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Donald Trump revient au centre de l'attention des investisseurs obligataires

D’après Kommer van Trigt, responsable de l’équipe Global Fixed Income Macro de Robeco, dans un contexte marqué par une expansion de la croissance économique et des marchés en hausse, les banques centrales devraient poursuivre la normalisation progressive de leurs politiques. Les bons du Trésor américain et la dette émergente locale offrent des poches de valeur.

L’absence d’inflation salariale ne devrait pas empêcher les investisseurs en obligations d’être vigilants. D’après Kommer van Trigt, responsable de l’équipe Global Fixed Income Macro de Robeco, dans un contexte marqué par une expansion de la croissance économique et des marchés en hausse, les banques centrales devraient poursuivre la normalisation progressive de leurs politiques. Les bons du Trésor américain et la dette émergente locale offrent des poches de valeur.

  • La vigueur de l’économie et le projet fiscal de Donald Trump ont fait grimper les rendements obligataires américains
  • Le cycle arrivant à maturité, nous conservons une approche prudente à l’égard des crédits
  • La dette émergente locale continue d’offrir de la valeur

Les rendements obligataires américains ont augmenté pour passer dans la partie supérieure de la fourchette de négociation étroite de cette année (2% - 2,6%). Selon Kommer van Trigt, les chiffres solides sur l’activité économique et l’hypothèse selon laquelle l’ambitieux plan de réduction d’impôts de Donald Trump portera ses fruits et stimulera la croissance et l’investissement ont été à l’origine de cette évolution. Pour le moment, l’économie américaine continue de progresser à un rythme de croissance de 2 à 2,5% tout comme elle l’a fait ces dernières années. Cependant, une avancée à Washington pourrait faire se profiler à l’horizon une croissance de l’ordre de 3%. «Cela n’est toutefois pas notre scénario de base», déclare Kommer van Trigt. Il ajoute qu’il y a aussi la question de savoir qui sera le nouveau président de la Réserve fédérale. Les candidats envisagés par Donald Trump ont des profils assez divergents, ce qui par conséquent aura des répercussions différentes sur les marchés. Il faut par ailleurs bien évidemment tenir compte du caractère imprévisible de la réaction du président américain vis-à-vis de la Corée du Nord.

Sur le plan de l’inflation mondiale, le grand débat qui consiste à savoir pourquoi les faibles taux de chômage (ou en baisse) ne se traduisent pas par des hausses de salaires se poursuit, tandis que les données actuelles ne font pas encore état de pressions significatives sur les prix. «Il ne faut toutefois pas prendre pour acquis que l’inflation salariale restera à jamais dormante», indique Kommer van Trigt. Il explique que le dernier rapport sur le marché du travail américain a laissé entrevoir des signes de renforcement des pressions salariales sous-jacentes. Les investisseurs en obligations devraient ainsi faire preuve de vigilance et de flexibilité.

Selon Kommer van Trigt, il semble logique que les banques centrales poursuivent la normalisation progressive de leurs politiques, la croissance économique mondiale étant orientée à la hausse et le sentiment de marché optimiste. «Tant que l’inflation reste limitée, elle dispose d’une marge de manœuvre pour le faire sans que l’environnement des taux d’intérêt ne soit trop perturbé.»

Une préférence pour les bons du Trésor américain et les obligations allemandes à longue échéance

Kommer van Trigt continue de privilégier les bons du Trésor américain par rapport aux Bunds allemands, une préférence fondée sur la valorisation. Il explique que d’un point de vue historique, le spread de rendement entre ces deux régions est élevé. La compression des rendements sur les marchés obligataires des principaux pays européens les rend peu attractifs par rapport aux obligations américaines en termes de risque-rendement (après couverture de change). Son équipe prévoit une convergence des rendements entre les États-Unis et l’Allemagne. «Nous avons également renforcé notre exposition aux taux d’intérêt sur les obligations allemandes à 30 ans au détriment de celles à 10 ans. Cette partie de la courbe est vraiment pentue, également par rapport à d’autres marchés d’obligations d’État à notation élevée.»

La dette émergente locale constitue une poche de valeur

Alors que de nombreux segments obligataires semblent onéreux, la dette émergente locale continue, selon Kommer van Trigt, d’offrir de la valeur. Il explique que le dernier resserrement monétaire et une baisse de l’inflation dans un grand nombre de pays émergents ont rendu les rendements réels attractifs par rapport aux marchés développés. Plusieurs banques centrales assouplissent actuellement leur politique monétaire et son équipe a renforcé l’exposition à certains de ces marchés, dont l’Indonésie et le Brésil (avec couverture de change dans le cas du dernier). L’équipe reste également optimiste quant aux taux locaux du Mexique (avec couverture de change). Les afflux de capitaux continuels vers cette classe d’actifs sont favorables et les flux entrants cumulés sont encore inférieurs au pic d’avant le «tapering».

Kommer van Trigt est d’avis que la perspective d’un durcissement monétaire aux États-Unis est le principal risque à surveiller. Une politique plus agressive de la part de la Fed pourrait en effet conduire à des déceptions. Une position plus optimiste à l’égard des obligations d’État espagnoles et un maintien du pessimisme vis-à-vis de l’Italie.

L’équipe a changé d’opinion sur les obligations d’État espagnoles. Celle-ci est passée d’un positionnement prudent à une position optimiste. «Nous sommes confiants quant aux fondamentaux de l’Espagne et l’élargissement de spread qui a suivi le référendum en Catalogne offre un bon point d’entrée.» S’agissant des obligations d’État italiennes, l’équipe conserve une position sous-pondérée, la situation politique étant susceptible de se détériorer prochainement à mesure que les partis politiques commenceront à faire campagne en vue des élections législatives début 2018. Le premier obstacle sera les élections régionales en Sicile début novembre. Les sondages indiquent en effet que le mouvement populiste M5S y est largement en tête.

Le cycle de crédit arrive à maturité, nous conservons une attitude prudente

Une solide croissance économique et une inflation modérée sont favorables aux crédits. Néanmoins, les valorisations sont devenues encore plus riches. Kommer van Trigt estime que le crédit High Yield est le segment le plus onéreux, tant en termes absolus que par rapport à la catégorie Investment Grade. «L’histoire montre toutefois que dans la phase actuelle du cycle économique, les valorisations tendues peuvent encore persister pendant un certain temps.»

Kommer van Trigt 9 novembre
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