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L'enjeu reste la soutenabilité de la dette

Le retour du risque italien a bouleversé les arbitrages récents sur les marchés financiers. Le déficit budgétaire a été fixé à 2,4% du PIB pour 2019 mais aussi pour les deux années qui suivront.

Bien que ce niveau reste nettement en dessous de la cible de 3%, il est largement au-dessus de la demande du ministre des Finances Giovanni Tria de 1,6% (20 à 30 MM€ de dépenses supplémentaires en 2019) et il ne respecte pas la demande européenne d’un abaissement du déficit structurel. La pression exercée par Luigi di Maio a porté ses fruits et les deux partis au pouvoir ont obtenu des marges de manœuvre supplémentaires pour mettre en œuvre leurs promesses de campagne.

L’enjeu reste la soutenabilité de la dette, et à ce jour l’absence d’hypothèses du gouvernement en termes de croissance et d’inflation limite la capacité d’appréciation du risque budgétaire. Un déficit public à 2,4% sur trois années met en péril la trajectoire de dette, ce qui risque de conduire les agences de notation à dégrader la notation souveraine (alors que ces dernières anticipaient jusqu’à présent une dégradation du déficit plus contenue, par exemple -2,2% chez Fitch et -1,9% chez S&P en 2019).

Rappelons que, pour l’heure, l’Italie bénéficie d’une notation toujours deux crans supérieurs à la catégorie «non investissement» mais une dégradation, désormais possible, alimentera l’aversion au risque. Les prochaines révisions de la notation doivent intervenir d’ici la fin du mois d’octobre.

La véritable force de rappel à court terme pour Rome risque d’être l’attitude de ses créanciers.

690 MM€ de dettes italiennes sont détenues par des non-résidents et il est peu probable que les arbitrages budgétaires retenus aient leurs faveurs. A moyen terme, l’enjeu résidera surtout dans la capacité de l’Italie à retrouver une croissance et une inflation plus solide. En faisant ces choix budgétaires, l’Italie s’est mise à la merci du moindre vent contraire. Si toute l’économie de la zone euro reste dynamique l’année prochaine, alors la pression sera plus limitée. En cas de nouvelles turbulences, il serait en première ligne.

Le retour du risque politique en Italie, les incertitudes quant à l’issue du Brexit, la guerre commerciale initiée par D. Trump, nous conforte dans notre philosophie d’investissement basée d’une part sur l’identification des thèmes porteurs de l’économie mondiale et d’autre part sur des sociétés capable de faire progresser leur chiffre d’affaires, leur résultat opérationnel et leur génération de cash-flow grâce à leur positionnement sur des marchés en croissance.

Arnaud Cayla 9 octobre
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