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Il est temps pour les investisseurs de repenser leur allocation en actions européennes.

Nous pensons que les entreprises générant une performance économique structurellement supérieure au coût de leur capital vont surperformer à mesure que la prime de risque va décroître en Europe continentale. Un exemple est offert par la santé...

La ‘décennie perdue’ de l’Europe en matière de prospérité économique a été un sujet d’inquiétude pour les investisseurs depuis quelque temps. L’incertitude géopolitique, le spectre de la crise financière et de la crise de la zone euro, ainsi que des perspectives de croissance faible ont tous joué leur rôle dans la perte d’appétit des investisseurs pour les actions européennes. Mais nous pensons que le paysage a changé – le retour de la croissance européenne, l’amélioration du climat des affaires et la politique monétaire accommodante sont les indicateurs d’une dynamique positive pour l’investissement et ne sont pas encore pris en compte dans les valorisations toujours attrayantes des actions européennes.

Cette opportunité d’investissement grandissante est aussi en partie attribuable aux changements intervenus dans la dynamique politique. Les craintes des investisseurs d’une déferlante populiste aux élections autrichiennes, néerlandaises et françaises se sont révélées infondées, tout comme les inquiétudes autour du Brexit, du moins concernant l’Europe continentale. Pendant ce temps, le stimulus fiscal anticipé aux USA sous l’administration Trump n’a pas encore eu lieu à ce jour.

Nous pensons que les actions US ont peu de chance d’aller plus haut et, étant données les difficultés législatives auxquelles le président Trump a dû faire face au cours des 100 premiers jours de son mandat, nous n’envisageons pas de stimulus significatif avant la mi-2018, ce qui renforce encore le cas d’investissement des actions européennes.

Un écart de valorisation

À notre sens, les actions US sont à présent surévaluées. Alors que les solides fondamentaux et la croissance ne sont toujours pas valorisés dans les actions européennes, les investisseurs appliquent toujours une prime de risque actions élevée en Europe, par comparaison avec les USA[1]. Ils acceptent aujourd’hui de payer une prime de 4% pour détenir des actions américaines, par contraste avec les 7% appliqués aux actions européennes. Cet écart s’est élargi après la crise de la dette souveraine en Europe et n’a pas été refermé depuis, malgré le solide rebond de l’économie européenne, ainsi que nous l’avons dit plus haut.

Le PIB réel de la zone euro a cru pendant 16 trimestres consécutifs, progressant de 1,9% au premier trimestre 2017 par rapport à la période comparable de 2016[2]. L’Italie a connu une croissance annualisée proche de 1% depuis maintenant deux ans, tandis que la croissance portugaise a connu un niveau impressionnant de 4% au premier trimestre (en annualisé). La plupart des pays de la zone euro affichent aujourd’hui des indice PMI (purchasing managers’ indices) supérieurs à 55, ce qui serait cohérent avec une croissance annualisée du PIB autour de 3%[3]. Le récent rebond est de très bonne qualité et nous pensons qu’il a des chances de continuer à être soutenu par une Banque centrale européenne (BCE) toujours accommodante.

La reprise économique européenne est aussi largement diffusée et nous estimons qu’elle offre diverses opportunités, contrairement au marché actions US, bien plus concentré. Aux USA, près de 80% de la performance du marché depuis le début de l’année 2017 est le fait du seul top 10% des contributeurs. À titre d’illustration, les fameux FAANG - Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google représentent à peu près 11% de la capitalisation de l’indice S&P 500[4] – ont contribué à peu près à un tiers de la performance du S&P 500. Au contraire, la performance en Europe, et dans les marchés émergents, est distribuée de manière beaucoup plus large, de nombreux secteurs offrant de la valeur. Dès lors, il n’est guère étonnant de voir augmenter l’intérêt des investisseurs pour les marchés actions de ces deux zones[5].

Viser le meilleur de l’Europe

Nous pensons fermement que les sociétés qui ont un modèle économique stable et offrent une résistance dans un environnement économique changeant offrent les meilleures opportunités en Europe. Certains secteurs bénéficiant de la demande domestique se comporteront particulièrement bien, de notre point de vue. Cela inclut le secteur des services professionnels et celui de la consommation discrétionnaire, qui balaie un large spectre allant de l’automobile au textile en passant par le luxe.

Nous pensons que les entreprises générant une performance économique structurellement supérieure au coût de leur capital vont surperformer à mesure que la prime de risque va décroître en Europe continentale.

Un exemple est offert par la santé - particulièrement les entreprises offrant des services de soin ou des équipements – dont nous pensons qu’il offre une opportunité de valorisation, tandis que les valeurs industrielles disposant de solides franchises et de bonnes parts de marché devraient bénéficier du rebond du marché. Le secteur financier, cependant, qui représente environ 25% du marché, doit faire l’objet, selon nous, d’une attention particulière de la part des investisseurs, lorsqu’ils y investissent. Certaines banques offrent de réelles opportunités, avec un ancrage fort sur des marchés précis, tandis que d’autres réduisent leurs activités et sont focalisées sur les restructurations, ce qui fait que le secteur est tout sauf homogène.

Il y a aussi en Europe plus de sociétés exposées aux marchés émergents qu’aux États-Unis, ce qui offrent un avantage indirect. Comme l’Europe, certaines des principales économies émergentes se reprennent fortement, particulièrement dans les secteurs à dominante domestiques qui bénéficient de la reprise cyclique.

En dépit de cette solide croissance du PIB, de la baisse du chômage et de l’optimisme du monde des affaires, les investisseurs n’ont pas encore pris en compte le rebond du cycle en cours en Europe.

Nous pensons que ce rebond entraînera celui du retour sur investissement des sociétés européennes, donc leur revalorisation. La ‘décennie perdue’ de l’Europe est achevée. Nous en avons amplement la preuve et les investisseurs devraient saisir cette opportunité.

Didier Rabattu 17 octobre
Notes

[1] Lombard Odier Investment Managers “A Conviction for Quality: Equity investing in a Post-Truth World” juin 2017

[2] BCE, “Europe’s Economic Recovery And Implications for Monetary Policy: Speech by Peter Praet” Dernière mise à jour le 6 juillet: https://www.ecb.europa.eu/press/key...

[3] Perspectives globales, Lombard Odier Investment Managers “Europe Enters a Sweet Spot for a Change”, mai 2017

[4] Lombard Odier Investment Managers “A Conviction for Quality: Equity investing in a Post-Truth World”, juin 2017 (au 26 mai 2017)

[5] Lombard Odier Investment Managers “A Conviction for Quality: Equity investing in a Post-Truth World”, juin 2017

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