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L'inflation, la FED, les taux et les actions

La première apparition de Jerome Powel devant le congrès américain semble très attendue par les marchés. Elle intervient à un moment clef où les Etats Unis bénéficient depuis 9 ans d’une croissance raisonnable (2.5% attendues en 2018 par la FED) et d’un taux de chômage au plus bas (4%).

La première apparition de Jerome Powel devant le congrès américain semble très attendue par les marchés. Elle intervient à un moment clef où les Etats Unis bénéficient depuis 9 ans d’une croissance raisonnable (2.5% attendues en 2018 par la FED) et d’un taux de chômage au plus bas (4%). Elle intervient aussi au moment où les investisseurs commencent à s’interroger sur le niveau élevé des valorisations actions.

La poursuite du relèvement des taux d’intervention de la Banque Centrale américaine doit s’opérer en douceur. C’est-à-dire en préparant les intervenants de marché sans que réapparaisse le spectre d’une chute boursière qui fragiliserait la croissance économique.

La correction intervenue fin janvier /début février montre que le changement de paradigme peut intervenir rapidement sur les marchés. Même si l’argument invoqué a souvent été celui des taux d’intérêt qui grimpent, c’est bien une problématique de valorisation qui se cache derrière ce mouvement apparemment furtif (le Nasdaq 100 a retrouvé en quelques jours ses plus hauts).

De manière singulière, le cycle économique actuel ne génère pas pour le moment de tensions inflationnistes. En dépit d’un taux de chômage réduit à 4%, les salaires progressent peu (+2.5% en 2017 pour l’Employement Cost Index). Même si les gains de productivités sont particulièrement faibles (+1.0% sur un an), l’impact sur les coûts unitaires du travail est limité (+1.5%). De fait, l’inflation sous-jacente (hors composantes volatiles) est réduite à +1.8% sur un an. Il n’y a donc pas de quoi s’inquiéter.

Et quand même l’inflation atteindrait les 2.5%, le patron de la FED de New York, William Dudley, nous indique le 11 janvier dernier qu’un léger et transitoire dépassement des 2% ne saurait être un problème. L’enjeu pour la FED sera de convaincre les marchés (obligataires) que l’objectif des 2% à long terme est tenu.

Une hausse des salaires un peu plus importante serait même bénéfique. Elle conforterait la consommation qui doit beaucoup à la baisse du taux d’épargne et permettrait de prolonger la reprise de l’investissement, d’améliorer la productivité et d’installer un nouveau cercle vertueux.

Les goulots d’étranglement sur le marché de l’emploi concernent uniquement les postes les plus qualifiés qui bénéficient de progressions importantes de leurs revenus. Mais leur nombre ne suffit pas à impacter les coûts de production. La FED devrait donc agir avec prudence….

François Jubin 1er mars
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