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Fusions-acquisitions 4ème trimestre 2016 : opérations en baisse mais performances en hausse

Selon le dernier Observatoire trimestriel des fusions-acquisitions de Willis Towers Watson (Quarterly Deal Performance Monitor, QDPM), le nombre d’opérations de M&A a nettement ralenti au 4ème trimestre 2016, mais celles qui ont été finalisées ont été très performantes (+0,4 pp par rapport à l’indice)...

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Selon le dernier Observatoire trimestriel des fusions-acquisitions de Willis Towers Watson (Quarterly Deal Performance Monitor, QDPM), le nombre d’opérations de M&A a nettement ralenti au 4ème trimestre 2016, mais celles qui ont été finalisées ont été très performantes (+0,4 pp par rapport à l’indice)[1]. Depuis le début de l’année, les acquéreurs ont ainsi surperformé l’indice de 5,4 pp.

Réalisée en partenariat avec la Cass Business School, cette étude montre qu’au 20 décembre 2016, 201 opérations avaient été conclues, contre 307 au 4ème trimestre 2015.

Maud Mercier, Directrice de l’activité Global Solutions and Services chez Willis Towers Watson France, commente: «Le volume des opérations a baissé dans le monde entier, en premier lieu en Amérique du Nord et en Europe. Ces résultats suggèrent que, malgré les faibles taux d’intérêt qui encouragent les entreprises à lever des capitaux pour financer des fusions-acquisitions, les incertitudes économiques post-Brexit et pré-élections américaines les ont poussées à attendre avant de se lancer dans de nouvelles opérations.»

«La baisse des performances par rapport aux trimestres précédents indique que dans le contexte économique actuel, les marchés sont plus prudents en matière de fusions-acquisitions. En outre, la complexité des opérations transfrontalières, par rapport aux opérations domestiques, et la taille accrue des transactions allongent la durée d’intégration et obligent les marchés à attendre davantage avant de soutenir une opération. Précisons cependant que les acquéreurs continuent malgré cela de répliquer des indices bien supérieurs au marché et de tirer des opérations finalisées de solides performances.»

Sur le plan régional, l’étude révèle que les acquéreurs nord-américains sont les plus actifs, avec 84 opérations et une performance de marché supérieure de 0,04 pp à l’indice régional, des chiffres toutefois inférieurs au trimestre précédent. Dans la région Asie-Pacifique, les performances ont sensiblement baissé et dépassent à peine l’indice régional (0,3 pp), mais le nombre d’opérations finalisées au 4ème trimestre 2016 a légèrement augmenté par rapport au trimestre précédent. En revanche, les acquéreurs européens ont sous-performé de -4,3 pp au 4ème trimestre 2016, après avoir surperformé l’indice régional de plus de 11,6 pp au trimestre précédent.

Pour Maud Mercier, «Cette baisse des volumes et des performances en Europe est intéressante. Dans la mesure où l’étude se penche sur les opérations finalisées, ce repli pourrait s’expliquer par l’absence d’activité juste après le référendum sur le Brexit et, dans une moindre mesure, avant les élections américaines. Certes, la surprise et l’incertitude qui en a découlé ont peut-être incité les entreprises à attendre avant de s’engager dans des opérations. Pour autant, le nombre d’opérations en Amérique du Nord indique que la confiance dans l’activité de M&A n’a pas été entamée après les élections, tandis que les marchés boursiers sont restés performants.»

D’après l’analyse sectorielle, les secteurs biens et services de consommation, services financiers, santé, high-tech, matériaux et télécommunications sous-performent tous leur indice respectif. Mais dans les résultats globaux pour 2016, tous les secteurs ont surperformé leur indice, à l’exception des secteurs énergie et électricité, high-tech et télécommunications.

Maud Mercier commente: «Cette année, presque tous les secteurs affichent une tendance positive en matière de performances des fusions-acquisitions, signe que la domination du secteur pharmaceutique dans ces opérations est peut-être derrière nous. Les M&A sont devenues un moyen courant de rechercher de la croissance et de générer une rentabilité plus importante que dans les autres stratégies de croissance.»

Dans les opérations de grande taille, domestiques, intrarégionales, intersectorielles et lentes, les performances ont baissé au 4ème trimestre 2016 et sont nettement inférieures à celles du 3ème trimestre 2016 et du 4ème trimestre 2015. La tendance s’est inversée pour les transactions de moyenne taille, très grande taille, transfrontalières, interrégionales, intersectorielles et rapides, qui ont sous-performé le marché ce trimestre, bien que depuis le début de l’année, tous les types d’opération aient surperformé.

«Ce trimestre subit un ralentissement naturel après la hausse du nombre d’opérations finalisées au troisième trimestre, les entreprises ayant profité des faibles taux d’intérêt et décidé d’agir avant les élections américaines. Cependant, nous devons éviter de tirer des conclusions à partir des résultats d’un seul trimestre. Nous sommes entrés dans une période de grande incertitude économique et il est normal que les entreprises soient plus prudentes. Mais la chance sourit aux audacieux, et avec une surperformance moyenne de 5,8 pp sur trois ans, les M&A restent une activité très intéressante à envisager pour les entreprises.»

Surperformance des acquéreurs par rapport à l’indice[1], par type d’opération, en points de pourcentage

Surperformance des acquéreurs par secteur, ajustée à l’indice sectoriel MSCI en points de pourcentage

Next Finance 9 janvier

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P.-S.

Méthodologie de l’Observatoire trimestriel des fusions-acquisitions Towers Watson

· Toutes les analyses sont faites du point de vue de l’acquéreur.

· La performance du cours de l’action est mesurée en pourcentage de variation au cours de la période allant de six mois avant la date d’annonce de la transaction à la clôture du trimestre.

· Ont été exclues de l’étude les acquisitions de participations minoritaires (lorsque l’acquéreur détenait moins de 50% du capital de la cible à l’issue de l’opération). Ont été également exclus les soldes de participation (lorsque l’acquéreur détenait plus de 50% du capital de la cible avant l’acquisition).

· Seules les opérations finalisées d’une valeur d’au moins 100 millions USD ont été incluses à cette étude.

· Les données relatives aux transactions proviennent de Thomson Reuters.

Notes

[1] L’indice MSCI World est utilisé par défaut

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