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La guerre commerciale « pourrait coûter 0,7 % de croissance à la Chine » dans le pire des scénarios

Une guerre commerciale prolongée entre les États-Unis et la Chine pourrait grever le taux de croissance du PIB chinois jusqu’à 0,7%, et avoir des effets sur la croissance américaine, selon Prashant Chandran de Western Asset, une filiale de Legg Mason.

M.Chandran – gérant du fonds Legg Mason Western Asset Macro Opportunities Bond (7,5 milliards de dollars d’actifs) aux côtés de Ken Leech, co-gérant et directeur des investissements de Western Asset – explique que le pire des scénarios, celui d’une guerre commerciale sans fin, affecterait les perspectives de croissance de façon plus substantielle en Chine qu’aux États-Unis.

«Dans le pire des scénarios, qui suppose une guerre commerciale prolongée et de nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis, nous ne prévoyons pas un atterrissage brutal de la Chine, mais le pays pourrait perdre 0,6 à 0,7% de son taux de croissance l’an prochain», indique-t-il.

«Cependant, un tel scénario ne se réalisera que si la Chine ne répond pas à de nouvelles mesures douanières par des initiatives d’investissement, par exemple des dépenses d’infrastructures.»

La guerre commerciale a eu des effets à la fois sur les marchés actions et obligataires tout au long de 2018. Les investisseurs craignent que la situation ne s’intensifie si Donald Trump sort victorieux des élections de mi-mandat début novembre, ce qui serait en mesure de renforcer son assise politique.

Vendredi, la Chine a rapporté un ralentissement de son taux de croissance au troisième trimestre (couvrant la période de juillet à septembre) à 6,5%, son résultat le plus faible depuis la crise financière mondiale.

M.Chandran, qui gère le fonds Legg Mason Western Asset Macro Opportunities Bond depuis son lancement en 2013, fait remarquer que les bons du Trésor américains ont enregistré une correction substantielle en raison des tensions commerciales et de l’accélération de la croissance aux États-Unis.

Alors qu’elles rapportaient 2,3% il y a un an, les obligations américaines de référence – les bons du Trésor à 10 ans – affichent désormais un rendement de 3,15%.

D’après lui, à de tels niveaux, les bons du Trésor américain envoient une fois encore des signaux d’achat, d’autant plus que l’inflation est contenue.

«Nous pensons que l’inflation américaine va rester contenue à l’approche de la nouvelle année et qu’en conséquence, à ces niveaux, il est intéressant d’acheter des bons du Trésor américain à 10 ans», ajoute-t-il.

«Alors que l’économie américaine fait cavalier seul pour l’instant, nous ne pensons pas que cette divergence pourra continuer, c’est pourquoi nous tablons toujours sur un aplatissement de la courbe aux États-Unis. En effet, au vu de nos prévisions d’inflation à long terme, le pays sera confronté à de nombreuses difficultés séculaires provenant de services comme Uber et Amazon.»

Prashant Chandran 29 octobre
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