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La révolution de l'économie des données

L’économie des données évolue rapidement, proposant des opportunités d’investissement dans l’infrastructure réseau, la mémoire, le stockage et la cybersécurité, comme l’explique Jason Bohnet, Analyste Sénior, Actions Internationales.

De l’expansion d’Internet à la création du smartphone et de la tablette, en passant par des innovations telles que l’intelligence artificielle (IA) et le cloud-computing, la société a fondamentalement changé au cours des deux dernières décennies.

Une personne consulte son smartphone en moyenne toutes les douze minutes, passe quatre heures par jour sur les réseaux sociaux et services de streaming vidéo, et fait des recherches sur Google plus de 100 fois par mois. Les membres d’Amazon Prime dépensent en moyenne plus de 100 $ par mois pour les produits Amazon, tandis que chacun des 2,2 milliards d’utilisateurs de Facebook génère environ 20 $ de revenus annuels pour l’entreprise.

L’un des aspects les moins connus de ces plateformes, jusqu’à peu, est la collecte de données sur leurs utilisateurs. Bien que les données personnelles soient exploitées depuis des décennies, la qualité et l’attribution de ces données a considérablement augmenté à l’ère numérique.

L’expression anglophone selon laquelle «la moitié de ce que je dépense en publicité est gaspillé; le problème, c’est que je ne sais pas de quelle moitié il s’agit» ne s’applique plus.

Les plateformes savent exactement qui vous êtes, où vous êtes, qui sont vos amis, vos intérêts, les médias que vous regardez, ce que vous lisez, ce que vous recherchez, et peuvent extrapoler des choses que vous ignoriez désirer grâce à l’IA.

La bataille pour les données d’utilisateur

Plus la quantité de données augmente de façon exponentielle, plus sa valeur augmente. Il est clair que les grandes entreprises technologiques deviennent de plus en plus concentrées et les utilisateurs en sont de plus en plus «captifs» - une tendance qui semble devoir se poursuivre. Il existe des plateformes monopolistiques pour toutes nos habitudes numériques quotidiennes: de la recherche, aux réseaux sociaux, en passant par le streaming de musique et les achats en ligne; ces services sont accessibles via l’un des principaux fabricants de technologies intelligentes.

Pour l’instant, il semble peu probable que les principales plateformes soient détrônées étant donné leur taille et leur échelle. Bien que l’histoire suggère qu’aucune entreprise ne devrait avoir autant de pouvoir et d’influence, les suggestions selon lesquelles il faudrait les détruire sont problématiques. Au fur et à mesure que les géants de la technologie ont continué à s’étendre dans de nouveaux domaines, ils semblent se concentrer sur l’extraction de valeur toujours plus conséquente pour leurs clients. Amazon, par exemple, s’est considérablement développé au-delà du commerce électronique au cours des dernières années, utilisant son infrastructure technologique pour créer Amazon Web Services, la plus grande société de cloud-computing au monde et la partie la plus rentable de son activité. Amazon s’est également développé dans les médias, la musique, les jeux, les livres audio, la logistique, la mode, le traitement automatique du langage naturel et l’épicerie pour répondre à ce que le directeur général Jeff Bezos appelle la clientèle «divinement mécontente» d’Amazon.

Pour rendre les choses encore plus difficiles, l’entreprise intègre ces capacités à travers sa plateforme: enlevez n’importe quelle activité et les parties restantes auraient probablement une valeur réduite. Si vous séparez Amazon Web Services du reste d’Amazon - à supposer que cela soit technologiquement possible - lui-même perdrait l’utilisation et les apprentissages du reste de l’infrastructure technologique d’Amazon, et obligerait les autres services d’Amazon à acheter de nouvelles infrastructures. Il en résulterait probablement des coûts plus élevés pour les deux clientèles.

L’économie de données

Ces plateformes continuent de dominer en raison de leurs données exclusives. Qu’il s’agisse des utilisateurs, des entreprises, de la chaîne d’approvisionnement, du commerce de détail ou de la logistique, l’élément différenciant, ce sont les données. Dans un monde où les technologies émergentes comme l’intelligence artificielle, le cloud-computing, l’e-learning et la vision par ordinateur extrapolent des données existantes et parviennent à de nouvelles conclusions, le contrôle des données est primordial.

Tandis que le monde de l’intelligence artificielle et du cloud-computing devient de plus en plus commun, il est nécessaire de disposer d’un nombre de données plus important pour obtenir une meilleure intelligence (artificielle), qui elle-même crée plus de données pour devenir plus efficace, et ainsi de suite. C’est un cycle vertueux. De plus, les habitudes des utilisateurs deviennent de plus en plus compatibles avec les données.

Alors que nous continuons à consacrer plus de temps aux appareils numériques, à vivre dans des maisons et des villes intelligentes, à travailler dans des usines intelligentes, à rouler dans des véhicules autonomes et à être surveillés à distance pour les risques pour la santé, il est facile de voir comment la croissance des données explose.

