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Etendre et prétendre

Dimanche dernier, le président Trump a prolongé l’accalmie sur les marchés en confirmant sur Twitter sa volonté d’étendre au-delà du 1er mars la date limite pour la hausse des droits de douane sur 200 milliards de dollars de marchandises chinoises. Il s’est abstenu de mentionner une nouvelle date limite...

Dimanche dernier, le président Trump a prolongé l’accalmie sur les marchés en confirmant sur Twitter sa volonté d’étendre au-delà du 1er mars la date limite pour la hausse des droits de douane sur 200 milliards de dollars de marchandises chinoises. Il s’est abstenu de mentionner une nouvelle date limite, ainsi que de donner la moindre précision sur les «progrès importants» accomplis dans les négociations entre les deux plus grandes économies du monde. Reste à voir si Trump réussira à arracher les concessions demandées au gouvernement chinois. Mais nous pouvons être sûrs qu’il s’efforcera de générer des nouvelles positives en lien avec ses promesses de campagne initiales, en vue de se faire réélire en 2020.

Eviter la menace d’un nouveau cycle de relèvement des droits de douane serait une bonne nouvelle pour les consommateurs américains ainsi que pour l’économie chinoise.

La semaine dernière, la Réserve fédérale américaine (Fed) a donné un nouveau coup de pouce à l’humeur du marché en annonçant son intention de freiner la réduction de son programme d’assouplissement quantitatif (QE). L’approche de la Fed, qui reste donc accommodante, est saluée par les investisseurs, lesquels redoutaient que la poursuite des hausses de taux et la contraction du bilan de la Fed ne mettent fin au cycle économique américain et n’assèchent les liquidités. En tentant de réduire son bilan, qui s’était gonflé dans le sillage de la crise financière, la Fed avait déclenché une vague de ventes sur les marchés mondiaux. Depuis qu’elle a opté pour une attitude plus accommodante, les marchés à haut rendement ont nettement rebondi par rapport au début de l’année, notamment aux Etats-Unis.

Nous privilégions toujours la qualité dans l’univers du revenu fixe et sommes particulièrement prudents à l’égard du haut rendement des marchés développés, dont les fondamentaux continuent de se détériorer.

En Europe, les données et indicateurs nous incitent à plus de prudence en matière d’actifs risqués. L’économie allemande a évité de justesse la récession au quatrième trimestre, alors que l’indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier allemand (PMI) a plongé en territoire de contraction (en dessous de 50 points), à la suite d’un repli des exportations. La situation est toutefois meilleure sur le marché intérieur, le PMI du secteur des services s’étant fortement redressé depuis le début de l’année. C’est tout le contraire pour la France, la deuxième économie de la zone euro après l’Allemagne. Le PMI du secteur manufacturier français est repassé en territoire d’expansion (au-dessus de 50 points) en février, alors que le PMI du secteur des services reste inférieur à ce seuil, bien qu’il ait récemment amorcé un retour vers une tendance haussière.

En raison de ces signaux contradictoires et d’une incertitude persistante, nous demeurons, jusqu’à nouvel ordre, prudents et neutres à l’égard des actions mondiales.

Cesar Perez Ruiz 27 février
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