les prix montent ou baissent dans une perspective mark-to-market, les revenus qui alimentent les rendements de nos portefeuilles s’accumulent quotidiennement à des niveaux attrayants, que la qualité du crédit reste forte et que l’effet pull-to-par devrait se réaffirmer lorsque la volatilité diminuera.
  • GAM Systematic – Equipe Alternative Risk Premia
    Les marchés ont commencé à devenir nerveux fin janvier et février a vu s’accroître les ventes sur les trois premiers jours d’échanges car les investisseurs américains rattrapaient leur retard sur la question de l’inflation et d’une possible accélération des hausses de taux. Alors que c’est considéré de manière générale comme une saine correction, le S&P 500 a effacé ses gains obtenus depuis le début de l’année à la fermeture le 5 février. En même temps, le VIX a atteint un pic à son plus haut niveau depuis 2015 (38,8 en intrajournalier), les rendements des bons du Trésor américains ont atteint environ 2,85% avant de commencer à être échangés comme des actifs refuge, alors que le dollar US renversait quelque peu sa tendance à la baisse, gagnant 1% contre ces pairs des marchés développés entre le 2 et le 5 février. Tandis que ces deux jours de correction se diffusent à l’ensemble des actifs, ne laissant à la base aucun abri pour se cacher, le consensus des investisseurs reste positif, car la situation est considérée comme une bonne chose étant donné les prévisions concernant les développements des variables macroéconomiques. Les ventes des ETFs et la réduction des risques des gros investisseurs sont pointées du doigt comme ayant eu du poids sur l’ampleur des mouvements de prix observés. Janvier a connu le niveau de collecte le plus élevé sur les ETFs et le momemtum a, en quelque sorte, fait changer les flux de sens ces derniers jours.
    Tandis que la braderie de vendredi était massive tant elle touchait toutes les classes d’actifs, celle de lundi était plus proche d’un mouvement de braderie des actifs risqués, quand les actifs refuges se renforçaient. Par voie de conséquence il n’y avait nul endroit où se cacher, quand les rendements obligataires augmentaient au début, les actions chutaient, agressivement bradées, et que les autres marchés suivaient. Au final, les mouvements de marché de début février se sont révélés difficiles, en particulier en fin de braderie lorsqu’il y eut des retournements sur de très nombreux marchés. Nous suivons et traquons de près la situation car les marchés sont changeants. Les pertes générées pendant cette période n’affectent aucunement les prévisions et les stress tests et apparaissent en ligne avec l’ensemble de l’univers des fonds cherchant activement une diversification pour les clients sur l’ensemble du cycle.
Next Finance 12 février
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