En collaboration avec PWC, The Economist a noté en mai: «Les données sont à ce siècle ce que le pétrole a été au siècle dernier: un moteur de croissance et de changement... La croissance liée à l’intelligence artificielle fera augmenter le PIB mondial de 16 milliards de dollars d’ici 2030.» Le potentiel de l’économie de données est énorme.

Rechercher des opportunités au-delà des plateformes

Certaines des plus grandes entreprises d’infrastructure cloud font partie des plateformes historiques: Amazon Web Services, Google Cloud Platform, Alibaba AliCloud et Microsoft Azure. Ces entreprises jouissent d’avantages multiples, car elles disposent de données exclusives, peuvent se permettre d’employer des milliers et des milliers de spécialistes de l’intelligence artificielle et de l’e-learning, et ont la capacité d’utiliser les réseaux neuronaux artificiels par l’intermédiaire de leur propre infrastructure. Cela signifie qu’elles creusent davantage l’écart dans leur activité. Compte tenu de leur taille, il ne fait pas de doute qu’elles représentent les fers de lance de l’économie des données Il existe toutefois d’autres possibilités d’investissement, notamment dans les infrastructures, la mémoire et le stockage, et la cybersécurité.

Infrastructure

Tous les éléments de l’économie des données exigent que l’infrastructure soit mise en place avant que des choses vraiment passionnantes ne se produisent. Il ne peut y avoir de choses «intelligentes» sans connectivité, qu’il s’agisse de mobile ou de haut débit. La technologie 5G est une technologie potentielle, qui limite suffisamment la latence pour faciliter le fonctionnement des véhicules véritablement autonomes, nécessitant un spectre massif déployé à travers d’énormes tours cellulaires et de petites cellules à fibre optique.

Il ne fait aucun doute que la 5G sera l’un des principaux moteurs des revenus futurs liés à l’infrastructure, mais elle n’en est qu’à ses débuts. Les bénéficiaires les plus probables du côté de l’infrastructure comprennent les entreprises qui possèdent de grands centres de données, les tours de télécommunication et celles qui fournissent l’équipement de réseau spécifique visant à permettre la connectivité de masse.

Mémoire et stockage

Une fois qu’elles disposent de l’infrastructure nécessaire pour connecter et transmettre les données, les plateformes ont besoin d’un endroit pour les stocker, les traiter et les analyser. Dans la plupart des cas, les données devront être facilement disponibles pour être traitées par IA. Cela nécessite généralement un stockage non-volatile, notamment sur NAND et disque dur. Il existe également des technologies à forte intensité de calcul qui nécessitent une grande quantité de mémoire DRAM.

Pendant ce temps, à mesure que les véhicules autonomes deviennent plus répandus, il est facile d’envisager l’expansion de la mémoire à tout le véhicule. Un véhicule autonome aura probablement plus de quarante capteurs, caméras multiples, radars multiples, LIDAR (technologie de détection et de télémétrie par imagerie lumineuse) et aura besoin de vision par ordinateur pour rouler en toute sécurité. Cela équivaut à plus de quatre téraoctets de données créées par véhicule et par jour - une quantité de données similaire à celle qui serait produite par 60 iPhones.

Les fabricants d’équipements de mémoire et de stockage, ainsi que les entreprises qui fabriquent les composants de ces équipements, sont des bénéficiaires potentiels.

Cybersécurité

Si nous vivons à l’époque la plus innovante et la plus prospère de l’humanité, elle est aussi la plus dangereuse en matière de cybersécurité. Des milliards de personnes dans le monde entier sont prêtes à accepter le risque de mettre leurs informations personnelles sur Internet pour avoir accès à des plateformes technologiques.

Tandis que la valeur des données augmente, la sécurité devient un défi à mesure que des trillions de dispositifs sont utilisés sur de multiples réseaux Internet et de multiples systèmes cloud, pompant des données qui rebondissent à travers le monde en quelques millisecondes. Les violations majeures des données des utilisateurs pourraient avoir de graves conséquences pour les plateformes; en tant que telles, les entreprises de cybersécurité qui peuvent contribuer à réduire ce risque ont beaucoup à gagner.

Couple Rendement - Risque

Il ne fait aucun doute que nous sommes en train de changer de paradigme, passant de l’économie numérique au début de l’ère de l’économie des données. Les investisseurs à long terme pourraient trouver un bon couple rendement-risque en s’exposant à ce thème clé. Bien que nos habitudes numériques continueront probablement d’être desservies par les principales plateformes, ce qui devrait entraîner une hausse continue pour ces entreprises, il existe de nombreuses opportunités avec des valorisations attractives dans les domaines clés de l’économie des données: l’infrastructure, la mémoire et le stockage, et la cybersécurité.

Jason Bohnet 17 septembre
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