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Flirts et coronavirus

Le confinement pour cause de coronavirus impacte (et va impacter) comme je l’écris très souvent l’économie et en particulier de nombreux secteurs. On songe en premier lieu au secteur des services avec la fermeture des restaurants, la baisse de fréquentation des hôtels ou encore l’immobilisation de nombreuses compagnies aériennes.

Le confinement pour cause de coronavirus impacte (et va impacter) comme je l’écris très souvent l’économie et en particulier de nombreux secteurs. On songe en premier lieu au secteur des services avec la fermeture des restaurants, la baisse de fréquentation des hôtels ou encore l’immobilisation de nombreuses compagnies aériennes. Il y a cependant un secteur qui ne connaît actuellement pas la crise: les rencontres en ligne. Véritable industrie en plein essor puisque de plus en plus de gens se tournent vers Internet pour trouver l’amour. Les entreprises de médias sociaux ont identifié cette croissance et s’efforcent d’offrir des expériences de rencontres en ligne qui plaisent à presque tous les consommateurs. Synthèse et analyse d’un thème que nous avons déjà abordé par le passé, mais qui est aujourd’hui littéralement dopé par l’arrivée du coronavirus.

a. Les faits

Fini les agences matrimoniales, aujourd’hui, pour véritablement multiplier les possibilités de rencontres amoureuses, on se tourne vers Internet. Pratiques, rapides et ludiques, les sites de rencontres mettent en contact des millions de célibataires.

Des sites de rencontres sur le Net permettent d’être mis en relation avec des millions de personnes. Un vrai phénomène de société donc, malgré les tabous qui entourent encore cette pratique.

Le nombre de couples se rencontrant en ligne a plus que doublé au cours de la dernière décennie pour atteindre environ 1 sur 5. De nos jours, vous êtes beaucoup plus susceptible de rencontrer votre prochain partenaire en ligne que par l’intermédiaire de votre famille ou de vos collègues de travail.

Aujourd’hui il y a plus de chance de rencontrer un partenaire en ligne (19%) qu’à travers un ami (17%) ou dans un bar (15%). Si dans les années 60 vous pouviez parier sur votre famille (14%), aujourd’hui c’est obsolète (6%).

b. Le coronavirus et les rencontres

L’arrivée du coronavirus a dopé la demande pour ce genre de rencontres. Avec le confinement, les rencontres réelles sont à proscrire et certaines applications de dating observent une nette hausse de leur fréquentation et des échanges. Interrogés par la rédaction Des Numériques au tout début du confinement, les services de communication de ces entreprises étaient encore timides à divulguer leurs chiffres.

Tinder, a cependant fait savoir que le dimanche 29 mars a été le jour le plus faste de son existence, enregistrant son plus grand nombre de Swipes quotidiens, avec plus de 3 milliards d’interactions de ce genre.

Tinder a également fait savoir que les conversations quotidiennes avaient augmenté en moyenne de 20% au niveau mondial et que leur durée a suivi dans les mêmes proportions (+25% en moyenne).

Dans l’Hexagone, la tendance est la même, avec des conversations quotidiennes qui augmentent de 23% et qui durent 23% plus longtemps. Plus étonnant, Tinder explique avoir constaté “une augmentation de 10 à 30% de termes bienveillants dans les bios de nos membres”. Parmi eux, on trouve des “Restez chez vous”, “Fais attention à toi”, “distanciation sociale”, “comment ça va”, “Lavez-vous les mains” et même “papier toilette”, aussi étonnant que cela puisse paraître.

Chez Meetic, on essaie même de nouveaux formats. Le site de rencontres en ligne fait lui aussi état d’une croissance de 10% des messages échangés à date du 24 mars.

c. Des statistiques impressionnantes

L’Université de Stanford a publié une étude complète sur le sujet qui illustre un changement radical dans la façon dont les couples se rencontrent et démontre comment nos nouvelles habitudes de communication entraînent une croissance massive sur le marché des rencontres en ligne.

On y apprend entre autres que la croissance de ce type de rencontre va de pair avec l’essor des applications de rencontres qui n’imposent plus des profils trop compliqués et garantit (c’est paradoxal) une certaine discrétion (il n’y a plus besoin d’aller dans une agence par exemple). En 2017, Tinder (qui a doublé son chiffre d’affaires en 2018 à 805 millions de dollars) comptait 57 millions d’utilisateurs actifs dans le monde et des milliards de consultations par jour.

Par ailleurs le segment de rencontre en ligne c’est aussi:

  • Le chiffre d’affaires devrait afficher un taux de croissance annuel (CAGR 2019-2023) de 4,2%
  • Le taux de pénétration des utilisateurs est de 4,6% en 2019 et devrait atteindre 5,2% d’ici 2023.
  • Le revenu moyen par utilisateur (ARPU) s’élève actuellement à 4,90 dollars.

Les investisseurs sont, on le comprend, attentifs à ce marché en plein essor.

d. Quels sont les leaders du secteur?

Aujourd’hui, presque toutes les principales applications de rencontre appartiennent au groupe Match Group, créée par un conglomérat du nom d’IAC. Le groupe a déclaré des revenus de 547.2 millions de dollars au quatrième trimestre 2019 et possède notamment des services de rencontres en ligne populaires comme OkCupid, Plenty of Fish, Hinge ou encore Meetic en Europe et Eureka au Japon. Match Group détient aujourd’hui près de 45% de ce marché et a fait plus de 25 acquisitions dernièrement. En 2017, Match Group a tenté d’acquérir son dernier grand concurrent, Bumble - qui avait atteint plus de 23 millions d’utilisateurs en seulement trois ans - pour 450 millions de dollars. Bumble a rejeté l’offre et, l’année suivante, Match Group poursuivait Bumble pour contrefaçon de brevet.

En mai 2018, Facebook annonçait l’intégration prochaine d’une plate-forme de rencontres dans son réseau social pour bâtir des «relations durables, pas seulement des plans d’un soir». Appelé «Dating» ce service sera intégré à Facebook et ne nécessitera pas l’installation d’une nouvelle application ou la création d’un nouveau compte. Mais Facebook se veut rassurant: le profil servant aux rencontres sera séparé du profil classique.

En clair, les amis ne pourront rien voir des activités de l’utilisateur ou de l’utilisatrice dans le contexte de Dating. Avec plus de 2 milliards d’utilisateurs actifs, le premier réseau social au monde part avec un énorme avantage. D’autant plus qu’un certain nombre d’applications concurrentes, comme Tinder, se fondent sur Facebook pour fonctionner.

Enfin, on peut aussi parier sur les plus petits concurrents de «niche» tels que JDate.com et ChristianMingle.com (sous le nom LOV.US aux États-Unis).

Enfin dans une proposition alternative on peut citer Meet Group côté sur le Nasdaq (MEET US).

e. Synthèse

Le sujet peut faire sourire, mais les rencontres en ligne sont un marché en pleine expansion qui devrait croître fortement ces prochaines années. Thématique d’investissement forte, variée et qui ne craint pas la récession…

John Plassard 9 avril
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