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La Fed ne fera pas de cadeau pour Noël

La Réserve fédérale a poursuivi le resserrement de sa politique monétaire amorcée en 2015. La semaine dernière, la Fed a ainsi relevé son taux directeur à 2,125%. La Fed devrait de manière générale continuer cette augmentation avec une hausse de 0,25 point de pourcentage annoncée...

La Réserve fédérale a poursuivi le resserrement de sa politique monétaire amorcée en 2015. La semaine dernière, la Fed a ainsi relevé son taux directeur à 2,125%. La Fed devrait de manière générale continuer cette augmentation avec une hausse de 0,25 point de pourcentage annoncée pour sa réunion de décembre et encore trois ou quatre augmentations encore au cours de l’année prochaine. Cette fois-ci, la Fed ne peut pas se permettre d’offrir pour Noël une pause dans la hausse des taux.

La bonne performance de l’économie américaine s’est maintenue sur un temps record et une surchauffe transparaît dans certaines parties de l’économie. Le chômage est tombé à 3,8% - le même niveau qu’avant le changement de millénaire. Avant cela, le chômage n’avait jamais était aussi bas depuis les années 1960.

La contraction du marché du travail, la hausse de la consommation et les pressions sur les prix des importations augmentent le risque d’inflation. Les prix à la consommation augmentent maintenant à un rythme annuel de 2,7%. De plus, le président Trump a assoupli la politique budgétaire et l’économie tourne à plein régime.

Mais il y a aussi des signaux inquiétants

L’un des plus suivis par les marchés est la pente abrupte de la courbe des rendements. Les taux courts ont davantage augmenté que les taux longs. La différence est maintenant proche de zéro, ce qui laisse déjà présager un retournement de l’économie et même dans certains cas une récession.

La plupart des économistes prévoient un ralentissement de l’économie américaine en 2020. Toutefois, les anticipations de ralentissement peuvent s’auto-entretenir: lorsque la confiance baisse, la consommation diminue et les investissements sont reportés. Et ce revirement possible aura finalement un impact sur la politique monétaire.

Si la banque centrale envisageait un tel scénario, elle pourrait stopper le rythme actuel de hausse des taux. Ce serait alors une surprise, dans le bon sens du terme, pour les marchés et l’économie. Les cours des actions bénéficieraient d’un bon coup de pouce et la courbe des rendements pourrait ne pas se retrouver en territoire négatif. Cependant, une telle décision pourrait entraîner une possible surchauffe de l’économie, de sorte que la Fed passera certainement son tour sur cette opportunité pour le moment.

La hausse des cours du dollar implique des coûts de financement plus élevés pour tous ceux qui se financent en dollars. Aujourd’hui, les rendements plus élevés ont mis à rude épreuve de nombreuses économies émergentes endettées. La hausse des rendements en dollars oblige également à poursuivre les hausses de taux dans les pays prédisposés aux sorties de capitaux. Malheureusement, aucun espoir d’amélioration n’est en vue pour ces pays.

Aux Etats-Unis, l’augmentation des coûts de financement a précédemment conduit à l’augmentation des impayés et des défauts avec un décalage d’un à deux ans. Les problèmes se multiplient pour les entreprises fortement endettées et à croissance rapide. Les conditions deviennent ainsi plus difficiles pour elles.

Les États-Unis pourraient donc présenter des signes de retournement économique, mais il est encore trop tôt pour prédire une éventuelle récession. Au vu des conditions économiques actuelles, la politique de la Fed nous semble tout à fait justifiée.

Tomas Hildebrandt 11 octobre
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