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Joachim Fels & Nicolas Mai : « L'épidémie de coronavirus fait peser un risque de baisse sur les prévisions »

Joachim Fels, Managing Director, Conseiller Économique International de Pimco et membre du comité d’investissement et Nicola Mai, Executive Vice President au bureau de Londres se montrent prudents et sélectifs dans le contexte actuel du marché.

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Quelles sont vos prévisions économiques pour l’Europe, les Etats-Unis et l’Asie en 2020?

Joachim Fels & Nicolas Mai: Nous nous attendons à ce que l’économie mondiale reprenne progressivement en 2020 grâce à l’amélioration des conditions du commerce mondial et à l’assouplissement monétaire. A fin décembre, nous anticipons une croissance d’environ 1,5 à 2% aux États-Unis et d’environ 1% en zone euro. La Chine, en revanche, continue de ralentir, pour atteindre 5,5%. L’épidémie de coronavirus qui sévit depuis janvier fait peser un risque de baisse sur les prévisions à la marge, en particulier en Asie.

L’environnement de taux bas est-il amené à durer, notamment en Europe? Quid de l’inflation? Peut-on parler d’un scénario de Japonisation de l’Europe?

Nous constatons que l’environnement de faible croissance, faible inflation et taux bas se poursuit en Europe. Comme le Japon, la zone euro souffre d’une démographie faible et d’un niveau d’endettement élevé. Elle est particulièrement exposée à une "japonisation".

Peut-on dire que les marchés actions et obligataires sont en pleine bulle?

Les valorisations des actifs risqués semblent élevées, soutenues par les injections de liquidités des banques centrales. Nous y voyons une raison d’être prudent et sélectif lorsqu’on prend des risques dans le contexte actuel du marché. Les rendements des obligations sont aussi à un point bas historique, en partie dû à la baisse «séculaire» des taux d’équilibre, tendance qui devrait se poursuivre compte tenu des fondamentaux comme la démographie, les niveaux élevés d’endettement et les faibles pressions inflationnistes.

Faut-il s’inquiéter du déficit budgétaire américain? Les élections américaines sont-elles un risque pour les marchés?

Les élections américaines pourraient être un catalyseur de volatilité sur les marchés à court terme, notamment car les candidats en présence ont des visions économiques assez radicales. Concernant le déficit, le marché continuera probablement à absorber les émissions du Trésor pour le moment, car les bons du Trésor restent incontestablement l’actif sûr au niveau mondial. À long terme, l’augmentation de la dette américaine pourrait être un problème, mais il est peu probable qu’elle soit une source d’instabilité pour le moment.

Quels risques pèsent sur les marchés financiers actuellement et quelles sont les classes d’actifs à favoriser? Faut-il investir massivement dans l’or?

Une grande incertitude politique au niveau mondial, une économie chinoise fortement endettée et une augmentation continue de l’endettement des entreprises aux États-Unis sont, entre autres, des risques que nous surveillons de près. D’une manière générale, nous mettons l’accent sur l’importance d’être sélectif dans la prise de risque et d’investir dans des noms et des secteurs sur lesquels nous avons des convictions fortes (le logement américain et les banques globales étant des domaines importants à cet égard). Dans un environnement incertain, l’or peut présenter un bon risque de couverture.

RF 11 février

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