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FERRARI : Le prix du rêve

Rareté du produit, absence de perte de valeur au cours du temps, résilience de l’activité à toutes les crises… FERRARI présente toutes les caractéristiques d’une valeur obéissant aux critères du Pricing Power. Avec en prime un PER abordable au regard de ses perspectives bénéficiaires.

«Les rêves sont les parents du désir» affirmait Sacha Guitry Aujourd’hui, le désir chez beaucoup de fortunés, nés de leurs rêves d’enfants, a un nom: FERRARI. Rarement une marque n’aura incarné à elle seule le mythe et les fantasmes. A ce titre FERRARI est aujourd’hui davantage une société de luxe qu’un constructeur automobile.

Coté en bourse depuis un peu plus d’un an, la marque au cheval cabré a toutes les caractéristiques du PRICING POWER. Les clients sont souvent exclusifs et possèdent plusieurs modèles. Ils raisonnent fréquemment comme des collectionneurs et représentent une grande stabilité pour la société. Les plus aisés d’entre eux sont candidats à l’achat des «supercars», modèles uniques vendus à plus d’un million d’euros et dont la marge est supérieure à 40% (contre 20% en moyenne pour le groupe FERRARI et, par exemple, 11% pour MERCEDES). Il se vend tous les quatre ans 500 «supercars» FERRARI dans le monde. Il existe ensuite des séries spéciales, de quelques dizaines d’unités, vendues beaucoup plus chères que le premium et sur lesquelles la marge est importante. Enfin, pour ce qui est du premium, les clients sont peu regardants sur les options, en acceptant le plus souvent l’ensemble des améliorations, ce qui fait passer le prix moyen d’un modèle de 200.000 euros à 235.000 euros.

Les caractéristiques du PRICING POWER tiennent également, à l’instar d’une société comme HERMES, au délai d’attente que les clients doivent supporter pour acquérir un modèle (12 à 36 mois). Ce délai explique entre autres le succès du marché de l’occasion ou l’immédiateté est la norme.

Un acheteur de FERRARI a la quasi certitude que son véhicule ne perdra pas de valeur et pourra, le cas échéant, être revendu au même prix ou même plus cher, selon les modèles.

Un autre aspect du PRICING POWER de FERRARI est la résilience de l’activité à toutes les crises. En 2009, pire année pour l’industrie automobile (-30% pour les ventes globales) FERRARI n’a vu ses ventes baisser que de 7%. Par ailleurs, la marque italienne réalise son chiffre d’affaires essentiellement en Europe et en Amérique. Le potentiel de l’Asie, zone encore mineure, est important. Aujourd’hui les ventes annuelles sont de 7800 véhicules dans le monde. FERRARI fournit également les moteurs pour MASERATI dont l’activité est en forte hausse. Il faudra néanmoins surveiller la confirmation de cette progression, et son impact sur le groupe.

Le problème de la pollution générée par les FERRARI ne doit pas être exagéré. S’il est vrai que de tels véhicules sont largement plus polluants que la moyenne, il n’en demeure pas moins que, dans l’ensemble, les kilomètres parcourus sont bien moindres, ce qui compense largement. En outre l’Union Européenne a récemment indiqué qu’elle tenait compte du nombre de véhicules produits et elle n’a sanctionné FERRARI que d’une amende de 415.000 euros. Jusqu’à 10.000 modèles vendus par ans elle devrait rester bienveillante.

Toutes ces caractéristiques nous ont incités à entrer FERRARI dans le fonds AMPLEGEST PRICING POWER pour une taille importante. Les ratios financiers du groupe se rapprochent de ceux des grandes industries du luxe, avec une marge d’EBITDA de 27%.

En revanche le prix boursier est nettement inférieur à une société comme HERMES à laquelle il peut être comparé: le PER courant de Ferrari est de 24 fois, contre 35 fois pour le champion du luxe. La force du groupe, ses perspectives bénéficiaires, l’aspect unique de sa marque qui permet de développer des produits dérivés (comme les parcs d’attraction FERRARI qui ne coûtent rien et rapportent des fees), le côté très secondaire du prix pour les acheteurs potentiels: tout contribue à faire de FERRARI un véhicule important d’AMPLEGEST PRICING POWER.

Gérard Moulin 24 janvier
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